vendredi , 21 septembre 2018
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Cold War Kids

Robbers and Cowards

TBA


Un groupe de quatre mecs, nés comme la plupart d’entre vous, lecteurs, pendant la Guerre froide. Il y a des gens que ça a marqué plus que d’autres, on dirait. Pour certains, c’est la chute du mur de Berlin leur premier souvenir d’ordre international, donc la fin de la Guerre froide. Pas pour eux.
Cold War Kids, ce sont quatre Californiens, qui ont peut-être grandi dans une période internationale difficile, mais qui se sont aussi surtout nourris de divers courants musicaux internationaux. Il y a du folk, du blues, presque du classique dissonant et on sent le frémissement de musiques mexicaines… La Californie, c’est plus près du Mexique que de New York, finalement… Mais il y a surtout des moments qui font mal comme une traînée d’ongle sur un tableau noir et c’est ça qui est rock.
Les Cold War Kids seraient des écorchés vifs ? Peut-être… Révélés sur le net (c’est plus très original de nos jours, il faut bien le dire), le groupe du chanteur Nathan Willett (un grand blond qu’on pourrait penser Suédois!) traîne des chansons inspirées de groupes de la côte est (qui ne reconnaît pas les Strokes derrière "Tell me in the morning" ?), mais aussi des Velvet Underground, de Calexico pour le côté exotique ("Hair down" ou "Passing the hat") et une touche de folk en filigrane dans chacun des titres de cet album.
À la fois, on a envie de hurler qu’on connaît déjà, que c’est du déjà-vu, du déjà-entendu, qu’on aspire à mieux. Et à la fois, on se laisse emporter par la voix chaude et blessée de Nathan. On se laisse surprendre à aimer les accords joués volontairement faux et suraigus. On en vient à attendre avec impatience le piano désaccordé…
Cet album un peu décalé commence avec un "We used to vacation" qui sonne comme les Maroon 5, alors soyons francs, ça commence mal. Mais c’est là que la première guitare sonne horriblement faux. C’est trop énorme pour être involontaire. On n’est pas encore prêt. C’est au fur et à mesure de l’album qu’on les apprécie. Le second titre, "Hang Me up to dry", premier single qui a reçu un bon accueil en Angleterre dès sa sortie. C’est bon. On aime la voix, on aime le gimmick de guitare, on aime ce qui ressemble à un ukulélé, on aime le rythme traînant, presque érotique.
Inutile de s’attarder sur les autres titres, non pas parce qu’ils ne valent pas le coup, mais parce qu’ils se ressemblent tous un peu. Le style est agréable, le rythme change, la volupté entendue dans "Hang Me Up to Dry" fait des va-et-vient au fil des titres, mais c’est un peu répétitif et un peu trop expérimental, le piano désaccordé, puis la guitare… puis le piano, puis la guitare. Le concept est intéressant, mais essoré à la fin. Attendons le prochain album, histoire de voir comment ils s’en sortent.
Doit-on s’y intéresser? Un grand oui, c’est comme le Rock, juste pour l’expérience…


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