mardi , 25 septembre 2018
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Chew Lips

Unicorn

Label: Kitsuné


ELECTRO-POP Premier
album d’un groupe formé il y a un peu plus d’un an seulement. Surprenant de
maturité. Electro-pop classique pourrait-on le définir. Leur premier single “Solo” avait fait le bonheur des critiques et pourtant celui-ci ne
figure pas dans l’opus joliment intitulé Unicorn. Loin donc de se
reposer sur ses lauriers passés, Chew Lips regarde résolument vers l’aven
ir.

Difficile
étiquette que celle de « groupe à suivre ». C’est avec ce lourd
fardeau que le trio londonien a réalisé ces dix titres prometteurs. Avec une
voix aussi puissante que celle de Tigs, le pari semblait néanmoins à demi
relevé. Et quelle voix…Réunissant la force d’un grand classique du genre et le
groove r’n’b manquant parfois aux vocalistes électro-pop. Mélancolique à
souhait sur “Too Much Talking” ou “Piano Song” ou
sensuelle et chaleureuse sur des sons plus rythmés tels que “Play Together” ou “Karen”. Fer de lance du groupe, elle n’aurait
que peu à envier à une Beth Ditto ou une Karen O. Chew Lips
surfe sur la vague d’un New Young Pony Club ou Little Boots en moins rock. D’un
Ladyhawke ou de La Roux, en plus affirmé. Pas de tube évident mais une
cohérence recherchée sur format album : défi relevé. Regard vers l’avenir
disions-nous quant à leur carrière, yeux rivés vers le passé quant à la
musique. 80’s en veux-tu en voilà, le synthé Casio fait un retour en force
trente ans après. Revivalisme toujours. Amateurs de rock lourd et de riffs de
guitare bien sales, vous l’aurez compris : passez votre chemin. Pour les
autres, en mal de dancefloor et de kitch (bien que ce soit difficile vu la
surabondance du genre dernièrement), vous lirez bien encore quelques
lignes ?

Quelques
pas

L’écoute
débute avec “Eight”, l’une des plus grandes réussites de ce
Unicorn. Des « bips » entêtants, de minimalisme on passe à
sophistication électronique. Ca promet pour la suite. Direction dancefloor
ensuite avec “Play Together”. Ceux qui seraient restés au fond de
leur sofa, changez de disque, une erreur de disque pourrait en être l’origine.
Puis, vient le tour de “Slick” et de sa ligne de synthé spatiale
soulignant la puissance vocale de Tigs. “Too Much Talking” quant à
lui est une sorte de slow soul. Beau, très bien, mais oh combien ennuyant après
une première écoute. Ca s’enchaîne ensuite et, malgré un plaisir non dissimulé,
on tourne un peu en rond. L’électro-pop est digérée, ils savent en faire et
c’est tant mieux mais se renouveler semble parfois difficile. On s’arrêtera toutefois
encore sur “Piano Song” clôturant la galette sur quelques notes de
piano déstructurées mais mettant sans conteste en valeur cette voix si prisée.

Un album ne
dépassant malheureusement pas la frénésie estivale. Grâce à Tigs et ses
vocalises bien domptées, Chew Lips se détache de ses confrères mais de quelques
pas seulement. Le style colle à la saison et donnera le sourire à de nombreux
auditeurs. Quant aux autres, ils bailleront d’ennui et décrocheront l’écoute
après la première chanson. Bref, ils ont le mérite de ne pas passer inaperçus.
Quant à leur longévité, on ne fera pas de pari chez Lords of Rock. Ca se
déguste comme ça vient, pour le reste, les trois compères nous surprendront
peut-être avec un second opus.


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