mardi , 25 septembre 2018
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Deerhunter

Microcastle

Irascible


L’homme derrière le projet Deerhunter s’appelle Bradford Cox. En solo, il avait déjà sorti en 2008, sous le nom Atlas Sound, un LP intitulé Let the Blind Lead Those Who Can See but Cannot Feel. Après deux premiers albums planants et salués par la critique, ce natif d’Athens, Géorgie, offre en octobre aux (nombreux) amateurs de shoegaze un album de B-Sides Weird Era Cont. suivi de près par ce Microcastle en question, sorti en novembre.

Pour faire simple, Deerhunter est un foutu groupe. En parlant du dernier titre de Microcastle, “Twilight At Carbon Lake”, Cox relève qu’il sonne comme un « doo-wop, des 50s’ voire débuts des 60’s, une sorte d’Everly Brothers ». Deerhunter n’est pas un groupe à crédit, mais dans la pure ligne disjonctée Liars-Black Lips-Spiritualized-Dandy Warhols première époque. Attention, brûlant. Aussi hérétique qu’un Mark E. Smith (The Fall) mais plus joli qu’un Dominic Masters (The Others), moins con qu’un Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre) et plus concret qu’un Kevin Shields (My Bloody Valentine), le leader de Deerhunter est un peu de tout ça.

« J’ai toujours considéré Deerhunter comme un groupe de punk. Tout le concept derrière Deerhunter était de créer un groupe de garage ambient, un groupe qui pourrait créer du garage rock et la musique ambient simultanément. Je ne m’en laisserai jamais, mais il y a toujours d’autres choses dont j’ai envie de faire. Je m’intéresse vraiment à la musique électronique et expérimentale. Tout comme les girls groups d’ailleurs ». En attendant, sous ses ordres, le quintette basé à Atlanta se contente de scultper de petites perles hors d’époque, à l’instar de “Microcastle“ ou “Calvary Scars“. “Green Jacket“ pourrait être du Mogwai qui croiserait Sid Barrett. Et puis il y a ce tube évident : “Never Stops“, du shoegaze format court, fuzz et psyché dans le sac à main, direction la Lune. Deerhunter ne s’égare jamais, même sur un “Activa“ joué à la mandoline, complètement barré. “Nothing Ever Happened“ rassurera les derniers sceptiques : on tient là un groupe totalement indépendant et hautement bandant.


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