dimanche , 18 novembre 2018
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Buddy Guy et soirée Blues @ Jazz à Vienne

Born to Play Guitar


Cette année, le festival Jazz à Vienne ; institution musicale qui se déroule pendant un mois dans plusieurs points de la ville au sud de Lyon, à choisis de recevoir une équipe de chroniqueurs Lordeux pour couvrir l’événement exceptionnel qui a lieu le dernier soir du festival. Il s’agit de la soirée Blues qui ne présente rien de moins que la légende vivante du Blues, le Guitar Hero aux multiples Grammy Awards et à plus de 50 albums : l'immense Buddy Guy en tête d'affiche. 3 concerts sont prévus ce soir, le jeune guitariste Sheldwyn Birchwood, la reine de la Soul & Rock Shakura S'aïda, et biensur Buddy Guy pour le show final.

Le concert se déroule dans le théatre antique, un endroit magnifique à la très bonne acoustique qui ce soir est remplis et est plein à craquer ! Sheldwyn Birchwood et son groupe ouvrent la soirée. Ils viennent présenter leur son typique à l'américaine. Un peu de funk, un peu de Rythm n' Blues, et de blues classique biensur. Le jeune Sheldwyn sait faire hurler sa Gibson ES 335. le groupe de 4 musiciens contiens un Saxophoniste bariton. C'est d'ailleur une particularité de leur groupe, les questions réponses – Guitare Saxophone s’enchaînent pour le meilleur de leurs morceaux. Le groupe se retire, et c'est une première standing ovation, tout le théatre antique rappel le groupe avec ferveur. C'est suffisament étonnant pour être relevé, d'autant que ce n'est « que » le premier show de la soirée. Le public est déjà chaud, et Sheldwyn à mis le feu. Rappel donc, pour un morceau en Lap Steel, qui démarre Blues à l'ancienne, et qui va finir sur un clin d'oeil à Howlin' Wolf et dans des riffs Rock qui font une nouvelle fois se lever le public entier dans un dernier au revoir.

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La nuit commence doucement à tomber, c'est le groupe de Shakura S'aïda qui s'avance et démarre sur un riff puissant. Shakura s'avance en habits de lumière, sensuelle et très classe, et elle va mettre le feu d'entrée avec un très grand ROCK N SOUL DIVA. Elle présente son nouvel album avec quelques titres, puis avec GITCHY WOMAN elle joue avec le publique et fait chanter avec ferveur le théatre antique. Une reprise de Nina Simone va adoucir l'ambiance. I WANT MORE, interpreté avec une force calme et pleine de sentiments à l'image de ce que pouvais produire Nina Simone. De bons moments et quelques fulgurances solistes de la part du guitariste du groupe. Le clavieriste, qui est français, se fait à son tour remarquer par quelques envolées musicales, même si le mix et l'acoustique de l'endroit ne le mettent pas en valeur dans le reste du concert. DON'T YOU WALK OUT THAT DOOR viens clore l'heure de concert. Un des titres de leur album, et une sortie à l'image de leur entrée : explosive ! Le publique ne se fait pas prier pour une nouvelle Standing Ovation.

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Il est 23H15, c'est l'heure du show ! Le théatre cris à plein poumons BUDDY, BUDDY, et les membres du groupe s'avancent enfin sur la grande scène du festival. Le premier riff démarre dans le noir, c'est bien sur DAMN RIGHT I'VE GOT THE BLUES, et Buddy Guy s'avance enfin dans la lumière pour démarrer sur un solo de fou bille en tête. Le public qui est très chaud réagi aux moindres folies de Buddy derrière son micro. Il fait d'ailleurs le show dés les premières minutes, 5 LONG YEARS et c'est l'occasion pour lui de nous sortir ses mimiques et ses gestes uniques qui participent à exprimer ce blues et ont fait la réputation du type. Buddy n'est pas seul à gérer le concert, et il le fait savoir, puisque Ric Jaz, son guitariste prends à son tour un solo long et puissant dés les premières minutes du show. Gros niveau technique, qui mix beaucoup de styles, jusqu'au « taping » façons métal sur cette gratte toute en disto. Il finis en la faisant tourner sur elle même façons ZZ TOP. Les notes d'HOOCHIE COOCHIE MAN se font entendre, et le public par des cris et des « yeah ! » montre son approbation. Buddy tente de faire chanter le public sur le premier couplet, mais n'y arrive pas, puis arrête le morceau presque vexé. Il nous dit en anglais, qu'il n'est pas venus ici pour nous laisser « Fuck this up » cette chanson de Muddy Waters. En précisant que sans l'apparition du Hip Hop après le Blues, jamais il ne se serait permis de prononcer ce genre de mots. L'anglais n'est pas le point fort du public viennois, mais la seconde reprise de cette chanson se fait plus melodieuse, et c'est partis pour une interpretations d'une quinzaine de minutes, laissant place aux solos de clavier, de guitare, et à la voix unique de Buddy.

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C'est l'occasion de rappeler que Mister Buddy Guy en est quand même à sa soixante dix neuf hième année, et qu'il va fêter ses 80 ans dans quelques mois. Son historique est riche et ce qu'il apporté à la musique – notament l'inspiration d' Hendrix lui même et de beaucoup d'autres, et ses collaborations avec les pionniers du Chicago Blues, Willie Dixon, Muddy Waters et Junior Wells – font de lui un monstre du Blues et du Rock. Eh bien, je dois quand même avouer, qu'a 79 ans, je n'imaginai pas qu'il soit capable de nous fournir un tel show ! Un tel niveau technique de guitare, véritablement maîtrisé, et une voix, si unique, tantôt puissante, tantôt dans la nuance sentimentale, tantôt dans le jeu avec le public. C'est bluffant ! Et sa tournée actuelle contient près de 80 dates… 79 ANS ! 80 DATES ! Bref, ce soir à Vienne, Buddy et le groupe sont en grande forme. C'est l'heure pour eux de passer à un autre moment du spectacle. En roi du blues qu'il est, et du haut de ses bientôt 80 ans, Buddy choisis de s'adresser au public dans une sorte de cours de musique pendant plusieurs minutes. Comme si il répondais à une question d'interview devant le théatre antique au complet : Quelles sont vos plus grandes inspirations ? Les riffs que tout le monde devrait travailler ? Et qui est le meilleur guitariste au monde ?
Buddy nous raconte son expérience via les riffs de John Lee Hoocker – BOOM BOOM, de Marvin Gaye à la Motown, biensur de Muddy Waters en nous expliquant que Jimi Hendrix n'a rien fait d'autres que d'accélerer le riff de ROLLIN' STONE. Un clin d'oeil à Eric Clapton avec STRANGE BREW. Puis Buddy et le groupe retournent sur leur repertoire pour un SOMEONE ELSE WAS SLIPPIN' IN mémorable, avec un tour de prêt d'1/4 d'heure de Buddy Guy dans le public à la guitare Et au chant. Ce type est incroyable, le blues et la guitare ont vraiment l'air de garder en condition ce papy de la culture. Retour sur scène, et c'est la dernière partie du show qui commence. L'occasion pour Buddy Guy de démontrer à quel point il maitrise sa guitare. Il fait des solos avec une baguette de batterie, il pose sa guitare sur un coin de la scène et commence à jouer en tapant avec une serviette dessus, biensur il joue avec les dents, par derrière, sous les jambes…. putain … 79 ans !!! Et tout ce qu'il fait est incroyable ! Toujours sous fond de cours de musique, il reprend ses clins d'oeils. Howlin' Wolf, Steevie Ray Vaughan, et demande au public qui est le meilleur guitariste au monde. La réponse ne se fait pas attendre : BB KING, et c'est l'occasion d'une reprise de SWEET SIXTEEN, avant d’enchaîner sur un SUNSHINE OF YOUR LOVE entremêlé avec VOODOO CHILD (Eric Clapton, puis Jimi Hendrix). Bref, si vous cherchiez le meilleur guitariste toujours vivant, il est peut etre là, sous nos yeux, et quel showman ! DO YOUR THING, issu de leur dernier album, comme une invitation finale à prendre en compte ses cours de musique, puis à notre tour, d'aller simplement répandre le Blues, le Rock, la guitare et la bonne humeur partout ou nous le pourrons en suivant les paroles « fait ton truc ». Buddy Guy nous salue, il distribue des mediators pendant quelques minutes et nous remercie d'être venus les entendre ce soir avant de disparaître hors de scène. Le groupe termine alors le BLACK MAGIC WOMAN de Santana qui étais en cours et c'est la fin d'un show qu'on est peut être pas prêt de revoir aussi rapidement. Peut être même plus jamais. Buddy Guy, sur scène, c'est quelque chose d'incroyable, il a de quoi faire réver beaucoup d'artistes encore aujourd'hui, simplement en se disant… putain, si à 80 piges je suis capable de jouer comme ça, et de chanter comme ça, et de faire le show comme ça, et de gérer le groupe et de …. bref ! Bravo Mister Buddy Guy et merci Jazz à Vienne pour ce moment.

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