samedi , 22 septembre 2018
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Revolver

Interview au Pully For Noise

Delabel - EMI


Toujours dans le cadre du Pully For Noise, nous avions rencontré le sage trio parisien nommé Revolver. Leur pop d’orfèvre rencontre un succès presque inespéré. Réactions de ces jeunes gens.

 

Secondé sur scène par un batteur, le trio consiste en un chanteur aux faux-airs de Chris Isaak fan d’Elvis, Ambroise, Christophe à la guitare acoustique et le discret Jérémie à la contrebasse. Leur plan marketing appelle leur musique de la “pop de chambre”, on préfère y voir un groupe de goût, précoce et qui parvient à tenir la route sur scène. Si les références aux Beatles, revendiquées, rebutent, on préfère les comparer aux Kings of Convenience, plus actuels et comparaison moins risquée pour ces jeunes Parisiens. Il faut dire que leur album MUSIC FOR A WHILE a provoqué une belle joute verbale des critiques et une hystérie que Revolver balaie avec classe. Il leur manque encore un chouïa de présence scénique pour capter totalement l’attention. Patience donc pour ces jeunes gens appliqués. L’avenir est devant eux.

 

 

 

 

Lords of Rock: Votre premier album était une belle surprise, quelque chose que l’on n’attendait pas. Comment réagissez-vous par rapport aux retours qu’il y a eu ?

Ambroise : Je crois qu’on réagit bien. En fait c’est un compte de fée qui a commencé à se dérouler depuis que l’on a signé sur une maison de disque. Depuis ce moment-là, on a l’impression d’être guidé par une bonne étoile. On a rencontré très tôt les bonnes personnes, on est devenu amis maintenant avec tous les gens avec lesquels on bosse. Le développement du groupe se passe aujourd’hui super bien, on est aussi super content de l’album que l’on a fait.

Christophe : oui et surtout que les retours sont très très bons, enfin, assez unanimes même. Et ça c’est assez dingue. On ne s’y attendait quand même pas. On est content de ce que l’on a fait, mais on ne s’attendait pas à autant.

Ambroise : on n’était pas très préparé à tout, mais on savait ce qui pouvait nous attendre.

Jérémie : eh, on n’avait pas peur non plus!

Ambroise : c’est vrai, on était assez confiant car on assumait ce que l’on avait fait. On était donc content de défendre notre album face aux gens qui parlent de musique. Les bons retours nous créent aujourd’hui plein de bonnes opportunités.

 

Tout ceci n’effraie pas justement ?

Ambroise : non parce que j’ai l’impression que tout reste encore progressif. Depuis 2 ans, cela n’a fait que monter en puissance. La sortie de l’album il y a 2 mois n’a fait qu’accélérer le processus. Depuis là, ça a vraiment pris une dimension supplémentaire.

Jérémie : mais on n’est pas dépassé. Ca reste contrôlable.

 




 

“Faire du rock’n’roll sans forcément gueuler”

 

 

On n’est non plus pas dans le même registre que la plupart des groupes parisiens sorti ces trois dernières années…

Christophe : il y avait eu une sorte de feu de paille.

Ambroise : tu penses à BB Brunes, tout ça ?

 

Oui, sauf que ces derniers sont peut-être les seuls à être passé le cap…

Ambroise : c’est un truc qu’on a voulu éviter depuis le départ.

Jérémie : oui, on n’était même pas dedans en fait.

Ambroise : mais à un moment, on aurait pu être assimilé à un quelconque truc branché et ça ne nous disait pas du tout. Du coup, on n’a pas du tout essayé de profiter de cette vague-là. On s’est tout de suite éloigné d’une quelconque assimilation à cette espèce de communauté hype.

 

Et vos influences sont complètement différentes. Quand on parle de Revolver, on parle plus d’un groupe intimiste, posé, que de rock’n’roll….

Ambroise : on ne fait pas de rock’n’roll mais…

Christophe : ou alors dans de le sens années 50.

Ambroise : oui, voilà, dans ce sens. On est très influencés par beaucoup d’artistes de la fin des années 50, Elvis Presley en tête. Des groupes qui mêlaient rock’n’roll et musique vocale, avec des cœurs derrière, c’est quelque chose que l’on aime beaucoup. Mais c’était plus une façon de faire du rock’n’roll sans forcément gueuler, sans forcément écrire des textes sans intérêt.

 

 

 

 

Comment vous êtes-vous connus ?

Ambroise : en fait, Christophe et moi nous sommes connus au lycée. Jérémie et moi nous sommes connus à la maîtrise de Paris, beaucoup plus tôt, il y a 6 ans.

 

On vous compare parfois pour le rendu à Kings of Convenience….

Christophe : oui, je connais un petit peu mais je n’avais pas non plus envie d’être trop dans ce registre intimiste. Je trouvais que c’était un petit peu trop…

Jérémie : joli…

Ambroise : un peu trop mou. Et quand nous avions enregistré l’album, je me disais que notre EP était plus dans cette veine là, quelque chose de vraiment acoustique et en demi-teinte.

Christophe : avec des voix pas très assumées…

Ambroise : et du coup je ne voulais pas faire un Kings of Convenience français. J’avais vraiment envie de faire de Revolver un groupe à part et pas forcément mou ou quoi que ce soit. Donc je ne me sens pas vraiment proche d’eux, mais je trouve qu’ils ont des belles chansons et des belles voix.

 

 

“Je ne voulais pas faire un Kings of Convenience français. J’avais vraiment envie de faire de Revolver un groupe à part”

 

 

De qui vous sentez-vous proches en France ?

Christphe : on se sent proches de gens qui ne font pas nécessairement les mêmes choses que nous. Je pense à Mustang ou à Samy Decosterd avec qui on est ami.

Ambroise : on partage des influences mais nous sommes tous allés dans des directions complètement différentes. Samy Decosterd est allé lui beaucoup plus dans une veine Johnny Cash, en français. Mustang sont plus rockabilly revisité années 80. Nous avons aussi digéré ces influences rock’n’roll avec un côté un peu plus pop. Ce sont des gens que l’on aime beaucoup et on respecte énormément leur travail.

 

Vous n’êtes jamais venus en Suisse, n’est-ce pas ?

Ambroise : je viens en fait dans la région depuis que je suis né. En vacances, de l’autre côté du lac, vers Evian. Et ça m’a fait hyper bizarre de venir ici pour faire un concert. Je suis vraiment content. Je viens à Lausanne tous les étés.

 

Comment vous vous sentez ici à Pully, avec une affiche assez éclectique : le folk graveleux d’Anna Aaron, le psychédélisme des Black Angels, le rock sautillant de Ghinzu et la pop hystérique d’Ebony Bones !…

Ambroise : nous essayons de défendre notre musique dans n’importe quel contexte, que ça soit hyper facile, avec un public conquis d’avance, ou au milieu d’affiches beaucoup plus rock, avec un public bien différent. Ce sont juste des défis qui sont différents. Ca reste hyper intéressant. Je ne connais pas très bien tous les groupes jouant avec nous ce soir, mais on a entendu Anna Aaron en live et les Black Angels en sound check : notre musique n’est pas pareille, mais ce n’est pas non plus du death metal norvégien, ça reste compatible. C’est la richesse des festivals que de pouvoir découvrir des groupes qui n’ont rien à voir et d’y prendre du plaisir.

 

 

 

 

Pour terminer, vous reste-t-il encore beaucoup de dates cette fin d’été et cet automne ?

Christophe : nous avons une trentaine de dates à la rentrée.

 

A l’étranger aussi ?

Ambroise : oui, en Allemagne, fin septembre. On a 4 dates. On va aussi jouer en Belgique.

Christophe : et ensuite on va voir aussi comment ça se développe.

Ambroise : en résumé, on va faire un tour de la France jusqu’à Noël.

 

Et l’Angleterre ?

Ambroise : un jour.

Christophe : ah, pas tout de suite. On va attendre qu’ils nous réclament (rires).

 

Photos © Julien Gremaud

Site officiel du groupe: http://www.myspace.com/popdechambre

Myspace du groupe: http://www.revolvermusic.tv/


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