lundi , 24 septembre 2018
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Solange la Frange: à eux 2010 ?

Solange la Frange (album)

Label: Gentlemen Records


Note du rédacteur en chef: 2010, année Solange la Frange ? Alors que les médias suisses sautent sur l’affaire, rappelons que ce trio magique n’est pas le premier venu. Pas de copinage chez Lords of Rock: bien que cette galette relève de la plus haute importance, elle sera chroniquée par notre spécialiste rock’n’roll à défaut du susnommé. Et pourtant, ce n’était pas l’envie qui manquait. Analyse de ce 12-titres.

 

«Je me souviens de ma première fois avec Solange la Frange». Oserais-je commencer ma chronique sur une note d’une telle sensiblerie alors que cet album fraîchement sorti ne fait que m’encourager à «shake it, shake it now ! » ? Allez, pour la petite anecdote: dans la voiture d’une camarade de gymnase, on me balance un titre entêtant, “You Talk About…” – je ne sais plus, c’était en 2006 – sur la route de l’examen de maths de la maturité. Déjà, il était impossible de se sortir cette électro plus que dansante de la tête.
Plus tard, le duo de base, Julie Hugo et Tristan Basso, s’est entiché du manche cordé de Luca Manco, préposé chez Rectangle, une autre unité musicale de ce Vevey prolifique. Ce petit plus non négligeable conforte l’évolution du groupe vers un mariage spontané entre le son inflexible électronique et la colère saturée du rock. Et 2010 voit la venue de l’album éponyme, après moult balancements infernaux d’EP qui nous ont définitivement convaincus-e-s de suivre Solange la Frange sur sa route bosselée de rythmes déstructurants.

 

Colère saturée

 

Après l’écoute du premier titre, on peut se demander si on n’a pas fait là tout le tour de ce que cet « électro-clash » pouvait offrir. La suite va nous faire déchanter, pour le meilleur. Sons binaires, mais ré-inventions épatantes. Ainsi, “Love Affair” démarre cette galette en un crescendo de sons jusqu’à ce que la voix pour le moins fraîche de Julie nous invite posément à nous laisser envahir par ce qui va suivre. « You cha cha cha all night long ». Avec cet album, c’est peu dire. On part ensuite dans le fouille-merde “Elektrik City”, ou un pétage de plomb jouissif. Après seulement deux titres, on en est convaincu : l’énergie orgasmique que dégage le groupe sur scène est tout à fait saisie dans cet enregistrement salutaire. Mais voilà le gros morceau : “Grind”. Premier titre à se voir gratifié d’un clip vidéo des plus épileptiques et haut en couleurs, il s’engraine sur une machinerie sonore alarmante avant de tout déballer dans un refrain où le dancefloor est mis à l’honneur. Dans un seul morceau de Solange la Frange s’enchaînent follement plusieurs parties rythmiques et mélodiques : non seulement chaque titre a son identité propre, mais celle-ci est composée d’une diversité d’artefacts qui sera certainement jalousée. Ce n’est pas le pop “Wakawak” ou l’obscur “The Black Rocks” – ce dernier s’amusant à casser le rythme de l’album –, qui permettront de me contredire. Autres perles démentes, “Give Me A Reason To Yeah Yeah Yeah” où Julie Hugo joue sur tous les tableaux avec sa voix. Il faut dire qu’au cours de l’album, elle s’est faite tantôt aguicheuse, tantôt hargneuse, tantôt fantasmagorique : une véritable machine à styles.

 

 

 

 

À l’écoute de ce premier album, on comprend que Solange la Frange s’est modelé sur scène : des petites salles locales aux milliers de spectateur-trice-s agglutiné-e-s à leurs pieds aux Transmusicales de Rennes ou aux Vieilles Charrues. Et ce plaisir sur scène se déploie à nouveau sur support CD, emboîté entre Vevey et Bristol avec quelques pointures en appui flatteur. Les médias suisses sautent sur l’affaire. Avec un style qui va au-delà du sectarisme musical, Solange la Frange s’assure de beaux jours.
Pareils pour les DJ-ette-s, qui n’auront plus qu’à lancer l’album de Solange la Frange et aller eux/elles-mêmes danser.


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