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Pitchfork Avant-Garde : Bilan


FESTIVAL - Un concentré de rock psyché, expérimental, shoegaze, folk... Comme une entrée avant le plat principal !

On y était : les soirées itinérantes de l’Avant-Garde du Pitchfork Music Festival Paris 2018. Deux jours pour se mettre en jambe avant la grande scène à  la Villette, et s’imprégner de l’énergie et du talent de groupes encore à l’abri des projecteurs.

On vous raconte les deux soirs, entre la Chapelle des Lombards, le Supersonic, le Pan Piper et le Réservoir, 4 places parisiennes aux personnalités fortes et uniques.

MARDI 30 Octobre

Ça commence à la Chapelle des Lombards, petite salle proche de Bastille à l'allure bien classe, avec une scène minimaliste.  Ambiance showcase intimiste.

On entame la soirée avec Sam Evian, un groupe de lo-fi de Brooklyn, qui joue pour la première fois à Paris. L’ambiance est cosy sur la petite scène, le groupe nous transmet une belle énergie avec une oscillation entre rythmes planants et passages plus énervés. Les gars nous plongent dans une atmosphère nostalgique qui s’estompe aux fil des fins un peu abruptes -tout est millimétré-. Derrière des allures moitié grunge et moitié dandy -drôle de mélange-, on sent un jeu complice entre guitare et basse.  

Après une petite coupure slow assez intense avec Jack Grace, seul avec son clavier, arrive Stella Donnelly, un coup de cœur !

Cette jeune australienne pétille sur scène et nous suprend par son franc parler à toute épreuve. La nana se lâche ! Avec son look super cute et sa guitare rose, elle jongle entre humour et dénonciations, tel un poisson dans l’eau. Contente de balancer ce qu’elle a à dire sur l’Australie (« En France je peux tout dire, c'est cool »), elle introduit toutes ses chansons histoire de nous immerger dans sa vie d’australienne, entre vie affective et sujets de société (machisme, racisme, égoïsme…tous ces problèmes en -isme). Dans « You owe me », elle se venge de son affreux boss abusif et de la mauvaise bière qu’elle servait dans son bar, dans « Season’s greetings », elle évoque les gens qu’on n'aime pas aux repas de Noël en famille, avec lesquels on doute même du lien de parenté. Dans « Boys will be boys » de son premier EP TRUSH METAL (qu’elle ne pensait pas faire écouter à plus de 15 personnes dont ses parents et ses amis) elle parle de sujets plus graves, des agressions sexuelles et des réactions d'hommes. Sa proximité avec le public et sa manière de partager ses émotions donnent à ses titres une dimension en concert bien différente des versions studio. Son style guitare-voix est épuré mais très efficace. Comme quoi la simplicité réussit à certains !

Changement d’ambiance avec le Supersonic, un lieu plus rock et industriel, avec un balcon au-dessus de la scène. On termine la première soirée de l'Avant-Garde avec Crumb, LE groupe qu’on attendait avec impatience et qui ne nous a pas déçu ! La salle est comble, le public envouté face à ce groupe au style inqualifiable qui joue avec une grande nonchalance. La chanteuse a une voix trainante, blasée, qui nous retient comme si on devait attendre que les mots sortent de sa bouche. Le clavier prend le lead sur de nombreux morceaux et nous amène vers des sonorités psychédéliques. Le groupe joue son morceau le plus reconnu, "Locket", probablement grâce à son clip qui dépasse désormais les 2 millions de vues sur internet. Entre les titres de leurs deux premiers EP CRUMB et LOCKET, le groupe joue quelques nouveaux morceaux qui seront sur l’album "qui sortira bien un jour", annonce la chanteuse. On retiendra la fin assez brutale du concert avec la chanteuse qui décide de sortir de scène en plein milieu de la dernière chanson, un moyen de nous rappeler que derrière sa présence, il y a un groupe qui joue avec un parfait équilibre musical. Tout est une question de dosage, et la recette de Crumb est réussie.

 

31 Octobre

Début de soirée au Pan Piper un peu chaotique avec une demi-heure de retard. Faire jouer quatre groupes différents sur une seule scène en trois heures amène son lot d'imprévus : petite pensée pour les techniciens sous pression qui doivent faire enchainer les groupes.

On assiste à un concert de rock expérimental : Palm, originaire de Philadelphie, qui aime faire tourner notre cerveau dans un sens, le laisser en suspens avant de le retourner dans l’autre sens. Le groupe produit un travail affuté sur le rythme, sans cesse déconstruit -des changements de tempo toutes les minutes. Avec son pad, le batteur donne des accents exotiques presque électroniques. Des voix décalées avec l’instru, assez timides mais efficaces qui donnent un accent presque religieux au groupe, avec un chanteur guitariste au look des « boys band » des années 60. Malheureusement, on ne sent pas de cohésion entre les membres du groupe, et le concert nous semble sans émotions. Un groupe à découvrir pour se faire une opinion, épileptiques s’abstenir.

Le festival continue au Réservoir avec un groupe plus planant : Mint Field qui débarque de Tijuana, Mexico. Un groupe composé de deux femmes au chant/guitare et à la batterie, et d'un bassiste qui pose un rythme apaisant et sensuel. Les morceaux durent et montent crescendo dans les viscères. La salle se remplit, le public est complétement envouté par ce groupe qui joue les yeux fermés. Une voix un peu en retrait, timide, mais une atmosphère vibrante dans une salle au décor rococo et kitch qui rappelle les vieux salons d’antan. Le morceaux sont principalement instrumentaux, et les effets sur la guitare imposent le style shoegaze de manière efficace. Si Mint Field n'était pas plus bavard que Palm, on a senti que le groupe prenait du plaisir à être ici, et dégageait de bonnes énergies ! Un autre coup de cœur de cette Avant-Garde.

En conclusion, nous aurons bien vadrouillé pour chiner parmi ce grand cru d’artistes peu connus, de belles découvertes – qu’on attend prochainement sur la grande scène de la Villette ?

A l’année prochaine 😊

 

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