Monday , 21 September 2026

Foo Fighters, la tarte dans la tronche qu’on n’attendait plus

On ne va pas se mentir : depuis la baffe monumentale de Wasting Light en 2011, j’avais un peu garé les Foo Fighters sur le bas-côté de mes playlists. Pour moi, cet album reste leur chef-d’œuvre absolu de crasse et de rock brut. Entre la violence abrasive de “White Limo”, l’urgence de “Bridge Burning” ou les envolées lyriques d’un “Dear Rosemary”, c’était ce qui se faisait de mieux à l’époque. C’était aussi le Dave Grohl qu’on aimait : celui qui lançait le concours de clips foireux “This Video Sucks”, qui partait faire le bœuf dans le garage des fans ou qui se déguisait en routier pour hurler “Keep It Clean” sur un camion devant les manifestants de la Westboro Baptist Church. Bref, l’alliance parfaite du génie musical et de l’esprit sale gosse.

Depuis, l’âge et les stades ont fait leur œuvre. Dave et sa bande semblaient être devenus un poil trop policés, un poil trop “gendres idéaux du rock” avec des prods un peu tièdes. Je craignais que la hargne ne soit définitivement restée dans les années 2010. Mais que nenni ! Avec leur 12ème album, “Your Favorite Toy” (sorti ce 24 avril), les Foo Fighters ont visiblement décidé de ressortir les crocs et de nous remettre une tarte.

C’est un disque qui se construit sur les ruines de ces dernières années pour en faire quelque chose de profondément nerveux. Dès les premières secondes, avec “Caught In The Echo”, on sent que la machine a retrouvé ce grain de sable, ce côté corrosif et saturé qui ne cherche plus à brosser tout le monde dans le sens du poil. C’est cradingue par moments, et ça nous replonge dans cette urgence électrique qu’on n’avait pas ressentie depuis que Butch Vig les avait enfermés dans un garage pour enregistrer sur bandes analogiques.

Dave hurle à s’en faire péter les cordes vocales, les guitares se rentrent dedans sans demander pardon, et la batterie (orpheline de Taylor Hawkins) cogne avec une rage salvatrice. Ca va à fond la caisse, c’est une décharge, certes un poil moins violente que celle d’il y a 15 ans, mais elle fait un bien fou. C’est du Foo Fighters qui a retrouvé ses couilles et son âme de gamin de Seattle, loin du confort des derniers opus.

C’est limite une renaissance. Dave Grohl nous rappelle qu’il est imbattable quand il arrête de vouloir être le type le plus sympa de la planète pour redevenir le musicien hargneux qui nous a tant fait vibrer. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on va pouvoir vérifier tout ça en live d’ici à peine un mois. Le groupe sera à Paris La Défense Arena le 12 juin prochain. Inutile de vous dire de vous ruer sur les billets : le show est déjà complet depuis des lustres. Pour les chanceux qui ont leur précieux sésame pour Nanterre, préparez les bouchons d’oreilles et les baskets. Si l’énergie sur scène est à la hauteur de cette galette, ça risque de tanguer sérieusement dans l’immensité de l’Arena. De mon côté, je commence déjà l’échauffement des cervicales. On se voit là-bas ?

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