dimanche , 17 décembre 2017
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Courtney Barnett

Sometimes I sit and think, and sometimes I just sit

Label: Milk!, Marathon, House Anxiety, Mom + Pop

INDIE-ROCK – Chaque année il y a quelques nouveaux phénomènes qui débarquent dans la stratosphère indie avec l’étiquette « cool désinvolture » et qui sont rapidement la coqueluche des médias. Si 2014 a révélé Mac Demarco et Parquet Courts, 2015 sera à n’en pas douter l’année de la jeune Courtney Barnett.

Cette jeune chanteuse australienne a tout compris au système pour devenir la révélation 2015 et se faire un nom parmi les incontournables artistes indés que l’on espère suivre quelques années. Après diverses expériences dans des groupes locaux, la création de son label ainsi que quelques EP prometteurs ces dernières années, Courtney Barnett sort son premier album. Et avec un titre comme celui-ci : SOMETIMES I SIT AND THINK, AND SOMETIMES I JUST SIT, elle trouve une phrase accrocheuse, sorte d’hymne à la paresse et à l’oisiveté. La pochette et son illustration minimaliste vont d’ailleurs dans ce sens. Encore un élément qui plaira à bons nombre d’aficionados indés.

Avoir une belle pochette roots et un titre accrocheur ne suffit pourtant pas à percer et se faire un nom crédible. L’essentiel est ailleurs. La musique. Et dans ce domaine, Courtney Barnett assure grave. Et c’est ce qui fait notre plus grand bonheur. En 11 titres, la jeune Australienne réussit un tour de force avec des morceaux originaux, mélangeant énergie rock, ambiances indie, pop, punk ou grunge. Tout y est. C’est foutrement bien foutu. De la voix parfois éraillée (sexy ?) de la chanteuse aux arrangements efficaces, le tout sur des mélodies plutôt sympas, tout est fait pour bien s’entendre.

L’auditeur peut recevoir une déferlante dans les oreilles (Pedestrian At Best), puis l’instant d’après s’évader 7 minutes sur des airs légers et des solos psychés dignes des classic rock songs 70’s (Small Popies). Elle sait tout faire cette gamine. Elle nous emmène dans son univers d’une manière nonchalante et on sent qu’on pourrait la suivre jusqu’au bout du monde. De l’humour, de l’autodérision, des paroles  pas trop cons, rien n’est laissé au hasard. Ni même ce soupçon « pop » qui se dégage de quelques titres (Elevator Operator, Aqua Profunda, Dead Fox, Debbie Downwer) grâce notamment à une bonne basse qui résonne. N’y voyez rien de péjoratif, car cette touche pop apporte juste ce qu’il faut de fraicheur et ne dénature en rien l’œuvre majestueuse de la brave Courtney.

Pour boucler son disque, la musicienne décide d’achever l’auditeur avec 2 ballades. Une longue (Kim’s Caravan) avec une montée en puissance appréciable et une plus courte (Boxing Day Blues) d’une extrême lenteur, histoire de remuer le couteau dans la plaie.

Allez-y les yeux fermés, cet album est un grand cru 2015 qui s’écoute en boucle. Nos coups de cœur ? "Pedestrian At Best" pour la petite touche punk et "Small Popies" pour la montée en puissance transcendantale. Et pis tout le reste aussi, mais ça vous l’avez déjà compris. Maintenant il faut vous procurer ce disque. Et vite.


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