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Moriarty – Interview

En interview au Paléo

Interview dans les backstage du Paléo Festval, Nyon (CH), juillet 2011

INTERVIEW - Les Moriarty sont une sorte de fratrie à la Ramones, sans le punk rock… leur registre s’approche plutôt du folk teinté de country. Leur actualité est riche avec l’album THE MISSING ROOM et les festivals. Rencontre au Paléo avec Thomas « Tom Moriarty ».

 

Lords of Rock: J’ai vu votre concert aux Eurocks tout récemment, vous vous apprêtez à jouer dans le chapiteau du Paléo, vous êtes particulièrement friands des gros festivals ?

Tom : On aime bien, ça fait plaisir d’arriver dans des endroits comme ça où il y a beaucoup de groupes. C’est effrayant et en même temps, très attrayant. Dans ce genre de festival, tu joues devant beaucoup de gens, mais qui ne sont pas forcément venu pour te voir, donc tu dois vraiment tout donner. Souvent ce n’est pas facile au niveau du son, nous avons commencé à jouer dans une cave, dans une cuisine, c’est là que les morceaux sont nés. Dans notre première tournée, on essayait de ne pas jouer trop fort. Ce n’est pas évident, les gens sont habitués à ce que la musique couvre leur discussion et ça n’a pas toujours été évident de capter leur attention. Là ce soir, ça va être énorme.

Et le Paléo, tu connaissais ?

On nous a beaucoup parlé du Paléo, depuis des années. On espérait venir avant, mais ca ne s’est pas fait. Des musiciens ou des spectateurs nous ont parlé de ce festival comme étant une de leur meilleure expérience.

Votre dernier album THE MISSING ROOM est sorti il y a maintenant 3 mois, comment s’est passé cette sortie, l’accueil a-t-il été à la hauteur des espérances ?

On a commencé à jouer les titres au mois d’octobre, on est parti en tournée et on le jouait. L’album est sorti après, mais on l’avait bien dans les pattes. Il n’y a pas eu de correspondance Album – Tournée. Donc les gens ne connaissaient pas toutes ces nouvelles chansons, ça les a peut-être déstabilisé. Nous sommes très contents de ce deuxième disque car nous l’avons enregistré comme on le voulait, avec notre batteur-contrebassiste qui joue ce soir. Il nous a mis dans une pièce et on a enregistré tout en live d’une manière organique, il y a quelques morceaux avec des pistes en plus, mais pour la plupart c’est comme des conditions de live. On le préfère que le premier disque.

 

 

Quelle est la signification de cette « Missing Room » ?

Certaines chansons ont 10 ans, d’autres 3 ans, d’autres ont été composées sur la route. Parmi ces 15 titres, on en a gardé 12 et il y a un truc qui s’est dégagé… A cause des paroles, c’était aussi plus éclectique. Dans les thèmes, on retrouve un amour perdu ou un condamné à mort sur le point de mourir, ou quelqu’un dans une cellule qui rêvait de s’évader ou une fille qui était forcée à travailler au lieu de chanter. On retrouve cette thématique de perte, quelque chose qui manquait, The Missing Room.

Il y a eu « Jimmy », maintenant il y a « Isabella » et « Clementine », vous appréciez particulièrement les prénoms comme titre de chanson…

Clementine c’est le fruit…

Ah d’accord…

(Rires)… On s’est un peu laissé avoir… A part « Jimmy », il y avait beaucoup de prénoms féminins, il y a encore « Beastie Jane » et « Julie Gold ». Et en fait Rosemary c’est la seule fille dans le groupe et elle a besoin de s’entourer de camarades, dans le groupe on est un peu comme des frères et sœurs, on s’embête, on se fait chier, et sur scène elle a besoin d’avoir des camarades féminines pour se sentir un peu plus forte.

 

 

Avez-vous le sentiment d’avoir popularisé ou donner un second souffle à la country-folk en France ?

Disons que la country au sens strict, produite à Nashville, on en est très éloigné. Après c’est vrai qu’il y a plusieurs membres du groupe qui écoute du Hank William. Mais nos guitaristes ne savent pas jouer de la country, ils grattent, ils ont leur style, mais on n’a jamais copié de la vraie country et un amateur qui nous verrait dirait que ce n’est pas de la country. C’est vrai que l’association est là, parce qu’il y a parfois une dobro et les gens pensent que c’est un banjo, il y a aussi ce côté acoustique. Moi je joue de l’harmonica, il y en a aussi en country, mais il y a un truc plus virtuose en country et nous on met plutôt l’accent sur les chansons, pour que chacun s’y retrouve et aille sa place. La country c’est une vraie tradition, toujours vivante d’ailleurs.  

J’ai vu que dans la pochette de l’album il y a des dessins fait Stephan Zimmerli (guitariste), est-ce que ce côté visuel a une importance, que ce soit sur scène ou en dehors ?

Il y a un côté visuel très important qu’on a plus de mal à réaliser en festival de jour, c’est vrai qu’on n’a pas vraiment le temps de s’installer, c’est le défilé de groupes, t’as pas le temps de poser ton univers, c’est plus musical. Au début, on sortait de nos caves, de nos cuisines et dans le groupe on n’était attaché à rendre quelque chose de visuel. Et Rosemary accorde beaucoup d’importance à ça. Stephan dessine beaucoup, il croque, il va prendre beaucoup de photos en tournée, selon les gens qu’on rencontre, les paysage qu’on voit. C’est un peu l’archiviste. Et pour le deuxième album, comme il y a des chansons composées sur la route, il a illustré à sa façon.

 

 

Au sein du groupe vous avez plusieurs nationalités, plusieurs cultures, est-ce que cela vous aide au niveau créatif d’avoir ces différentes cultures.

Il y en a trois qui ont la double nationalité et ça nous a aidé à se retrouver. Se retrouver autour de la musique pour exprimer un truc qu’on ressentait, quelque chose d’éloigné de la musique qui se faisait en France, même au niveau du son mondial. On a une identité particulière et ça nous permet de créer notre monde à nous, de faire notre voie, de tracer notre chemin.

Mise à part la tournée qui se poursuit, quels sont vos projets pour la suite ?

Il y a pas mal de projets, il y a notamment un gars un peu farfelu qui souhaite mettre en scène notre album. Lui c’est un metteur en scène, scénographe. Il aimerait qu’on joue nos chansons et entre les titres il y aurait des acteurs. Il veut monter la « Missing Room », qu’on joue dedans et il a monté un scénario autour de ça, et il y aurait un dessinateur qui s’appelle Philippe Dupuis qui va faire des croquis qui vont être projeté derrière pendant qu’on joue. C’est assez barré, mais ça va être marrant. Ça va se faire début octobre en région parisienne. On nous a aussi proposé de reprendre des morceaux qui ont influencés Dylan. C’est pour l’année prochaine, en mars. T’entend cette influence de l’Americana et ce serait explorer ces racines-là, ça nous botte, reprendre ces vieux morceaux et les adapter à notre sauce.

Donc vous allez sortir un album de reprises ?

Non, c’est pour un concert, mais c’est une bonne idée, on n’y avait pas pensé. On a aussi envie de jouer dans des lieux différents. Avec les gars des Eurocks on avait fait une tournée dans le cadre du festival GéNéRiQ, le principe c’est de jouer dans des lieux différents, genre une église, chez l’habitant. Sortir du truc que la musique on l’écoute seulement au concert. Tu joues avec le lieu, dans les temps c’est plus compliqué d’avoir la magie, on a envie d’explorer des choses plus intimes. On va faire une tournée parisienne comme ça en décembre. On va aussi jouer devant un aquarium avec les poissons qui se baladent et voir le son que ça produit. Le lieu c’est la 7ème personne qui joue, tu joues dans une église, tu dois t’adapter à la reverbe qui est super longue. Tu peux pas arriver avec ta basse batterie et faire un gros truc, ce sera de la bouillie. On a envie de jouer des moments uniques.

Notre webzine est spécialisé dans le rock, est-ce qu’il y a des groupes qui te touchent particulièrement ?

Lords Of Altamont, j’adore le garage, les Sonics et toute cette période. Le rock nous berce tous. Robert Plant qui passe ce soir, Led Zep c’est fantastique. En rock actuel, je ne sais pas trop, je ne connais pas très bien à part quelques petits groupes de garage. Ce que j’aime dans le rock c’est cette impression que les mecs vivent leurs derniers instants sur scène, j’aime bien cette idée de tout donner. La terre peut s’arrêter de tourner, mais on sera allé jusqu’au bout du morceau.

 


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