lundi , 24 septembre 2018
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Baby Shambles

MJF 2008 - Interview

EMI


Montreux a tremblé pour la venue de Baby Shambles.  Ou presque, car elle s’est plutôt impatientée de leur venue. Résumons : annoncés à 14h, c’est tout naturellement qu’ils arriveront en catimini à 19h. Le temps  d’entendre mille et une rumeurs sur une éventuelle annulation, on prend le temps d’écouter les honnêtes Blood Red Shoes. La salle est scindée en deux : teenagers devant, écrasés et suffocants contre trentenaires blasés et exigeants un peu plus loin. Delivery : la star de ce festival est là et bien debout. Pete Doherty laisse à ses excellents compagnons le soin de débuter le concert. Dépêchons-nous  de regarder cet ange errant, le concert sera bref. Back From The Dead : on s’étonne toujours autant devant ce superbe morceau mélancolique du premier album. Le plus beau moment. Les Shambles sont plus sages que prévus. Pete ne chancelle même pas, c’en est frustrant : les premiers trentenaires ronchonnent et quittent les lieux. Malheur pour eux : les happy hours du bar d’en-face vient de se terminer et Pete enchaîne sur Fuck Forever. Sommet de désinvolture. Il manque toutefois le bordel des bières qui volent et des anglais à torse nu. Montreux est sage, Montreux ne tremble pas. Déception attendue : rien de croquant à raconter concernant Pete. Cinquante minutes de concert et direction les loges. Le concert était rock car impossible à interpréter, court et sans véritable faute. La suite sera elle rock’n’roll : montée expresse dans les loges non sans dessein. Pete est rentré en courant à son hôtel, il en pèterait presque le feux. Adam Ficek (batterie) Drew McConnell (basse) mangent des fruits sur les canapés alors que Mik Whitnall (guitare) fait le guignol. Peu de médias ont tenté de capter les propos de ces déglingués. Sous ses aires de Robert de Niro dans Taxi Driver, Drew nous invite à le rejoindre.

Lords Of Rock : Comment allez-vous les gars ?  Heureux d’être réunis de nouveau ?
Drew : on n’est pas vraiment en tournée, on n’a fait que quelques festivals à vrai dire, on quitte Londres deux-trois jours et on revient.  Mais on est très heureux actuellement, tout se passe bien.

Difficile d’échapper à cette furie médiatique…
Drew : (il soupire) on ne lit pas vraiment les journaux, et heureusement. On est ensemble depuis presque cinq ans, et c’était seulement durant les premiers mois qu’on trouvait ça cool. Voir ma tête dans le Sun n’est pas la chose que je préfère… Mais j’essaie de ne pas trop porter d’attention à cela.

Tu parlais en français à Couleur 3 précédemment.
Ouais, j’ai vécu 8 mois à Marseille, je suis aussi allé en Espagne. Et je suis originaire d’Irlande.

Hormis les quelques dates, avez-vous planifié quelque chose pour le futur ?

Non, on est assez mauvais pour planifier les choses (rire)… Personnellement j’ai des difficultés à penser trop loin. On profite du moment présent.

Votre deuxième album, Shotter’s Nation, est nettement plus abouti…

Oui en effet, il y a une grande différence notamment dans le jeu de guitare. Mik est arrivé avec un son totalement différent. Ca a passablement changé le son du groupe.  Je n’étais arrivé dans le groupe que seulement deux semaines avant la sortie du premier album, Down in Albion. C’était très chaotique, on l’avait enregistré dans le pire studio d’Angleterre, avec les pires micros, pour pratiquement rien, vraiment des broutilles (rire) ! Maintenant, avec notre maison de disque (EMI), on a eu la chance d’avoir les maquettes (rire) ! Et en plus on a eu davantage de temps pour l’enregistré.

Impressionné par tant de gentillesse, je me retire pour saluer les autres membres du groupe. Adam, le batteur, en profite pour lancer quelques vannes entre deux jolies filles et me proposer de les accompagner durant la soirée. La suite sera chaotique et imprévisible, entre bataille de raisins et vol méthodique de bouteilles de vins au Jazz Café de la part de Mik. Les Baby Shambles ne sont pas morts, ils sont détachés, lucides et aptes au service. Quant à Pete, il restera toujours imprévisibles. Mais trois bonnes âmes veillent sur lui et on se dit que finalement, c’est bien comme ça…


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