vendredi , 16 novembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Interviews » Jay Jay Johanson

Jay Jay Johanson

Les Docks jeudi 24.05.2007


C’est dans une salle des Docks pratiquement pleine qu’est apparu Jay Jay Johanson accompagné de son pianiste Erik Jansson qui le suit depuis le tout début de sa carrière. Très grosse sensation tout au long du concert. Les morceaux ont été interprétés en acoustique avec quelques samplers bien dosés. A la fin du set, Jay Jay Johanson nous a accueilli pour se prêter avec beaucoup de gentillesse aux rites de l’interview.

Vous étiez hier à Zürich et ce soir à Lausanne. Que pensez vous de votre public en Suisse?
Je pense que c’est assez différent. Il est possible que les gens de Lausanne suivent plus ce qui se passe en France. Bon ! C’est juste mon idée.
Cela n’a pas de sens mais une ville plus petite avec une audience bien plus grande doit bien s’expliquer par la proximité de la France.

Est-ce parce que vous êtes connu en France?
Oui ! Je pense que ça m’a aidé, mais j’étais tout de même assez étonné de cette bonne audience aussi à Zürich.

Ce soir, vous avez été acclamé dès la fin de la première chanson. Le public était conquis d’avance…
Vous voyez c’est différent de faire ce genre de concert acoustique. Acoustique ! Oui, juste avec mon pianiste. C’est beaucoup plus personnel plus intime. Je me sens nu, avec le groupe complet, je suis plus en sécurité.

Pourquoi avez-vous choisi de faire ce concert en acoustique?
Je pense que ça vient d’une idée de plus de deux ans. Au début, j’ai remarqué des commentaires de mes fans sur myspace, qui se rappelaient des débuts de ma carrière quand je sillonnais la France avec mon pianiste en donnant des showcases acoustiques dans les FNAC. Ils s’en rappelaient et écrivaient que c’était tellement bien de pouvoir écouter ces chansons aussi intimement. Et puis, de temps en temps pendant la tournée, c’est plus commode de venir juste avec Erik. Nous avons fait quelques show en France comme ça et un en Suède. Mais je pense que ça apporte quelque chose de différent, spécialement pour ceux qui m’ont vu avant. Mais pour des nouveaux spectateurs, c’est important de voir le groupe complet.

Lors d’un concert acoustique, c’est votre voix qui est au premier plan.
Oui, c’est quelque chose de vraiment important car tous ce que nous faisons devient plus scénique. Plus on apporte d’arrangements et de production en scène et moins l’on peut faire ressortir les petits détails. Mais lorsque nous ne sommes que deux, tous les détails comptent. C’est un challenge que j’aime.

Les morceaux que vous avez joués ce soir proviennent de vos différents albums. La version d’"On The Radio" provenant de l’album Antenna était beaucoup plus lente que la version studio. Avez-vous arrangé vos morceaux afin de créer un lien musical tout le long du concert?
Humm…Non, je ne crois pas qu’il y ait quelque chose comme ça ! Beaucoup de chansons provenaient de Rush. L’ensemble de mon nouvel album est plus proche de mes trois premiers. Seulement, quelques morceaux d’Antenna et de Rush ne peuvent être joués tel quel et doivent être retravaillés pour mieux aller avec le set. Mais en même temps, je pense que ça apporte trop de monotonie et qu’il est important que quelques morceaux soient plus forts et plus rapides pour ne pas pousser à l’extrême le côté dramatique du set. Mais il y a trop de titres pour faire un choix et c’est difficile de faire une liste. Maintenant, nous choisissons seulement les chansons que nous préférons jouer. C’était un peu différent hier, nous n’avions qu’une petite idée de la tracklist et nous avons improvisé.

Votre nouvel album est très proche de la trilogie Whiskey/Tatoo/Poison. Pourquoi ce choix ?
Beaucoup de choses ont changé en sept ans. Pour les trois premiers albums et dans les années 90, les outils de studio que tout le monde utilisait étaient les samplers. Aujourd’hui, pour cet album, nous nous en sommes tenus éloignés le plus possible. Le but était de créer des sons expérimentaux à partir des instruments : batterie, guitare, basse, piano et  tout ce que l’on peut trouver dans les studios. De plus, en 2001 lorsque j’ai fait Antenna, l’électronique était ce dont tout le monde parlait et voulait, comme par exemple des groupes comme Radiohead, Goldfrapp ou Björk. Je me suis senti proche de cette mouvance et j’ai aussi essayé. Récemment, l’envie de faire un album plus proche des trois premiers est revenue.

Avez-vous retrouvé alors votre "jazzy touch"?
Elle a toujours été là mais j’avais besoin de faire autre chose. Entre 1996 et 2000, nous avons fait beaucoup de tournées et passé pratiquement tout notre temps ensemble. Si bien, qu’à la fin de la tournée, on se tapait sur les nerfs et on ne pouvait plus s’entendre. À ce moment, j’ai ressenti que je ne voulais pas retourner en studio avec les mêmes personnes, les mêmes machines et le même état d’esprit. J’avais besoin de faire quelque chose d’autre le temps que ces gars me manquent et que l’âme du début revienne. Autrement, je n’ai pas besoin de me sentir mal, j’ai besoin d’excitation, de me sentir frémir, et en premier lieu de joie. Cela a pris quelques années, mais ça a marché. Mon nouvel album est peut être le meilleur.

Peut-être du fait de son homogénéité…
Oui, je pense que c’est un album très homogène, pas forcément pour son concept mais plutôt pour son accès. C’est aussi parce que sur le premier album, nous avons essayé beaucoup de choses car nous ne savions pas ce que nous voulions faire. C’est pourquoi il va dans beaucoup de sens, d’expressions différentes… Il a fallu plusieurs albums pour commencer à réaliser comment je voulais chanter. Et dans Rush, j’ai essayé de forcer ma voix très haute et je l’ai trouvée sèche, mais plus confortable que ce que je fais dans le nouvel album. Je pense que ma voix est meilleure maintenant. Cela vient aussi du fait que nous nous intéressons à ne pas la noyer dans les arrangements lors de la production, mais de la garder la plus simple possible, comme sur le morceaux "Only for you", où nous avons décidé de ne garder que le piano et la voix. C’est la direction dans laquelle j’ai envie de continuer afin de garder les choses les plus minimales possibles.

Vos chansons sont généralement tristes et mélancoliques. Pourtant, vous passez votre temps sur scène avec un énorme sourire. Quelle est la part de la mélancolie dans votre inspiration?
Nous étions en train d’en discuter… La tristesse et la mélancolie sont vraiment une petite part de la créativité et interviennent pendant la phase d’écriture. Pour le reste, nous avons tellement de plaisir à la production, ce qui représente 90% de la création musicale. Et les tournées sont du bonheur. Mais quelques fois, vous pouvez être touché lorsque vous jouez telle ou telle chanson dont l’histoire signifie beaucoup pour vous.

Pourquoi avoir choisi un si long nom pour votre nouvel album (The Long Term Physical Effects Are Not Yet Known) alors que vous nous aviez habitué des noms très courts?
Oui, c’est plus de mots pour un seul nom d’album que tous les autres noms réunis. C’est une phrase qui me suit depuis très longtemps. J’aime cette phrase car je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup d’album qui comptaient pour moi il y a vingt ans, qui comptent toujours et que je suis persuadé qu’ils compteront encore dans vingt ans. Et j’espère et me demande si ma musique va avoir un effet à long terme. Pour moi, il n’y a pas de meilleur succès que lorsqu’il y a des effets directs sur les gens. Je ne peux le savoir, seulement l’espérer, à moins que l’on vienne me le dire directement les yeux dans les yeux.

A la fin d’un concert comme celui de ce soir, vous n’auriez pas l’idée de sortir un album live?
Nous en avons discuté et avons enregistré quelques morceaux et quelques concerts. Nous avons fait une black session en France (émission de Bernard Lenoir). France Inter était très contente du résultat et l’a mis en téléchargement sur leur site. Oui, je pense que nous allons bientôt sortir un album live.

A la fin du concert, vous avez fait cette déclaration que vous viendrez de nouveau à Lausanne et cette fois ci avec le groupe complet. Pouvons nous avoir plus d’informations?
Nous devons juste fixer si ce sera avant ou après Noël. Il fera assez froid ici dans six mois? C’est un bon CD !!!

Oui, c’est un très bon CD!
Je disais à ma femme tout à l’heure au téléphone que c’est vraiment un bon CD. Et elle m’a répondu d’aller voir l’exposition sur les peintres belges à l’Hermitage. Mais pas le temps cette fois ci, malheureusement…


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page