Monday , 21 September 2026

Paléo 2026 – The Cure, Gorillaz et les autres

REVIEW – Une autre année, un autre Paléo, le 49ème, enfin nous y sommes. Une nouvelle programmation, un nouveau voyage musical, fait de découvertes et de rencontres. De nouvelles propositions ludiques, gustatives, sensorielles, scientifiques (Merci HES-so) mais le même accueil, la même chaleur, le même esprit : l’esprit Paléo (Bambouléééé). Ce festival au milieu de l’été que l’on attend chaque année comme un vieil ami. Un ami qu’on connaît depuis longtemps, qui nous soûle parfois avec ses habitudes ou ses manières, mais qui nous réconforte comme personne d’autre et qui nous fait du bien. Cet ami avec qui on partage tant de souvenirs, d’expériences communes et de tumultes de jeunesse. Le temps passe, mais le Paléo ne vieillit pas. Retour sur ces 6 jours de festival.

Ce n’est pas évident de résumer près de 200 concerts/prestations en un article. Vous imaginez bien que nous n’avons pas pu tout voir, et cela n’aurait aucune sens. L’avantage du Paléo c’est d’ailleurs de pouvoir composer son programme, comme l’on pourrait composer son menu dans un bon restaurant. On choisit quelques artistes ou quelques bouts de concerts en entrée. En plat de résistance, on va se placer pour bénéficier de l’entier de l’assiette et en dessert on grappille quelques bouts par-ci, quelques bouts par-là, par gourmandise. Il arrive qu’on se laisse tenter par une découverte et qu’on tombe sous le charme ou on contraire, qu’on parte après 5 minutes. Avec tout ce qu’il y a sur la carte, nos coups de cœur penchent un peu plus sur la scène rock (et oui !) que sur d’autres choses. Et il faut bien avouer que ce cru 2026 n’est pas des plus rock n’roll… Enfin bon, la cible du paléo reste un public jeune et dynamique et sur le nombre d’artistes, il y a chaque jour quelque chose qu’on se réjouit de voir et d’entendre.

Parmi les moments attendus, il y a naturellement The Cure pour une 5ème venue à Paléo. Le groupe n’a pas déçu. Une entrée discrète, presque timide de Robert Smith, qui devant cette foule nombreuse se contente de faire son job. N’oublions pas qu’il est un excellent guitariste et ses parties musicales ne sont pas de la figuration comme pour certains frontman de rock. Petit à petit le concert monte en intensité, ils parcourent leur discographie, mettant en avant leurs morceaux phares. « In Between Days » et « Just Like Heaven » font grimper l’ambiance d’un ton après une heure de concert. Robert Smith a pris de l’âge, comme tout le monde me direz-vous, et à bientôt 70 ans il n’est pas tout simple de garder un look et une allure new-wave qui lui allait si bien dans les années 80-90. Heureusement pour lui, il n’a rien perdu en termes de vocalise et en jeu de guitare. Sa prestation est magnifique et généreuse. Il est souriant, semble très content de partager ce moment à Nyon et l’enchainement de tubes après le rappel vaut le détour. « Lullaby », « The Lovecats », « Friday I’m in Love », « Close to me » et naturellement « Boys don’t Cry » qui clôt ce concert de manière attendue mais magistrale. Saluons également l’imperturbable Roger O’Donnell aux claviers et le ténébreux Simon Gallup à la basse.

Un autre grand nom de cette édition était bien évidemment la venue de Damon Albarn et de son side projet Gorillaz. Le groupe (ou le collectif ?) était déjà venu en 2018 et depuis, 3 albums ont vu le jour, dont le petit dernier THE MOUNTAIN qui a largement été plébiscité pour cette tournée. Le titre éponyme de l’album lance d’ailleurs les festivités. Ambiance hindoue, flûte, 14 musiciens sur scène et le visuel animé avec les personnages que l’on connaît depuis le temps. Damon Albarn et une partie des musiciens sont en mode guérillas avec leur look treillis militaire. Assez rapidement le tube « 19-2000 » vient faire honneur au tout premier disque et remuer la nombreuse foule présente devant la Grande Scène. Le concert s’intensifie en 2ème partie avec de nombreux featuring. L’efficace « Stylo » avec Yasiin Bey (Et Bruce Willis en visuel), « Damascus » et « Dirty Harry » offrent une pause à Damon. Il revient pour l’hommage à la chanteuse et actrice indienne Asha Bhosle, avant d’enchainer sur les 2 tubes « Feel Good Inc » et « Clint Eastwood » qui viennent mettre un point final à ce concert. La créativité, le son, le visuel et l’éclectisme de Gorillaz sont toujours à mettre en avant.

Bon, quoi d’autre ? Vous voulez qu’on parle du concert de Katy Perry ? Il y aurait tellement à dire et en même temps, est-ce que cela a sa place sur Lords Of Rock ? Ça reste quand même le gros coup de ce Paléo 2026, soyons honnêtes. On peut résumer tout cela à un gros show à l’américaine, avec une personnalité autant énervante qu’attachante. Ça va dans tous les sens, la chanteuse est généreuse avec son public et en fait des tonnes. Entre chaque chanson, elle nous fait des théories pas possibles, sur sa vie, son tour dans l’espace, sa fille (avec Orlando Bloom) son chien, son amoureux (Justin Trudeau), son physique de quadra etc… Tiens, elle n’a pas parlé de la relégation de West Ham en seconde division anglaise ? Il semblerait pourtant qu’elle soutienne les Hammers. Bref, oui une vie de grande star américaine multimillionnaire, limite excentrique. Et en même temps, elle passe la fin de son concert à faire des selfies et signer des autographes avec des ados à la limite de la crise de nerf ou de l’évanouissement. Trop sympa. Sur scène, c’est spectacle total avec un décors moderne (ordi géant, téléphone géant, et bouteille géante dans laquelle elle finira à rouler sur le public) et des danseurs affûtés. Et musicalement ? Ben c’est de la pop qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça fonctionne auprès d’un public assez jeune.

Chaque année, il y a une région du monde ou un pays qui est invité et qui occupe l’espace du Dôme avec ses concerts et sa cuisine sur la semaine. Cette année, c’était la Scandinavie qui était à l’honneur. On a donc pu découvrir tout un tas de formations et d’artistes traditionnels suédois, norvégiens, finlandais et danois. Souvent avec des flûtes, violons, guimbardes, contrebasses et d’autres instruments uniques. Mais là où Paléo a fait fort, c’est aussi d’inviter un groupe de black métal norvégien (et oui forcément !) pour 2 soirées. Witch Club Satan, un groupe 100% féminin et féministe. C’est une formation qui a peut-être d’avantage sa place au Hellfest qu’au Paléo, mais il faut reconnaître que le clin d’œil aux pays nordiques est bien vu. Le festivalier non averti et non aguerri a plutôt dû être médusé car il faut admettre que l’ambiance dark et les hurlements de la chanteuse ont pétrifié plus d’une personne. On a cru entendre dire que le boss du paléo Daniel Rossellat est passé voir un moment le groupe. Simple curiosité ou fan de Black métal inavoué ? Mystère…

Le bon festivalier du Paléo est obligé de faire un crochet par la Ruche. Il peut déjà déguster de la bière Barbar et de l’hydromel, et rien que ça, c’est inestimable. Ensuite, les artistes qui se produisent toute la semaine mettent en avant une autre forme d’art et de musique. C’est souvent des troupes plus théâtrales, humoristiques ou en lien avec le cirque ou la danse (vous l’aurez compris, on est assez à l’opposé de Witch Club Satan, même s’il y a un côté théâtral dans le Black Metal). Musicalement on retrouve plus de proximité avec ces groupes, c’est tout un univers à taille humaine, que les petits et grand apprécient à différents niveaux. Cette année, notre coup de cœur s’est porté sur Les Petits Chanteurs à la Gueule de Bois, un groupe suisse qui existe depuis plus de 20 ans. Ils ont fait toute sorte de spectacles et collaborations, n’hésitez pas à aller voir leur parcours sur les réseaux, c’est varié, drôle et au fil des jours on s’est attaché à leur prestation, leur humour et leur gentillesse. On pourrait encore vous parler des heures de cette édition 2026 du Paléo, mais cette chronique risquerait d’être encore plus longue que les articles d’Emmanuel au Hellfest (bisous chaton !). On garde donc quelques images et souvenirs en tête juste pour nous. On aurait pu déblatérer sur l’indépendance retrouvée de Lorde avec son show audiovisuel si personnel. Royal ! On aurait pu papoter sur la classe d’Asaf Avidan et sa voix reconnaissable entre mille. Un décor chic et feutré pour se sentir comme à la maison. Ou alors, on aurait pu s’extasier des heures sur le sourire de l’éternel Julien Clerc et observer qu’il n’y avait pas la moindre odeur de weed durant son concert ! Julien Clerc restera l’artiste qui a balancé le plus de tubes de cette édition !! On aurait aussi pu féliciter longuement l’engagement de Suzane, sa minute de silence, son disque d’or reçu et le combat d’une vie.

On aurait pu souligner le son des Young Gods qui fait vibrer tes organes. Le groupe suisse est toujours d’une puissance redoutable et la batterie de Bernard Trontin résonne encore dans la Plaine de l’Asse tellement le batteur l’a martelée avec panache. On aurait pu déblatérer sur le retour de Morcheeba qui nous a réjoui avec son trip-hop 90’s. Skye Edwards reste très classe et souriante. On aurait pu s’incliner devant la rage, l’interprétation et les postillons de Sam Sauvage sur son titre « Un cri dans le métro ». Enfin, on aurait pu vous décrire en détail l’excellent concert des Feu! Chatterton, qui en sont déjà à leur 4ème passage à Paléo. Mais tout ça, on le garde un peu pour nous, car au final, ça ne sert à rien d’écrire et décrire des émotions, des ressentis. Il faut les vivre. Alors comme à chaque fois qu’on boucle une édition, on attend la suivante avec impatience, on se réjouit de revoir ce vieil ami qui fêtera ses 50 ans l’année prochaine et qui nous offrira un jour de plus.

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