mardi , 25 septembre 2018
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Rock Oz’Arènes | Jeudi

Avenches, Do You Want To ?


Avec l’ouverture des portes aux environs de 18h, c’est Husky qui démarre sa représentation. Inutile de chercher les autres membres de la formation, ce serait de loin superflu car il s’agit en réalité plus d’un one-man show que d’un concert. Ce qui surprend d’entrée de jeu le public c’est probablement sa dextérité. En effet, celui-ci n’hésite pas à manipuler trois à quatre instruments en même temps. Les spectateurs s’arrêtent, amusés, souvent interloqués, davantage par le travail et la concentration de l’artiste que pour la musique à proprement parler. Le style se situe quelque part entre un rock façon années 50 et un punk décalé. Le tout passé au hachoir et re-matérialisé avec toute la verve nécessaire. Vous voulez écouter?
 
Sur la scène du Château, les anciens membres de Beautiful Leopard, Featuring Jim, assurent un set d’envergure. La foule présente l’a bien compris et  se laisse embarquer avec un plaisir non dissimulé dans un voyage musical envoûtant et apaisant. Ce style agréable à l’écoute se situe quelque part au croisement d’un rock US bien poussiéreux et d’une pop mélodique. Le tout se veut tout simplement doux et unique. Les ballades s’écoutent l’esprit libre, elles entourent la foule d’une présence bienveillante et nostalgique. La formation fribourgeoise mérite largement le succès qu’elle engendre au gré de ses passages.

20h30, Tendance Catalogue arrive, réveille et dérange. On aiment ou on déteste. Mais à coup sûr, la prestation ne laisse personne insensible. Les costumes de scène, excentriques, attirent tout naturellement le regard inquisiteur d’un certain nombre de personnes, lesquelles se transforment rapidement en spectateurs assidus. A la fois rythmée et très dansante, l’électro kitsch, voire minimale, proposée par cette formation se veut furieusement entraînante. L’énergie débordante est pour ainsi dire encore sublimée par les sons que la guitare électrique déverse sur l’assemblée. Le trio joue sur tous les fronts à la fois et les paroles des chansons n’y échappent pas, frisant parfois un ridicule mesuré. Ajouter à cela une bonne dose de charme et de sensualité  et vous obtenez un concentré d’ambiances électriques, voire plutôt atomique.

C’est Calexico qui prend la relève sur la Grande Scène. Joey Burns et son équipe nous gratifient d’un concert hors norme, comme à leur habitude. Le professionnalisme mêlé au savoir-faire des brûlants déserts de Tucson, en Arizona. Nous voyons les serpents à sonnettes, les maisons décrépites, les cactus, le verre de tequila au coin du bar, les squelettes consumés. Un écran en arrière-fond permet d’ajouter la touche funèbre nécessaire à la musique de Calexico. Projection de cortèges mortuaires et autres squelettes ou nonnes maudites finissent de nous convaincre d’essuyer cette goutte de sueur qui nous coule le long de la tempe. La voix de Joey nous emmène loin. Les trompettes résonnent encore en sourdine, alors que la guitare nous caresse d’un folk rugueux ou nous écorche d’un rock caniculaire. Le concert se clôt avec "Crystal Frontier" et laisse un public sans voix. Les nombreux encouragements ne suffiront pas à faire revenir la formation sur scène. Cest bizarre, il fait froid tout à coup…

The Giant Robots, fidèles à eux même, démarrent sur la petite scène du château avec leur style rock’n’roll si caractéristique. Les fans sont présents et plaisantent avec le chanteur et ses comparses. La machine est bien rôdée. Jamais ennuyeux et toujours fortement enjoué, l’énergie déployée par ce quatuor de Lausanne chauffe les festivaliers à blanc. Opter pour un concert de Giant Robots, c’est miser sur une valeur sûre. Cette représentation n’échappe pas à la règle, elle se veut avant tout comme une sorte d’échange entre les membres et un public qui se prête de manière naturelle au jeu. Le concert, bien que relativement court, ajoute à une atmosphère déjà passablement survoltée. Leur musique ici.

Avec Oceansize, sur la scène du casino, la fureur gronde au loin ! Un rock progressif aux sonorités bien lourdes et agrémentées de moments légèrement plus pop, accueille un public avide de nouveauté. Le look du groupe de Manchester ne dépareille pas du style musical choisi, entre dandy et mauvais garçons, les esprits hésitent. La rythmique martèle les esprits et se fait volontiers médiateur entre guitares rageuses et pop aérienne. Bien loin d’un métal esprit frappeur, les six-cordes arrosent tout en finesse et font le bonheur de l’assemblée présente.

L’on se presse sans plus tarder vers une Grande Scène qui se voit déjà complètement recouverte à l’arrière d’une toile sur laquelle l’on peut lire FRANZ FERDINAND. On sent que le public trépigne à l’idée de voir ses idoles sur scène. En effet, c’est la première occasion en Suisse de voir les Ecossais après la sortie de leur deuxième album, étonnamment bien réussi. Ponctuelle, l’entrée en scène s’effectue sous une ovation géante. Malgré les quelques problèmes techniques, comme un volume trop bas en début de concert, Franz Ferdinand ne rate pas sa prestation. C’est sans temps mort qu’ils alignent les titres, ou plutôt les tubes, «Do You Want To», «I’m Your Villain», «The Fallen», «The Dark Of The Matinée», «You Can Have It So Much Better», l’énorme «Take Me Out», «Eleanor Put Your Boots On» et j’en passe. Le concert se clôt avec «Jacqueline» et «This Fire» en rappel. Le vertige total. Le temps de reprendre ses esprits, les roadies sont déjà en train de démonter la scène.

Rock Oz’ Arènes voit sa troisième journée se terminer sur la scène du casino avec une formation Belge, Hollywood Porn Star. Le nom prête de toute évidence à la plaisanterie, mais s’arrêter à ce détail serait vraiment une erreur. Malgré la pluie, les festivaliers parfois curieux, parfois connaisseurs, ne se sont pas fait prier pour répondre présent au show . Ce rock aux sonorités punk, clairement agressif, jamais ennuyeux, laisse derrière lui un public fatigué mais rassasié, satisfait de ce marathon rock. Sans doute la journée la plus passionnante de ce festival.

(Nos excuses vont à TV on The Radio et Islands, les sacrifiés de notre marathon rock)

Photos par ©Alain Groux

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