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Impetus

Coup d'œil sur la prog

Lausanne (CH), du 22 au 24 avril 2011


PREVIEW Festival des cultures et musiques divergentes…
En avril, la France
et la Suisse
romande battent en chœur la chamade : la seconde édition s’approche, après
une proclamation de programmation à se pourlécher les babines à longueur de J
moins jour J. Né des esprits tordus s’ébrouant dans des salles sombres dont le
Romandie de Lausanne, l’Impetus cherche à nous faire quitter les sentiers
battus, proposant de manière transfrontalière des groupes de qualité qu’on
trouve difficilement sur les présentoires de la Fnac. 
Mais ce n’est pas tout : le bougre flirte aussi
avec le cinéma expérimental, les documentaires et bien d’autres choses
ténébreuses et mystérieuses…

 

“Du bricolage sonore brilliant à ne pas mettre dans toutes les
oreilles”

Ainsi, à Lausanne, ce sera du 22 au 24 avril
prochain, juste après que plein de groupes avec des « blood »,
« dead », « skeleton », « morbide » dans leur nom
auront rasé les contrées tout juste florissantes de France. A quoi a-t-on droit
pour 2011 ?

L’ouverture se fera au Romandie, et on commence
avec du local : MONKEY3, groupe lausannois né au début de la décennie passée,
réputé pour l’aisance scénique et technique de ses quatre membres. On commence
aussi avec du pas commode : proposer du stoner-rock instrumental, faut
oser. Mais les épices psychédéliques qu’ajoute Monkey3 à sa mixture pourraient
en séduire plus d’un-e. Même soir, mêmes planches, toujours dans le
black : les américains de  LITURGY
et les canadiens de NADJA tenteront de prouver que le métal a ses variances
intellectuelles et sa finesse…

Côté Bourg, on se la joue tout assi exubérant
avec MASTER MUSICIANS OF BUKKAKE (alors je vous invite à regarder ce qu’est le
bukkake sur internet, c’est charmant) : groupe à géométrie variable, où se
cache deux membres de Earth, on reste dans le doom metal, avec des tempos lents
et plus d’ouverture quant aux instruments. 
Né en 2003 à Seattle, MMOB détient son propre univers, marqué de transes
rituelles, de dérapages cosmiques et de jeux visuels délirants.

 

“Transes
rituelles, dérapages cosmiques et jeux visuels délirants”

Le 23 aux Docks, encore du ténébreux made in
Switzerland : CORONER. Le trio zurichois est déjà bien connu dans les
soubassements fumeux et metalleux de notre pays. Les français de HACRIDE ont
aussi du répondant, proposant un metal se laissant parfois tranquilliser par
des mélodies angoissantes. Ça va secouer du cheveux !

Au Romandie, on aura droit à un peu de soleil
de San Francisco avec la venue de DEERHOOF! Deerhoof peut sembler le groupe le
plus accessible de cette programmation, plus grand public. Pas sûr : si
les accents pop de certains de leurs tubes peuvent le laisser penser, Deerhoff
c’est surtout du bricolage sonore brilliant à ne pas mettre dans toutes les
oreilles. Dans un esprit sauvagement « do it yourself », le lo-fi
trouve ici un dernier représentant tenace. Le noisy-rock n’est pas loin, malgré
la douceur de la voix de la japonaise Satomi Matsuzaki : le groupe a la
réputation d’être généreux en live, de ne pas s’enfermer dans ses carcans,
d’assurer joliement malgré l’aisance inégale de ses membres aux instruments.
Deux autres ovnis sur la piste : DISCO DOOM, fer de lance de la scène indé
suisse, a déjà défendu ses mélodies qui sortent du terrain du rock dans les
salles sombres ricaines, lors d’une tournée passant par Seattle (où ils ont
enregistré un de leurs opus) ou New-York. EXTRA LIFE nous présentera son son
particulier né à Brooklyn, balançant entre musique de chambre et touches de
rock convulsif.  Le tout très déroutant
avec des cassures de rythmes et des instruments à vent semblant résonner de
loin.

 

“Du ténébreux made in Switzerland”

Pour la dernière soirée, au Bourg, ô surprise,
on a droit à EARTH, que j’ai cité plus haut. On a là un pionner du rock
expérimental, né dans les bafonds américains en plein 80’s. On doit à Dylan
Carlson l’invention du drone, cet effet de bourdonnement dont sont adeptes par
exemple The Black Angels. Leur drone doom, plus minimaliste, assurera une
ambiance spectrale dans un cadre ma foi tout à fait adapté. Finalement SABBATH ASSEMBLY
ferme cette chronique, sur un ton empli de religiosité : dépoussiérant et
revisitant les vieux hymnes de la Process Church of the Final Judgement, optant
pour l’improvisation collective, cette étrange troupe nous balanceradu psychédélisme
dont il n’est pas sûr qu’on se relèvera.

Très éclectique, cet Impetus 2011, mais très
épris d’atmosphères mystiques.


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