mercredi , 13 novembre 2019
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Izia

Amalgame


La nouvelle révélation de la scène rock française était de passage par l’Amalagame d’Yverdon. L’occasion de voir cette jeune artiste était une chance à ne pas manquer. Retour aux sources.

 

 

 

L’année ne pouvait pas mieux débuter. Izia annoncée à l’Amalgame, quelle bonne surprise. Mais d’abord, revenons quelques mois en arrière, là où tout a commencé. Feuilletant mon magazine mensuel, je lis et apprends avec étonnement que la fille de Jacques Higelin fait de la musique et en plus du rock. Le père, j’ai plus de 25 disques, je l’ai beaucoup écouté, aimé, je lui ai même serré la main il y a quelques années à Morges après un concert. Bref, je suis adepte. Un homme entier, fou, créatif, avec ses qualités et des défauts, mais un vrai musicien intègre avec un cœur gros comme ça. Tout de suite me reviennent les paroles de cette superbe chanson “Ce qui est dit doit être fait”, où notre ami Jacques déclame son bonheur sur la naissance de sa fille (Le vingt-quatre neuf quatre-vingt-dix, ma p’tite gonzesse a vu le jour dans la nuit….). Une chanson écoutée des dizaines et des dizaines de fois. Et voilà que la p’tite gonzesse devient une jeune fille et fait de la musique. C’est sûr que quand on a Jacques Higelin comme papa, Arthur H comme demi-frère, il y a peu de chance que l’on fasse aide-comptable comme boulot. La musique s’imposait presque comme une évidence. Mais la petite Izia, ne suit pas la voix royale de la chanson française tracée par les mecs de sa famille, elle fait du rock et en anglais.

Très tôt sur scène et très vite avec des artistes prestigieux, comme une première partie d’Iggy Pop à 16 ans, la jeune artiste démontre des qualités scéniques remarquables. L’année dernière, elle sort son premier album, un disque remarquable dans la pure tradition 70’s, du pure rock n’roll sans fioriture, c’est plus que prometteur.

 

L’âme de Janis planait pas très loin de la chanteuse.

 

Après une première date en Suisse au Paléo cet été, la voici en ce début d’année à Yverdon-les-Bains. La neige tombée en masse durant la journée n’a pas réussi à démotiver le public et encore moins la jeune chanteuse qui arbore une tenue très légère et sexy. On comprend vite pourquoi Izia est souvent comparée à Janis Joplin. La puissance vocale et le jeu de voix font véritablement penser à la chanteuse américaine. Sans parler de l’attitude, car quand 2 ou 3 petits malins ont crié des « A poil » ou fait des commentaires douteux, la chanteuse a su assez subtilement leur répondre et n’a en tout cas pas montré des signes de malaise. Il faut admettre qu’elle a de qui s’inspirer avec un papa comme Jacques Higelin. C’est quand même lui le roi pour improviser, pour partir dans des délires poétiques et pour répondre au public. L’art de la rhétorique, on connait chez les Higelin.

 

Izia a donc joué les titres de son album, rien d’étonnant à cela. Dans la pure tradition rock n’roll, elle a su s’amuser avec le public, les avec et les sans soutiens-gorges ont pu crier à tue-tête. Elle a placé quelques passages plus instrumentaux dans des titres, pour ensuite pouvoir faire une montée en puissance. Toujours dans la pure tradition rock n’roll, elle a balancé au sol une cymbale et a fait valser quelques fois son pied de micro.

 

 

 

Dans les titres de la playlist les spectateurs ont pu apprécier entre autre “Back In Town”, “Let Me Alone”, le tubesque “Burning” et surtout le très touchant “Sugar Cane”. Dernier titre de l’album, très calme, mais d’une beauté redoutable. J’en tremble encore.
La charmante Izia a aussi gratifié son public d’un superbe blues a capela sans micro. L’âme de Janis planait pas très loin de la chanteuse.

On retiendra de cette soirée ce beau sourire, cette jeunesse, cet esprit rock n’roll à mourir et surtout le temps qui passe. La p’tite gonzesse de Jacques Higelin fêtera ses 20 ans en septembre, mais je n’ai pas fini de chanter le jour de sa naissance dans ma salle de bain.


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