John Dear

En Suisse Romande, si vous parliez de « John Deere » à quelqu’un, il y a de fortes chances qu’on vous faisait une théorie sur un beau tracteur. Enfin, jusqu’à l’année dernière, car maintenant il faut compter sur « John Dear » un duo composé de Catia Bellini et de Guillaume Wuhrmann qui ont fait leurs armes musicales avec le groupe Zorg il y a déjà quelques années. Pour ce nouveau projet, les deux compères ont radicalement changé de style avec un rock garage, indie et bluesy à souhait. Pour faire court et vous pouvez le lire partout, John Dear est un subtile croisement entre les Black Keys et les Whites Stripes. Ces comparaisons peuvent paraître assez faciles au premier abord, mais franchement il ne vous faudra pas bien longtemps pour comprendre que c’est ainsi et que c’est la vérité vraie. Une batterie, une gratte et une (ou deux) voix. Et parfois quelques cuivres en plus (Rust & Stardust) histoire d’étoffer tout ça.

Quelques secondes sur "Heavy Dance" et c’est parti… On se fait happer par le groupe dans un tourbillon de rock bluesy et groovy. C’est carré, c’est binaire, c’est simple, mais c’est foutrement efficace. "Beautiful & Damaged" poursuit et nous fait hurler « I Love You America ». Les riffs sont terribles, on ne s’en remet pas vraiment. On transpire la bière chaude et ce rock made in US nous fait littéralement voyager au pays de l’Oncle Sam. En 4ème plage on se croirait presque en compagnie des Dead Weather, c’est vous dire à quel point ça tape juste.

En milieu d’album il y a un titre instrumental et quelque peu atmosphérique (The Ghost Road). Peut-être histoire de reprendre notre souffle, car dès la 6ème plage et jusqu’au bout on repart dans ce désert du far-west à coup de riffs telluriques et d’ambiance blues-rock. "The Gunshot Wedding" a même une petite touche soul-rock qui n’est pas déplaisante. Si de nombreux groupes essaient le coup du « duo blues rock », ils ne sont pas si nombreux à réussir et à perdurer. FAR DOWN THE GHOST ROAD  est typiquement le genre d’album qui pousse l’auditeur à faire du air guitare ou du air batterie. Ce qui est plutôt bon signe.

Au final, un album excellent qui suinte bon l’Amérique profonde, mais qui reste fidèle à certaines valeurs suisses comme nous le prouve le superbe titre "Federer". Et oui, ils ont osé !  

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