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Chew Lips - Unicorn |
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| Label: Kitsuné |
Categories: Chroniques CDs
ELECTRO-POP Premier album d’un groupe formé il y a un peu plus d’un an seulement. Surprenant de maturité. Electro-pop classique pourrait-on le définir. Leur premier single “Solo” avait fait le bonheur des critiques et pourtant celui-ci ne figure pas dans l’opus joliment intitulé Unicorn. Loin donc de se reposer sur ses lauriers passés, Chew Lips regarde résolument vers l’avenir.

Difficile étiquette que celle de « groupe à suivre ». C’est avec ce lourd fardeau que le trio londonien a réalisé ces dix titres prometteurs. Avec une voix aussi puissante que celle de Tigs, le pari semblait néanmoins à demi relevé. Et quelle voix…Réunissant la force d’un grand classique du genre et le groove r’n’b manquant parfois aux vocalistes électro-pop. Mélancolique à souhait sur “Too Much Talking” ou “Piano Song” ou sensuelle et chaleureuse sur des sons plus rythmés tels que “Play Together” ou “Karen”. Fer de lance du groupe, elle n’aurait que peu à envier à une Beth Ditto ou une Karen O. Chew Lips surfe sur la vague d’un New Young Pony Club ou Little Boots en moins rock. D’un Ladyhawke ou de La Roux, en plus affirmé. Pas de tube évident mais une cohérence recherchée sur format album : défi relevé. Regard vers l’avenir disions-nous quant à leur carrière, yeux rivés vers le passé quant à la musique. 80’s en veux-tu en voilà, le synthé Casio fait un retour en force trente ans après. Revivalisme toujours. Amateurs de rock lourd et de riffs de guitare bien sales, vous l’aurez compris : passez votre chemin. Pour les autres, en mal de dancefloor et de kitch (bien que ce soit difficile vu la surabondance du genre dernièrement), vous lirez bien encore quelques lignes ?
Quelques pas
L’écoute débute avec “Eight”, l’une des plus grandes réussites de ce Unicorn. Des « bips » entêtants, de minimalisme on passe à sophistication électronique. Ca promet pour la suite. Direction dancefloor ensuite avec “Play Together”. Ceux qui seraient restés au fond de leur sofa, changez de disque, une erreur de disque pourrait en être l’origine. Puis, vient le tour de “Slick” et de sa ligne de synthé spatiale soulignant la puissance vocale de Tigs. “Too Much Talking” quant à lui est une sorte de slow soul. Beau, très bien, mais oh combien ennuyant après une première écoute. Ca s’enchaîne ensuite et, malgré un plaisir non dissimulé, on tourne un peu en rond. L’électro-pop est digérée, ils savent en faire et c’est tant mieux mais se renouveler semble parfois difficile. On s’arrêtera toutefois encore sur “Piano Song” clôturant la galette sur quelques notes de piano déstructurées mais mettant sans conteste en valeur cette voix si prisée.

Un album ne dépassant malheureusement pas la frénésie estivale. Grâce à Tigs et ses vocalises bien domptées, Chew Lips se détache de ses confrères mais de quelques pas seulement. Le style colle à la saison et donnera le sourire à de nombreux auditeurs. Quant aux autres, ils bailleront d’ennui et décrocheront l’écoute après la première chanson. Bref, ils ont le mérite de ne pas passer inaperçus. Quant à leur longévité, on ne fera pas de pari chez Lords of Rock. Ca se déguste comme ça vient, pour le reste, les trois compères nous surprendront peut-être avec un second opus.
Ecrit par Nevena Puljic - Le 08 jun 2010
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