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Pavement en rattrapage

Quarantine The Past

Label: Domino (distr. Musikvertrieb)


BEST OF Alors que le groupe se produisait hier soir au Zénith de Paris (notre journaliste a-t-il pu en faire partie? Mystère…) est sorti au mois de mars une compilation de morceaux emblématiques de ces anti-rockstars. Question: doit-on vraiment bifurquer chez notre disquaire pour acquérir l’objet ?

Dix plombes après leur séparation, on retrouve Pavement tout fraîchement reformé pour quelques prestations de haut vol. Mais voilà que la troupe de Stephen Malkmus double sa rente annuelle en sortant sa petite rétrospective remasterisée. Bon, pour les titres les plus connus, il faudra fortement tendre l’oreille pour espérer saisir la finesse de remastering, la soussignée n’y parvenant pas.
La belle sélection (23 titres) comporte sans surprise les gros tubes qui tâchent de leurs cinq albums studio, tels “Cut Your Hair” et ses chœurs puérils, mais aussi des petites raretés difficilement dénichables sous nos latitudes, les EP ayant plus de peine à traverser l’Atlantique. Là, le lifting est plus ressenti, comme sur “Shoot the Singer”. On a dans les mains un minutieux mix d’évidences bienvenues – la rythmée “Two States”, “Grounded” et Ô bien sûr “Fight This Generation” –, d’évidences moins excitantes – la frêle “Shady Lane/J. Vs. S” (genre Wonderwall sur la compilation d’Oasis) – et de délires complets comme le hargneux “Debris Slide”.

Beau foutoir

Un beau foutoir dit comme ça: c’est omettre la savante cohérence de ce « meilleur de ». J’en veux comme preuve l’emboîtement d’une douceur folle entre “Heaven Is a Truck” et leur – à mon sens – plus grand succès, “Trigger Cut/Wounded-Kite at :17” : la transition parfaite donne aux deux titres une tournure inédite. Saluons aussi le fait que leur dernier album studio, “Terror Twilight”, est fortement sous représenté, lui, l’album de la révérence de 1999.
La touche de Pavement, c’est ces mélodies évidentes accouplées aux textes loufoques mais bordéliquement poétiques de Malkmus, faisant naître des pop songs auxquelles les guitares saturées donnent un goût amer. On regrette quelques absents qui se roulaient plus spontanément dans le rock’n’roll, tels “Flux=Rad” ou “Baptist Blacktick”.
Mais bon, c’est comme se plaindre d’un train qui aurait trois minutes de retard.
Pas une bête compilation de singles donc, quoique une belle entrée en matière pour qui ne connaît pas encore Pavement. Pour vous changer un peu de Sonic Youth.


Un commentaire

  1. C'est bizarre que je n'aie jamais entendu parler de ce groupe jusqu'à maintenant, vu que leur musique est le genre que j'écoute habituellement. J'adore le mélange de bordélisme et de poésie ainsi que de véracité. C'est pour quand le prochain spectacle et où peut-on trouver le "best of"?

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