Monday , 21 September 2026

Carpenter Brut – Leather Temple –

Le son des racines du mal est de retour. Dix titres pour un total de 38 minutes de scénographie horrifique autour du thème « fétiche » — elle était facile, celle-ci — du cuir. Ultime pièce du triptyque « Leather », où le décor musical reste le même que dans le premier opus de 2018 : rythmiques pesantes, déclamations brutes, vibrations des basses, jolies combinaisons diverses et variées entre le clavier de Franck et la batterie, qui délivrent un ensemble angoissant à souhait.

Leather Temple est un disque étouffant, métallique, froid et redoutablement efficace, comme le fut en son temps le premier-né de la série, dès les premières notes d’« Ouverture ». Si le second opus m’avait clairement moins convaincu, cette troisième livraison fait méchamment le taf, il faut le dire.

Je me souviens d’un set au Hellfest en 2023 : redoutable et étouffant, il avait vu une Mainstage, à une heure du matin, se transmuter en boîte de nuit géante.

Le disque jongle habilement entre guitares tranchantes et dynamiques robotiques. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la couture est fine. Les sons utilisés déclenchent des sueurs froides, et la rythmique, plus pesante que jamais, est au service d’un disque que l’on imagine taillé pour la scène. Et cela tombe bien : Carpenter Brut amorce une tournée pour les prochains mois.

« Major Threat » déploie cet univers très cinématographique, lent et imagé, avec des sons redondants et des guitares très marquées années 80. « She Rules the Ruins » accentue encore ce côté très apocalyptique, où l’on imagine parfaitement un bolide filer à travers la nuit dans un décor cyberpunk post-apocalyptique. À noter que la pochette de ce très beau digipack est particulièrement soignée : néons, biomécanique, clavier, casquette en cuir… Bref, tous les gimmicks du groupe sont présents.

D’ailleurs, en parlant de néons, « Neon Requiem » et son côté rétrofuturiste accentuent davantage le travail au clavier, tout en gardant ce je-ne-sais-quoi de moderne dans l’enveloppe générale du son, sans jamais paraître ringards.

L’album se conclut sur le très synthétique « The End Complete » — qui, pour le coup, n’a rien à voir avec Obituary, hein ? Désenchanté et désincarné, le morceau indique clairement une direction moins métallique, plus froide et davantage ancrée dans l’univers électronique si cher à Franck Hueso. Le titre se termine avec ce je-ne-sais-quoi de wagnérien et ce côté grandiloquent qui annoncent à la fois la fin et le début d’une nouvelle ère.

Une très belle réussite pour conclure le dernier volet d’un chapitre ouvert il y a maintenant huit ans. Chapeau.

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