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Late Of The Pier

Fantasy Black Channel

Parlophone / EMI


Sur un fond de montagnes violettes, une myriade d’instruments dont de nombreux synthétiseurs sont nonchalamment exposés sur des rochers sombres. Le montage est volontairement cheap et l’image semble avoir été retouchée avec un effet qui la vieillit,  la rendant très années 80. Voilà en gros ce que montre la pochette Fantasy Black Channel de Late Of The Pier. Dans cette courte description, plusieurs termes devraient (ou auraient dû) choquer la sensibilité de l’amateur de blouson en cuir et de pédale de distorsion : violet, synthétiseur, année 80. Mais depuis les Klaxons,  on commençait (presque) à avoir (trop?) l’habitude et donc on est en droit de se demander qu’apporte de plus ce groupe aux prétentions new-rave ?

Pour faire simple, ce groupe existe depuis 2001, mais une rencontre va particulièrement les bouleverser : celle du Dj producteur Erol Alkan. Pour présenter rapidement ledit personnage, il fonde en 1997 le club Trash, qui a accueilli des groupes maintenant classiques comme LCD Soundsystem, Yeah Yeah Yeahs  et autres Bloc Party. Mélange des genres donc, mais surtout engagement à ne prendre que des groupes indépendants et refus total de l’imagerie habituelle de la boîte de nuit : pas de house ni de lounge, pas de gel ni de photo Tillate. Voilà en gros l’endroit où est né le terme bâtard de « new-rave », dont Erol Alkan pourrait être le père.

Late Of The Pier reflète exactement la double visée dudit club Londonien: ne pas réussir à choisir entre musique synthétique ou électrique, deux mondes jusqu’alors fortement opposés. Mais on est en 2008 et ce genre de groupe hybride a désormais sa place et ,dans leur cas, la raison est plutôt simple : Fantasy Black Channel est très réussi. Le définir en revanche est nettement plus compliqué tant la variété et l’extravagance de l’album nous file une sacrée bonne claque. Une intro rock plaintif à tempo lent enchaîné avec un morceau post-punk ("Broken") à la teinte légèrement mélancolique, MAIS qui comporte un solo digne des pires guitar heroes des 80’s, se finissant en électro et s’enchaînant par la piste suivante ("Space and the Woods") dont les synthés ne peuvent que nous rappeler le générique de Ghostbusters (reprenez votre souffle ici) etc.. Vous l’aurez compris ; ça part dans tous les sens, c’est incroyablement varié et parfois ça donne l’impression d’assister à un résumé de ce qui a été fait en rock des 60’s à nos jours. Ce qui donne malgré tout sa cohérence est cette production absolument parfaite d’Erol Alkan. Un album à la fois violent, dansant, nostalgique voire délicieusement kitsch. Un groupe à suivre de près et dont le talent sera à vérifier sur scène.


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