mercredi , 19 septembre 2018
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Animal Collective

Strawberry Jam

Musikvertrieb


Il y a de ces groupes qui n’utilisent que la fonction copier/coller et d’autres qui essaient d’avancer, de faire évoluer la musique actuelle, sous sa plus belle forme. Sans prétention aucune, ou sans en avoir conscience, ce qui est plus beau, les quatre lascars de Animal Collective font partie de la seconde catégorie, et offrent à la face du monde leur nouvel album depuis sept années d’existence, le bien nommé Strawberry Jam.

Décrire la musique d’Animal Collective revêt de l’acrobatie la plus incroyable, car ce groupe a créé sa musique, a créé son monde, et ici toutes les comparaisons ne prendraient sens qu’à moitié. Bruyant, fou, enfantin, barré, mélodieux, brouillé, joyeux, dérangeant, cramé, génial, voici quelques pistes à explorer pour l’auditeur, pour tenter de cerner ce phénomène. Les mélodies sont simples mais elles sont gonflées par d’innombrables effets ce qui les rend presque mortes, et qui obligent l’auditeur à prolonger son écoute pour aller chasser les perles qui se cachent sous ces tonnes d’effets. Nues, ces mélodies paraîtraient bien simplistes, enfantines, ou même parfois dans la même veine que les Beach Boys. Le tour de force d’Animal Collective est bien là, créer des mélodies qu’un gamin de six ans siffloterait, tout en maintenant une musique si opaque et mystérieuse. La formation chahute l’auditeur, entre ballades folk déviantes, partouzes tribales, délires sous acides, et créé un univers propre à lui-même, dans lequel une sorte de vague indescriptible nous enivre. Cet album offre une sorte de tension permanente, plus présente que sur leurs anciens essais. Animal Collective se la joue cosmique avec cette vibe si particulière, jamais terre à terre, jamais bordélique, toujours au-bord de la crise. Le rockeur avide de disto sanguinaire se sent bien seul au-milieu de ces entrechocs de sons et d’effets, le bougre n’aimera pas, tant pis pour lui. Au final, une seule évidence apparait derrière cet album, ces mecs sont fous, Panda Bear, Avey Tare, Deakin et Geologist rendent hommage aux papes de la pop tout en s’en éloignant et en récrivant l’histoire. Ni pop, ni electro, ni folk, ni psyché ni bruitiste, juste génial.


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