dimanche , 18 novembre 2018
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Pepi Ginsberg

Red

Irascible


Une suite d’accords à la rythmique timide et nébuleuse, quelques notes éthérées émanant d’un bottleneck suave, une voix délicate et légère culminant au dessus d’un flot incessant et répétitif. L’ouverture de ce premier album de Pepi Ginsberg nous paraît très ancrée dans une culture musicale s’apparentant à celle des années septante. Plusieurs indices nous laissent penser que cet album emprunte ses références principalement dans le rock et le songwritting de ces années. Cela peut s’entendre au son de la batterie qui possède le jeu et le son typique de certains batteurs de cette époque avec un jeu très développé de la caisse claire à la Mitch Mitchell – batteur de Jimi Hendrix – et un son de grosse caisse sec dont le timbre est relativement proche de celui de la caisse claire. L’utilisation de sons d’orgue façon Doors, de guitares psychédéliques jouées au bottleneck et de basses plus mélodiques que rythmiques peut aussi nous amener sur cette voie. Mais là où beaucoup ont échoué, ou ne se sont contenté de faire uniquement de mauvais pastiches, Pepi Ginsberg parvient à nous faire passer le cap du « super ! des sons d’orgues vintages, tu penses qu’elle va aussi nous faire le coup du solo de basse de 17 min ? »  Si son instrumentalisation ne va pas révolutionner l’univers musical, sa voix est, quant à elle, assez particulière. Elle est parfois vacillante, instable, se jouant quelques fois de la tonalité, mais, pourtant, pénétrée de sureté. Elle possède également une inclinaison à accentuer les voyelles plus que les consonnes ce qui nous donne, de temps en temps, l’impression que ses textes sont une suite d’onomatopées aléatoires. Cela rend sa voix charmante et attachante mais rend difficile la compréhension des textes de temps à autre.

Cet album de cette jeune songwritter américaine s’ouvre sur une touche psychédélique avec "Son". Cela peut paraître assez étrange au premier abord car nous sommes habitués usuellement à entendre ce genre de titre long et psychédélique en fin d’album. Pourtant, il tresse une sorte de ligne de conduite de l’album qui s’y tient à merveille. De la même façon qu’il est plus aisé de pénétrer une boîte crânienne avec un objet fin, robuste et pointu, chaque album se doit de posséder un tube pour s’immiscer dans une cervelle humaine. Le titre qui s’en approche le plus est la deuxième piste : "The Waterline", histoire d’une petite Alice désespérément désorientée et implorant le Seigneur. Ce titre est très plaisant et étonnant et se loge dans une partie obscure de votre cerveau pour ne plus jamais en sortir, soyez donc prudent avant de l’écouter.

Cet album est donc une jolie surprise. La voix de Pepi Ginsberg, une fois adoptée, est très agréable. A écouter dans un train de marchandise en voyageant clandestinement vers San Francisco. « Mum I m not going home tonight ».


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