mercredi , 11 décembre 2019
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Knotfest/Hellfest 2019

Knotfest 20 juin 2019 Hellfest 21-22-23 juin 2019, Clisson, Fr

LIVE REPORT

Espace Vip

Près de 850 km pour arriver à bonne destination ! Putain que c’était long mais que la route était belle. Voilà enfin mon compte-rendu et mes photos, de ces quatre jours assez exceptionnels de l’édition 2019 du Hellfest.

À l’heure des “Vlog”, des comptes-rendus : youtube, Insta, et même Snap en directs (si si je l’ai vu!); et autres reportages sur le vif, plus au moins probants, pour Lords of Rock, votre serviteur (Manu) continue de faire les choses un peu “à l’ancienne” pour les amateurs de lecture et de photos (non retouchées!), et il y en a !

Ce Hellfest 2019 est un peu comme un grand buffet avec plein de bonnes choses sur la table, sur ce buffet, un plateau de spécialités culinaires 100 % françaises, en ce qui concerne la superbe journée du vendredi, nous y reviendrons.  Cette année les conditions climatiques furent tout simplement extraordinaires : du ciel bleu tout le week-end, chaud mais pas trop de cagnard pendant ces quatre jours, et du frais le soir. Ajoutez à cela, l’absence  de pluie, des infrastructures extraordinairement revues depuis les précédentes éditions, des écrans immenses d’une qualité bien supérieure aux années précédentes désormais carrément incrustés dans les scènes principales, un pit entièrement pavé pour éviter la poussière dans le museau, un faible temps d’attente pour recharger sa cashless (lorsque la 4G est à la traîne par exemple !) des chiottes plutôt propres un peu partout, un Hell City Square avec sa propre ambiance – ses propres concerts – de la restauration en veux-tu en voilà – et pour toutes les bourses – on se demande ce qui manque car désormais on frise la perfection. À si je sais : un stand de dégustation de bières de la région ! Sans déconner, ça serait le top. Bon aller, j’arrête de quémander et on y va pour le review 2019 de cette superbe édition.

Cette année le Hellfest a mis les grands plats dans les immenses ! Le festivalier à la chance d’assister à un avant concert d’excellente facture : le Knotfest. Cependant ainsi que l’a déclaré Ben Barbaud dans sa conférence de presse, visible ici : https://www.youtube.com/watch?v=GEcmQeC80yg  il ne faut pas que le festivalier s’habitue à avoir systématiquement cette quatrième journée sur le site même du Hellfest. Personnellement, ça me va, car cette première journée est déjà l’occasion de faire sacrément la noce et de commencer à tirer la langue alors que les hostilités n’ont pas encore démarré.

Jeudi 20 juin : Knotfest

Personnellement je n’ai pas pu assister à l’intégralité de cette gargantueste affiche du Knockfest mais j’ai tout de même pu assister au « spectaque » d’Amon Amarth comme me disait mon voisin de parking, mais aussi de Slipknot et bien entendu des Suédois de Sabaton. Comme à mon habitude, les comptes rendus de concert ici présents, relatent des concerts vus dans leur intégralité et non des bouts de concerts picorés par ci par là. Non mais !

Pour Amon Amarth, c’est une fois de plus une leçon de puissance que le festivalier se prend dans les roustons. Alors que Berserker a vu le jour quelques jours auparavant, heureusement les classiques sont au rendez-vous « The Pursuit of Vikings », « The Way of Vikings », « Guardians of Asgaard » et l’efficace « Twilight of the Thunder God ». Il faut être honnête ce dernier album n’est pas au niveau des autres méfaits et les compos épiques et entêtantes ne sont pas légions sur ce dernier opus. Bref, excellente prestation, là est l’essentiel.

Ça faisait drôle de voir les autres scènes du festival éteintes, et finalement, tant de talent concentré sur les seules Mainstage en ce jeudi soir.

Quelques instants plus tard, retentit un ignoble bruit de roulis sur le site déjà plongé dans la pénombre, le public semble hystérique, si j’en crois ceux qui hurlent comme des damnés autour de moi.

Le combo déboule sur scène, et rapidement, laisse entrevoir le masque de Corey Taylor, malsain au dernier degré. Une espèce de peau transparente, lui donnant l’air maladif. Ajoutez à cela un visage bouffi, des  cheveux coiffés à la matraque, avec une espèce de  gros cache-cou en laine et des gants en cuir, on hésite entre le serial killer, le grand brulé et le détraqué ! Extraordinaire. J’adore !

Je suis content de voir le combo en très grande forme car depuis la mort de Paul et l’éviction du nain, Joey Jordison, figure emblématique, on avait l’impression qu’il ne se passait plus grand chose.

Finalement le groupe est bel et bien présent. Encore une fois, c’est étrange d’assister à un concert d’une telle puissance en ce jeudi soir. Le concert démarre au son d’un bruit strident, donc, qui donne tout de suite la tonalité. J’avais oublié à quel point le gang de « Des Moines » avait un grain. Entre Sid qui danse, tels un psychotique sur un tapis roulant, Corey Taylor qui hurle sous un masque en plastique qui lui écrase la tronche, et les claviers qui distribuent des sons distordus, tout ça sur un site plongé dans le noir (il n’y a alors que la Mainstage et quelques zones de lumières derrière le public, qui soient allumés) il y a de quoi flipper.

À voir l’engouement du public, le combo en a bel et bien toujours sous le capot. On se réjouit d’écouter ce nouvel album dont la sortie est prévue pour les semaines à venir. Les classiques tabassent et ce nouveau batteur abat un excellent boulot. Les  « people=shit », « Sic », « Disasterpiece », « The Heretic Anthem » sont joués à tempi rapides. On se régale. L’urgence et la vindicte sont toujours présentes dans les sonorités et les orchestrations, jamais brouillonnes, du combo.

Une question me taraude toutefois depuis plusieurs années : à quoi peuvent bien servir les percu à part au côté visuel de l’affaire ? On n’en perçoit pas le moindre fragment sonore. Peu importe.

Il y a encore passablement de monde à l’heure bien tardive où déboulent les suédois de Sabaton qui officient tout de même à 1h du mat. Quelques festivaliers s’écroulent lamentablement sur un sol devenu rigide (pavés autobloquants) sur le devant de la scène mais l’immense majorité tient encore sur ses guiboles et profite des traditionnels « Ghost divisions » et quelques nouveautés de ce nouvel album The Great War dont le concept se base sur la première guerre mondiale. Le très efficace « Fields of Verdun » et son refrain entêtant promettent encore un disque bien trempé (qui devrait sortir d’ici quelques jours). La voix de Joachim commence à faiblir et même à dérailler un peu dans les aigus. Je savoure ce concert et me dis que j’ai déjà de la chance de les avoir vu sévir sept fois en six ans. Pourtant, j’étais loin d’imaginer que j’aurai la chance de les revoir dès le lendemain sur la scène d’a côté, nous y reviendrons. Le concert file à la vitesse du son et mes yeux me piquent. Il est temps d’aller se foutre la viande dans le torchon, c’est une évidence.

Je regagne mes pénates après m’être lamentablement jeté quelques whisky coca au VIP. Le Hellfest n’a pas encore commencé ! Chouette !

Vendredi 21 juin

Aie aie aie mon crâne. Que ce réveil fut difficile. Le programme qui m’attend me met en joie, je ne traîne pas. Malgré toute la bonne volonté du monde, j’ai raté la prestation des français de Sublime Cadaveric Decomposition putain bordel.

Aorlhac

Ceci étant dit, je n’ai pas loupé les auvergnats d’Aorlhac. Quelle claque ! Il s’agit là d’un sublime black metal qui chante en français avec du texte et un « très » gros son, tout en jouant au carré et c’est peu dire ! Voilà comment résumer les trente minutes que nous venons de nous prendre dans les rouston. Tout cela transpire la passion et le talent pour tous les pores. « Alderica » ou encore « Mandrin l’enfant perdu » sont autant de titres bien emmenés tant musicalement qu’au niveau des textes chantés en français.

C’est simple : j’ai acheté l’intégralité des albums et la démo sur le stand d’antiq records je vous conseille d’ailleurs d’aller faire un tour ici : https://antiqrecords.com/shop/  si vous voulez découvrir florilège de pagan, folk, black, ambiant, l’accueil de Sparda y est toujours très sympathique et les produits proposés sont de grandes qualités.

C’est au tour de Cult Leader d’avancer ses pions. Il officie dans un crust sludge ultra lourd qui réveille les plus paresseux. Tandis que les fesses se lèvent sous la Altar arrive la chaleur. Nous allons dérouiller.

Cult Leader

Les tempi tantôt très ralentis tantôt grindés, la voix hurlée du chanteur et les guitares crasseuses confèrent à l’ensemble un côté malsain à la croisée de Napalm Death et The Dillinger Escape Plan. « Great I am », « Sympathetic » donnent du grain à moudre et les plus téméraires s’affrontent dans le pit tandis que le chanteur hurle à gorge déployée. Une belle intensité donc !

Conan

Dire que j’attendais de Doc Martens fermes, les britanniques de Conan, serait peu dire ! L’ultra Doom fait mouche dès les premières notes de « Prosper on the Path » et le moins que l’on puisse dire c’est que les ambiances marécageuses sont d’une lourdeur sans pareil. Les riffs de guitares assomment littéralement tout sur leur passage. « Eye to eye to eye » et le très sombre « Gravity Chasm » pourraient se comparer à un cauchemar mis en musique où la voix d’outre-tombe du chanteur, venue de très très haut derrière les montagnes transporte le spectateur dans un univers fantomatique totalement angoissant. À ceux qui ne connaissent pas ce groupe je conseille l’album « Revengeance ». Idéal pour expliquer à vos collègues de bureau ce qu’est le metal lourd. Un excellent moment passé.

Trollfest

Aller à un concert de Trollfest c’est un peu comme se rendre à la Foire du Trône franchement même si l’ensemble est franchement bien emmené – technique et sincèrement coordonnés – il faut dire que les norvégiens déguisé en princesse mettent un point d’honneur à pousser assez loin le mauvais goût. Entre des musiciens féminisés combinant des grosses barbes, des nez de clown, des ballons multicolores sur la têtes, des jupes courtes roses bonbons et des faux seins qui dégringolent pendant le show, on assiste à une préstation un peu décalée. Et ce ne sont pas la chenille, les jetés de ballons fluos, ou même les combats de dinosaures en plastique chinois qui arrangent l’affaire. Tout cela est bel et bon, mais on se demande quand même quel est l’intérêt de tout ça sur le plan musical. Bien que très sérieux au niveau de l’interprétation et des compos plutôt cohérentes, il y a un petit côté carnavalesque ridicule qui me dérange, ce qui n’est pas le cas chez Ultra Vomit, je vais y venir. Malgré tout, c’est un bon moment passé et le public mange dans la main des norvégiens.

Trollfest
Dream Theater

Changement total d’ambiance avec Dream Theater sur la Mainstage. Désormais, le soleil reprend ses droits. Il fait chaud, très chaud, et le moins que l’on puisse dire c’est que les Américains sont très en forme et n’ont que faire de griller sous le cagnard de Clisson.

Dream Theater

Je suis de ce qui s’était réjoui du départ de Mike Portnoy pour l’arrivée de Mike Mangini à mon sens beaucoup plus groovy, technique et sympathique. Depuis près de dix ans, le combo est au sommet de son art et ça fait plaisir de voir des musiciens excellents – chacun dans leur domaine –, tout le monde est, et, reste à sa place, malgré les bourrins techniques que sont les Mangini, Petrucci, Myung et compagnie. Côté son, c’est la violence mais une violence calibrée ! Très clean et très puissant, DT fait le job comme personne dans le style. Côté spectacle, en revanche, c’est le désert total! Rien du tout. Peut être un sourire de Petrucci à la quarante-deuxième minutes…

Ça pioche beaucoup dans Distance Over Time et quel plaisir d’entendre jouer également un titre d’Awake et le sous-estimé Train of Thought. « As i Am », « Fall into The light » et l’énormisime « Pale Blue Dot » font mouche. Quand on voit la facilité déconcertante avec laquelle nos gaillards manie leurs armes on en est à se demander si certains ne sont pas mieux servis que d’autres niveau talent.

Qui à part DT est capable d’enchaîner des titres de dix minutes en solo quasi-permanent sans jamais écraser le collègue ou tomber dans la démonstration technique ? Le combo sonne désormais comme lui-même et offre des prestations de grande qualité. Il faut dire que la voix s’est franchement améliorée année après année. Que les plus médisants ne viennent pas dire qu’on a pas “le bois” pendant un concert de DT, car les compos restent très entraînantes sur scène et non de simples démonstrations techniques.

Ultra Vomit

Le créneau est magnifique, il est 19h40, on est de nouveau sur la Mainstage et le parterre et plein jusqu’à la gueule pour accueillir les frenchie d’Ultra Vomit qui déboulent sur scène comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Je fais parti de ceux qui avait eu la chance de voir le groupe en 2017 à midi et en plein cagnard sur la même Mainstage. À l’époque j’avais halluciné d’une telle popularité (et le combo également, si j’en crois une récente interview de Manard) mais là c’est un autre délire. Autant le dire, la rigolade est belle et bien de la partie, le son aussi, mais contrairement à Trollfest, la blague ne tourne pas au ridicule. Il faut dire que les trois écrans haute définition qui font désormais partie intégrante de la scène permettre une expérience visuelle qui vient agrémenter le show et donner un côté à la fois burlesque mais sérieux à l’affaire. Je pense de plus en plus à Anthrax lorsque je vois UV.

Pour être franc, lorsque surgit cette bonne vieille Maïté grimé version black metal, sur fond de forêt de sapins à perte de vue sur les écrans géants, j’ai presque eu peur.

À noter que Manard est quand même un putain de batteur en plus d’être un sacré blagueur : une sorte de Bernard Minet version technique. Côté son, nous avons droit à « La chenille », l’ « Evier métal » et « Keken » il y a de quoi se faire plaisir. L’apparition de Jésus sur le titre éponyme était un sacré moment, d’autant que la véritable chorale gospel était simplement une idée de génie.

Je le redis pour connaître pas mal de festival européen, le Hellfest est le meilleur en son genre et c’est ici, en France, que ça se passe. Et ben oui !

En ce vendredi, le plateau Mainstage est 100 % français et de belles tueries sont au programme : Lofofora, No One Is Innocent, Dagoba, Mass Hysteria, Gojira, Bref : bravo au Hellfest d’avoir mis la France à l’honneur.

Dropkick Murphys

Pas le temps de souffler, puisque le show de Dropkick Murphys démarre à la vitesse de la lumière au son de : « the Boys are Back » et s’enchaînent très rapidement les classiques tels que : « Blood », « Prisoner’s Song », « Caught in a Jar ».

L’ambiance est tout simplement dantesque. Tandis qu’on croise des festivaliers hilares et un putain de bordel dans le pit tel un pub irlandais un vendredi soir, la fête continue et bat son plein !

Les gens dansent et se prennent dans les bras. Il faudrait être franchement de rabat joie pour ne pas passer un bon moment à un concert de Dropkick ! Les classiques sont assénés à la vitesse à laquelle les bières descendent. On voit défiler des images de la communauté irlando-americaine ainsi que des images de tatoués pendant l’excellent « Rose Tattoo ». On a du mal à se représenter la légitimité et la notoriété des bêtes de scène qui sévissent devant nous. Il faut dire que Dropkick a vendu du disque et sait faire la fête puisqu’il l’organise pour la Saint Patrick depuis 25 ans pendant près d’une semaine durant, tout simplement !

Je ne vais pas faire un long laïus sur l’absence de Manowar la question a déjà été abordée par Ben Barbaud avec beaucoup d’intelligence. Toutefois, avec quatre écrans géants full HD, des feux d’artifices dans tous les sens, un site d’une grande qualité , la mise en place de plateaux techniques ultra rodés, un lieu d’accueil d’une qualité évidente, beaucoup de sécurité (quoi qu’en disent certains) bordel, qu’est-ce que Manowar n’a pas obtenu pour vouloir foutre le camp de ce festival ?

Sabaton

Pour être allé, la veille, au Knotfest beaucoup de fans se réjouissent de voir Sabaton ce soir car ils l’ont loupé ou tout simplement éludé étant donné l’heure tardive de la veille. La cette liste est pratiquement la même avec un titre en plus « 40 :1 » et la célébration de la traditionnelle fête du début de l’été (Midsummer). Pour le dire rapidement, il s’agit là d’une fête traditionnelle suédoise durant laquelle on profite en famille, où les jeunes s’amusent et où l’on mange des plats traditionnels en portant des couronnes de fleurs. Aujourd’hui cette fête a donc eu lieu sur la Mainstage même https://www.youtube.com/watch?v=eag1PkvSsZI  : table bien décorée, poissons, pains, mayo, aquavit et bière, famille, amis, et même quelques personnes du public (!) tout cela pendant que le groupe jouait ses classiques…sans Joachim qui subit une perte quasiment totale de sa voix dès le deuxième titre ! Quelle guigne.

Sabaton

Tommy et Chris se collent donc au chant et s’en sortent vraiment avec les honneurs ! On redécouvre les « hits » chantés sur un registre plus heavy, plus lyric peut être, avec la voix de Tommy. Ça sonne méchamment, d’autant que les gaillards ont de la voix. Il est clair que ce ne sont pas de simples remplaçant, ce soir, Tommy officie donc en tant que guitariste-chanteur. Petit rappel : il l’est officiellement dans son autre projet, Majestica qui vient d’ailleurs de sortir un disque, il y a peu.

Pendant ce temps-là, une table est installée et les Suédois sont attablés sur scène, à manger tranquillement en buvant un coup, pendant que le concert bat son plein. Le public est totalement acquis à la cause des suédois et les remercie chaleureusement d’avoir sauvé le vendredi soir, au pied levé , dans de pareilles conditions, privés de leur chanteur! La chorale fait mouche et je dois dire que l’émotion d’un Joachim tremblotant et au bord des larmes, à la fin du set, donne des frissons à plus d’un spectateur. Bravo à eux.

Gojira

La performance de Gojira  en dit long sur le temps parcouru par le combo. J’ai eu la chance de voir le combo une bonne quinzaine de fois en l’espace de quinze ans ! Et il faut dire que les écrans mis à disposition par le Hellfest ont été pleinement investi par le groupe qui a carrément crée un visuel sur mesure avec une articulation des plus cohérentes en fonction des titres joués.

Gojira

Tantôt des images abstraites tantôt du figuratif. Le son est grandiose et ce show fait la part belle aux longues séquences instrumentales parfois totalement hypnotiques et envoutantes. La guitare de Joe fait tournoyer des rythmiques lancinantes, sombres et entêtantes tandis que s’abat sur la foule le trio : “Love”, “The Cell” et “Terra Inc”. D’ailleurs, quel plaisir d’entendre du Terra Incognita associé à l’excellent Magma. Petite originalité ce soir, aucun titre de The Link. Il faut dire que désormais, le groupe a de quoi faire. Les textures sont splendides et les nuances de pourpre rose violet ambre sont un régal pour les yeux. Le rendu est remarquable d’intensité tant la conjugaison au niveau du visuel et du sonore est en symbiose.

La mise en place est fameuse et le solo de Mario – organique – achoppe sur un « Blow me Away » d’une puissance nucléaire, qui vient terrasser les derniers survivants. Impossible d’échapper aux coups de boutoir telluriques d’un Mario transpirant et habité par son instrument.

Selon moi, le meilleur concert de ce cru 2019, sans aucune hésitation.

Quand on repense à cette journée Mainstage 100 % plateau français, cela démontre la capacité des Français a occuper le terrain pour ces prochaines années et on se dit que l’avenir du métal passera aussi par la France et pas uniquement par les groupe suédois ou américain.


Seul point encore améliorable : la rotation des festivaliers le soir, tout simplement pénible à 2H00 du mat’. Aller du point A au point B peut s’avérer un vrai calvaire. Rideau.

Samedi 22 juin

Trepalium

 Je suis heureux de retrouver Trepalium sous la Altar ça faisait un bail que je ne les avais pas vu.

Ça joue et ça groove toujours autant. Seule différence : le chanteur. Mais là encore, rien à redire. « Fire on Skin » ou encore le très saccadé « Vesania » remplissent leur office. Tout fonctionne très bien. Dommage que le créneau soit si petit car ces quarante minutes passent très vite.

Sous la Temple sévit les néerlandais de Dool et sa chanteuse Ryanne, à la croisée de Patti Smith et de l’immense artiste, Sélim lemmouchi, du feu Devil’s Blood. Et pour cause, d’anciens membres font partie de l’affaire.

Dool

Guitare lancinante, voix criarde, batterie et basse ultra lourdes, le tout emmené dans un show hypnotique, illuminé et parfois totalement oppressant.

Dool

Ajoutez à tout cela, de la fumée et des décibels et vous avez un doom dark rock d’une très grande qualité. Envoûté par la voix de sa chanteuse et le côté profondément organique d’instruments aux sonorités garages, certains entrent en transe et d’autres semblent un  peu atteint par les excès de la veille. En effet quelques festivaliers jonchent le sol et semblent passablement  fatigués. Il faut dire que Dool n’arrange rien en proposant des titres brumeux « Vantablack » et même l’excellente repris de Killing Joke « Love Like Blood » ne parvient pas à sortir du coma certains zombies de l’apocalypse. En tout cas, je passe un très bon moment. J’adore cette attitude cynique de la chanteuse, cheveux gras, poils sous les bras, transpirante et grimaçante à souhait. La classe.

Allegaeon


Un peu plus tard je retrouve les américains Allegaeon, groupe de death metal technique intéressant mais trop roboratif à mon goût. 

Je m’en vais faire quelques emplettes sous les tentes du Metal Market et je constate qu’on y circule bien malgré le monde et la très grosse chaleur. J’en profite pour me payer une bonne grosse corne à bière
Cette journée de samedi est beaucoup plus éprouvante niveau chaleur, donc je me réserve et je ne le regrette pas.

Hell Square City

Deadland Ritual ! C’est quand même la classe. On va la faire simple : Geezer Butler, Matt Sorum, Steve Stevens, Franky Perez. Excusez du peu. Pas besoin d’en rajouter ! Un combo de rock sans chichi avec une section rythmique en béton. Pourtant le public ne semble pas bien mesurer ce qui se passe sous ses yeux. J’entends quelqu’un dire : « on dirait la gars de Black Sabbath ». J’ai des envies de meurtre. Les reprises du Sab « Symptom of the Universe », de Velvet Revolver et de l’immenses Billy Idol ne semblent pas réveiller certains écervelés qui poursuivent de plus belle à côté de moi en écoutant « War Pigs », « Heu…elle est connue celle-là non ? ». Le créneau est peut être mal choisi pour le combo. Concert réussi en tout point malgré tout.

Eagles of Death Metal

 les Eagles of Death Metal  tristement célèbre pour avoir été au première loge du massacre parisien au Bataclan proposent un show assez extraordinaire.

Eagles of Death Metal

Le rocambolesque chanteur et la bassiste, blanche comme un linge, lunettes noires et rouge à lèvre pétant sur la tronche, ont l’air de deux personnages sortis de Las Vegas Parano. Parfois ça s’engueule ouvertement sur scène et le spectacle continue devant une Mainstage pleine à craquer ! Je suis tout devant et je constate que la scène est franchement belle. Les « Don’t speak », le cover de Boots Electric « Complexity » et les excellents  « Heart On », ou encore « Cherry Cola » sont de véritables hit entonnés par une foule acquises à la cause des ricains. Le moment se fait plus grave lorsque le groupe fait une dédicace aux victimes du Bataclan, on voit encore des stigmates de cet affreux moments sur les visages, j’ai moi-même le coeur très serré. Des gens pleurent et franchement, je me dis qu’on a bien de la chance d’être encore là. Bordel.


Je pourrais résumer la philosophie de cette énorme show de Whitesnake en une seule phrase assénée par l’immense David Coverdale à la fin de ce concert : « Be safe be happy and dont let anybody make you afraid. Ca résume tout.

Dans un monde de fils de pute notoires et de lâches sans courage qui ne pensent qu’à leurs petits privilèges, je le sais, j’en ai croisé quelques uns ces derniers temps, le heavy du serpent blanc fait figure de culte. 40 ans de carrière, rien que ça. Contre vents et marrées, le capitaine est encore là et avec la pêche, la crinière blonde toujours sur sa tête! Des titres en veux-tu en voilà : « Bad Boys », « Slow’n’Easy », « Is this love », le dangereux « Still of the Night ». Que dire de plus ? Des bêtes de scène toujours vivantes, un Tommy Aldridge qui cogne comme si sa vie en dépendait, et des guitares heavy comme plus personne n’en fait. Quel pied.

Whitesnake
Def Leppard

Et là on se prend encore une légende dans le museau, puisque c’est le tour de Def Leppard de faire son apparition quelques minutes après les légendaires Whitesnake écrans géants qui balancent de la photo à tout va des 40 années de carrière du combo. On ne le dit pas assez mais quelle chance d’assister à ça. Et dire que cette totale effervescence, un jour ne sera plus… Une dose de classique rock assénée par des légendes pareilles qui haranguent avec autant d’assurance et de talent les kids depuis 40 piges au son de « Rocket », « Let it go », l’immense « Love bites » ou encore le géant « Hysteria » tout ça sans jamais sonner ringard !

Le groupe vient de se livrer à une véritable démonstration de talent. Chapeau donc.

Within Temptation

Within temptation draine toujours autant de monde. Il faut dire que le groupe parvient à transformer les essais années après années. Les albums s’adaptent à l’époque et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’en est passé du temps depuis le premier album. Aujourd’hui c’est Resist qui est à l’honneur et les titres font mouche : « Raise your Banner », mais aussi l’excellent « Stand by Ground » quelque peu revisité sans la présence de Mina Caputo, seul titre rescapé de l’excellent The Silent Force met le feu et c’est peu dire ! Sharon est splendide et solaire. Je ne sais pas comment fait cette femme pour être aussi belle d’année en année. Son énergie est tout simplement fantastique.  

festival

Je ne tergiverse pas pendant des heures devant ZZ Top je dois me restaurer avant le gros morceau de la soirée, Kiss. La circulation est tout simplement infernale sur le site. Les deux mainstage jusqu’à l’entrée des food trucks sont full ! C’est absolument atroce, on ne peut plus bouger. Je suis impressionné par ce monde. Il est clair que Kiss est attendu de pied ferme !

Kiss


Kiss déboulent sur des plateformes aériennes (!) et ça ne sont pas moins de quatre écrans géants qui distribuent la grand messe confèrent dans une énergie hallucinante. Franchement pour profiter pleinement du spectacle, il vaut la peine de se reculer au niveau de la régie.

Kiss

C’est au son de « Detroit Rock City » que le combo débute, comme à son habitude, les hostilités. Et de là, s’ enchaine un spectacle, pour ne pas dire une pièce de théâtre d’une grande qualité. La set-list à des allures de best-of. Ça cogne dans toutes les époques, de Detroyer, Creatures of the Night, ANimalize, Dynasty, Love Gun, Psycho Circus, Sonic Boom et j’en oublie…

kiss

Stanley décide de faire un coup de tyrolienne, et s’amène au milieu du public. Mais d’où vient ce putain de câble ? D’où vient cette énergie. Le gars à l’âge de mon grand père mais l’énergie de ma fille!

Je pourrai écrire un review rien que sur ce concert tant le moment fut dense. Je me rends compte, années après années qu’il y a de moins en moins de reportage papier ou sur webzine et de plus en plus de « Vlog » mais bordel, comment peut-on se limiter à du bavardage derrière sa « GoPro » après une telle quantité de qualité ? « War Machine » « Lick it Up » et son refrain entêtant ou encore le « Psycho Circus » ou un « Love Gun » interprété au milieu d’un public hystérique et un « I was made for lovin’You » pendant lequel monsieur Paul Stanley se paye le luxe de franchir près de 100 mètres sur un putain de câble ?! Que dire de ce moment au piano où Eric Singer vient nous montrer qu’il ne se contente pas cogner comme un damné sur sa Pearl!

Le final est dantesque et le feu d’artifice atomise une foule à genou. Bordel de merde, qu’est ce que Manowar n’a pas obtenu du festoche ? Cette question tourne en boucle dans mon crâne. En voyant le concert de Kiss je me suis rappelé ce que voulait dire « faire le show ».

Je dois malheureusement aller me coucher car la journée de demain risque d’être difficile.

Dimanche 23 juin

Il me faudra écourter quelque peu la journée de dimanche mais aujourd’hui je ferai honneur à l’émerveillement que procure la musique brutale. Il faut le dire, il y a quelques poids lourds cette année, une fois de plus.

Psycroptic

Les australiens de Psycroptic officient dans un style brutal, technique, mélodique mais sans concessions, que cela soit dit. Je me régale car les guitares sont de la dentelle enrobée de blast déchainés. La particularité repose sur des tempi hyper rapides et des saccades schizophréniques qui mettraient la migraine à un rocher.

Psycroptic

« Ob(servant) », « Cold » et « The World Discarded » mettent les pendules de la Altar à l’heure de la violence. Les grimaces menaçantes du chanteur n’arrangent rien à l’affaire, le groupe est chaud bouillant et le pit carrément en feu. Il n’est pas question de se péter la gueule par terre sous peine de passer un sale quart d’heure.

Bliss of Flesh

Les nordistes de Bliss of Flesh ont du foutre la trouille à plus d’un garenne présent. Le black Metal rituel du combo a un visuel assez prenant. En effet dès le début du concert on assiste à un sorte de cérémonie puis rapidement « Penitent » ou encore « Apokalyptic Fields » et leurs rythmiques crasses donnent le ton. Les invocations et regards ténébreux du chanteur Necurat ainsi que les tenus de cénobite, sorties tout droit d’Hellraiser, rajoutent à tout ceci une ambiance macabre du plus bel effet. Un très bon moment passé en leur compagnie, qui prouve, avec Aorlac, que le black metal français en a assurément sous le capot.

Messa

Messa est un combo italien emmené par un guitariste à chemise hawaïenne lunettes noires sur la tête, permanente impeccable, dont l’une des cartes maîtresse et d’arriver à jouer certaines compo sans basse !

Messa

 Il faut dire que la grosse caisse et d’une lourdeur infernale, je suis devant et j’ai une descente d’organes à chaque coup de kick. La voix cristalline et sirupeuse de la chanteuse est une invitation au voyage. C’est un plaisir pour les oreilles on ne sait pas trop dans quel registre classer le groupe : psychédélique, stoner, post-rock avec parfois un petit côté indé, malgré tous les guitares reste heavy, et là aussi, à en juger par les personnes qui sont à côté de moi, les yeux fermés en train se déhanchant comme des pantins désarticulés, La mayonnaise prend, c’est évident.

Cemican

La bonne surprise nous vient du Mexique et se nomme Cemican. Un groupe dont je ne saurais dire combien ils étaient au juste sur scène… En activité depuis près de 15 années et fort de trois albums, le combo est emmené par un chaman, des plumes, des instruments traditionnels tels que des coquillages, des flûtes, des percussions ; le tout chanté dans la langue de Garcia Marquez !

Cemican

Très belle surprise donc !

Le public semble autant conquis qu’interpellé et abasourdi par l’originalité du combo qui parvient à créer un métal original sans pour autant se départir des éléments culturels et sonore mexicain traditionnel, et sans tomber dans la blague potache. Je vous conseille vraiment et vivement d’aller jeter un œil. C’est aussi cela le Hellfest : un lieu de découverte.

Devourment

Le Kansas a Devourment! La campagne profonde de cet Etat explique peut-être la lourdeur des riffs poisseux ,lourds et denses comme les bras de son guitariste! Je fais partie de ceux qui avaient eu la chance de découvrir Butcher the Weak lors de ma jeunesse, alors c’est incroyable de voir le combo, en vrai, là, sous mes yeux, exécuter en vrai, un brutal death sans concession. La ferveur du public à cette heure de la journée (14h30) est sans pareille. Le public connait par coeur les titres des ricains et, une fois de plus, un peut mesurer toute la loyauté de fans de metal extreme. Il faut le dire : Devourment n’est pas exactement un groupe accessible en terme de sonorités. Croyez-le bien, à côté, Cannibal Corpse sont de vrais poètes ! Le brutal death grind original est très bien emmené, avec certainement la voix la plus rauque du circuit extrême. Personnellement j’attendais beaucoup de ce groupe, le son est impeccable et au niveau du visuel, pas de chichi, pas de communication, pas de décoration, nada. Rien. Juste un très gros niveau technique et son qui tabasse la gueule.

Devourment
Hell City Square
Espace Vip

S’en est malheureusement fini pour votre serviteur qui doit repartir un peu plus tôt que prévu mais cette édition 2019, est, à mon sens, la plus réussie à laquelle j’ai pu assister.

Bravo et merci à toute l’équipe du Hellfest. Salutation à Roger, Anthony “Tyty”(félicitations à vous quatre;)), les excellents Killer On The Loose, Rock Hard France, Alex dit “grandes chaussettes”, Gilles Lartigot pour ton temps et ta gentillesse.

Manom”omar” m’a tuer…

#hellfest #2019 #festival

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One comment

  1. Merci pour ce reportage complet et exhaustif.

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