vendredi , 21 septembre 2018
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Bombay Bicycle Club – Interview

Interview

Label: Island Records

INTERVIEW - Le 29 août dernier sortait A DIFFERENT KIND OF FIX. Troisième album pour Bombay Bicycle Club, merveilleuse formation londonienne. Un album frais, plein de la maturité que se doit de contenir tout troisième opus. Le quatuor fera à cette occasion un bref passage en Suisse. Un passage qui se promet d’être mémorable, à l’Amalgame d’Yverdon le 20 novembre prochain. Avant goût de l’univers de BBC avec une interview de Suren de Saram (batterie, guitare, chœurs).

 

Lords of Rock : C’est une année chargée pour Bombay Bicycle Club. Un nouvel album (ndlr. A DIFFERENT KIND OF FIX), une longue tournée aux quatre coins de la planète,… Comment tenez-vous à ce rythme ?

Suren de Saram : C’est vrai que c’est une très longue tournée mais on est très excités à l’idée de jouer aux Etats-Unis, en Australie, en Europe. Il est vrait qu'avant nous avions plus de temps pour nous et donc pour écrire de nouveaux albums.

 

En effet, c’est votre troisième album en trois ans…

Oui, mais cette fois nous aurons très probablement besoin de plus de temps pour le nouveau. Il ne faut pas l’attendre pour 2012 (rires).

 

Comment avez-vous réussi à trouver assez d’inspiration pour écrire autant et si rapidement ?

Jack Steadman, le chanteur, est également notre principal songwriter. Il a beaucoup d’idées. Nous sommes encore très jeunes et avons beaucoup de choses à dire. Nous sommes dans des tournants de nos vies, en pleine évolution et donc toujours à la recherche de la musique qui nous plaît, nous convient. Nous faisons beaucoup d'expérimentations.

 

Justement, votre album précédent, FLAWS était plus acoustique et mélancolique. Un folk très doux. Or, le dernier single SHUFFLE est très dansant, énergique. Beaucoup pourraient dire que vous vous êtes perdus. J’y vois plutôt un grand éclectisme et un assemblage de tout ce que vous auriez pu faire par le passé.

Oui, exactement. Je ne dirais pas non plus que l’on s’est renié. Ce n’est pas un départ complet de ce que nous faisions avant. On a repris la guitare électrique et fait de vrais chansons rock. Comme pour le premier album (ndlr. I Had The Blues But I Shook Them Loose). Il y a également des morceaux plus acoustiques. Il est sûr que de nouveaux éléments ont été intégrés comme sur SHUFFLE. Jack a beaucoup écouté de musique électronique dernièrement et SHUFFLE en découle. C'est un morceau plus dansant.

 

Vos guitares acoustiques ne vous manquent donc pas ?

(Rires) Nous jouons encore beaucoup de morceaux de manière acoustique en concert. Cependant, nous prenons vraiment beaucoup de plaisir à jouer de façon plus énergique, plus rock. On dépense plus de calories, c’est bien !

 

Nous avons eu de longues discussions avec le groupe sur le fait d'associer notre image à celle de Twilight.

 

Lucy Rose revient dans plusieurs morceaux sur cet album. Peux-tu nous en dire plus sur elle ?

Oui, elle était déjà très présente sur FLAWS. Nous l’avons rencontrée lors d’un de nos concerts acoustiques. Je ne pense même pas qu’elle savait qui on était avant cela. Elle est venue nous voir après le concert et a discuté musique avec Jack. Nous nous sommes bien entendu et la collaboration est partie de là. Après avoir posé sa voix sur des démos, certains morceaux ont intégré l’album. Aujourd’hui elle tourne avec nous comme un membre à part entière mais je ne pense pas que ça dure. Elle a énormément de projets de son côté.

 

Qu’en est-il du nom de l’album, A DIFFERENT KIND OF FIX ?

Oh, c’est une sorte d’accident. Comme pour le premier album, nous avons repris le nom d’une chanson qu’a écrite Jack autrefois et qui n’a pas été utilisée. Ca joue bien pour celui-là car, comme on le disait, cet album apporte quelque chose de différent à notre style musical. De nouveaux ingrédients. Enfin voilà, quelque chose comme ça (rires).

 

A la production vous avez travaillé avec Ben Allen (Animal Collective, Deerhunter) et Jim Abiss (Kasabian, Arctic Monkeys) avec qui vous aviez déjà collaboré sur votre premier album.

Oui. Nous n’avons pas retravaillé avec Jim Abiss sur le deuxième car nous voulions le faire nous-mêmes. Nous avions le sentiment de pouvoir le faire seuls. Mais nos expériences professionnelles passées nous ont laissé de bons souvenirs. Nous nous connaissons depuis longtemps et chacun sait comment l’autre travaille. Donc, ça a très bien fonctionné.

 

Avec Ben Allen également, ça a bien marché. Nous avons enregistré quelques morceaux à Atlanta, où il habite. Il n’a pas vraiment l’habitude de groupes de notre genre. Il travaille plutôt sur des musiques plus pop ou plus dansantes. Il a même un bagage hip-hop. D’ailleurs, il partage son studio avec Cee Lo Green. Il y avait toujours de grands rappeurs autour de nous. Je t’avoue qu’on ne s'accordait pas très bien au décor (rires). Mais c’était super. Ben a plus un esprit pop mais de la pop très intéressante, recherchée.

 

Le morceau « How can you swallow so much sleep » a rejoint la BO du nouveau Twilight. Est-ce devenu un passage obligé pour tout artiste « indie » de notre génération pour gagner une certaine reconnaissance ?

J’imagine… Tu sais, nous avons eu de longues discussions avec le groupe à ce sujet. Surtout sur le fait d’associer notre image à celle de Twilight. Ce n’est pas vraiment quelque chose qui nous correspond, c’est vrai. Mais cette BO, depuis le premier épisode, rassemble à chaque fois des artistes incroyables, très doués et avec de très bons morceaux. Alors on s’est lancé. De plus, aux Etats-Unis, c’est quelque chose qui a beaucoup d’impact. Pour entamer une carrière là-bas, il faut faire ce genre de choses. Accepter que ta musique passe dans une publicité ou dans une BO, etc. La manière de commercialiser la musique est très différente de celle qu’il y a en Angleterre ou en Europe.

 

 

Dernièrement vous avez joué un showcase pour Radio 6 (ndlr. radio digitale alternative de la BBC) lors de la première « John Peel Lecture », qui traitait du rôle de la radio et des DJ’s à l’heure internet. Que penses-tu de la manière dont la musique est consommée aujourd’hui ?

Je ne connais pas très bien John Peel à vrai dire, ni son héritage. Ce qui est sûr, c’est que sans Internet nous ne serions pas où on est aujourd’hui. C’est surtout grâce à MySpace que notre musique a été distribuée au départ. Il y a également Twitter, Facebook ou même YouTube. C’est à travers ces plateformes que le public découvre de nouveaux artistes à notre époque, moins par la radio. Il y a bien sûr beaucoup de côtés négatifs à Internet, dont le téléchargement illégal. Mais je pense que les côtés positifs dépassent les négatifs.

 

Mais n’as-tu pas le sentiment d’assister à une ère « culture fast food ». Par exemple, si quelqu’un écoutait uniquement votre single SHUFFLE, il n’aurait aucune idée de ce que l’album contient réellement. Or, on donne rarement plus de 30 secondes à un artiste aujourd’hui. Si on n’aime pas cela, on zappe tout de suite.

Oui, tu as entièrement raison. Le public n’écoute plus aussi attentivement qu’auparavant. Il devient rare d’écouter des albums en entier et de le connaître vraiment. J’imagine qu’il faut faire avec ce que l’on a. C’est aussi l’un de ces côtés négatifs.

 

Finalement, que pouvons-nous souhaiter à Bombay Bicyle Club pour le futur ? Du repos ?

(Rires) Ce ne sera pas pour tout de suite. Nous allons tourner en Europe dans quelques semaines puis aux Etats-Unis. Il y a des projets qui se forment pour aller en Australie, ce qui serait la première fois pour nous. C’est vraiment très excitant. Après tout cela, oui, sans doute une pause. Nous ne voudrions pas trop ennuyer le public non plus. Il est peut-être temps de lui laisser un peu de répit (rires).

 


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