vendredi , 18 octobre 2019
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Telekinesis

Telekinesis !


Telekinesis, de Seattle, livre son tout premier album après deux EP de bonne facture. Un LP éponyme produit par un membre de Death Cab For Cutie, au rythme d’un nouveau morceau par jour. Impressions.

 

Il y a depuis (presque) toujours une vraie tradition de la power pop à l’américaine, mettons de Big Star à Ben Folds Five en passant par Cheap Trick, les Posies ou même Weezer dans ses moments les moins ‘metal’. C’est dans cette prestigieuse lignée que s’inscrit Michael Benjamin Lerner, l’homme qui se cache à lui tout seul derrière le pseudonyme collectif de Telekinesis. Dans ses clips, Michael Benjamin Lerner a une bonne tronche de geek (ce genre de mecs qui passent leur vie chez eux derrière leur ordinateur et qui n’ont généralement jamais approché une fille à moins de 4 mètres). En tout cas ce qui est certain, c’est que pendant ses longues nuits passées à jouer à World of Warcraft, il a dû écouter beaucoup de musique. Une telle maîtrise de l’écriture, de la mélodie, de l’arrangement, ça ne tombe sûrement pas du ciel.

 

L’album commence avec une jolie petite ballade mélancolique et acoustique, “Rust”, et enchaîne avec l’excellent “Coast of Carolina”, qui débute lui aussi avec une petite guitare sèche visiblement enregistrée au fond du garage et qui voit débouler de grosses décharges électriques sur le refrain. Placé derrière, le frénétique “Tokyo” poursuit dans la même veine ‘power pop ensoleillée et ultra mélodique’. Les guitares électriques sont toujours présentes sur “Look To The East”, peut-être le meilleur morceau du disque, tandis que “Awkward Kisser” est, lui, basé sur un accompagnement au piano et débouche sur un surprenant refrain haut perché, et que “Foreign Room” reprend le schéma ‘intro cool et acoustique / électricité énervée ensuite’.

 

 

Assez impressionnant

 

 

Niveau mélodies et écriture, tout ceci est assez impressionnant. Il y a vraiment du talent dans ce disque, par ailleurs assez bien arrangé au niveau des dynamiques et plutôt varié côté tempos. Les chansons sont courtes (5 sur 11 seulement dépassent les 3 minutes), concises, et ne partent jamais dans des digressions inutiles. Niveau paroles, Michael Benjamin Lerner s’amuse parfois lui-même de son statut de geek qui n’a jamais embrassé une fille et qui a des amis imaginaires. La deuxième partie de l’album est ensuite moins intense mais garde quand même un bon niveau. Nous sommes donc en présence d’un vrai bon disque de power pop comme on n’en avait plus entendu depuis un petit moment. Au final, il manque peut-être juste un peu de folie (tout ceci reste quand même assez propre, assez carré), et peut-être aussi un peu plus de moyens dans la production pour faire de ce TELEKINESIS ! vraiment un grand disque. La prochaine fois sûrement ? En tout cas les amateurs du genre ne seront sûrement pas déçus !


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