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Anathema

Distant Satellites

Label: K Scope / Musikvertrieb

ROCK PROGRESSIF - Après des débuts d’un genre doom-death jusque dans le milieu des 90’s, le combo de Liverpool Anathema prend un nouveau départ en 1996 en mutant complètement de style. Désormais, le groupe se concentrera sur des compos aériennes et atmosphériques mêlées à un rock-progressif planant. La formule fonctionne bien et les succès s’enchaînent. Malheureusement pour les musiciens, depuis 2004, leur label « Music for Nations » disparaît contraignant le groupe à remettre en question son existence. Accueilli cependant par le label Kscope, Anathema poursuit alors son aventure et nous délivre il y a quelques mois un nouvel album auquel nous nous intéressons ici.

Avec DISTANT SATELLITES, le combo parachève en effet son odyssée aérienne et romantique. Comme à son habitude, le groupe se penche sur des questions telles que l’amour pour nous le dépeindre sous plusieurs formes qui vont tant de la joie la plus pure qu’au déchirement le plus triste. Car s’il est un thème que l’on peut effectivement rattacher à cet album, c’est bien celui de la passion. C’est ainsi que ce nouvel opus s’ouvre sur un rock-progressif aérien auquel Anathema nous a accoutumé depuis quelques temps mais qui cette fois s’est enrichi de toutes sortes d’orchestrations favorisant l’émotionnel.

Suivant une formule efficace le combo nous offre en ce sens tout d’abord deux titres de toute beauté. Avec les deux « The Lost Song » (« part 1 » et « part 2 ») Anathema nous entraîne dans un univers hypnotique où se mélangent tant l’espoir que le drame, la tendresse que le déchirement amoureux. Il s’agit pour les musiciens de coupler à une batterie rapide et syncopée des envolées de clavier ce à quoi s’ajoutent la voix cristalline du chanteur et celle d’une choriste. Par suite s’additionnent encore des notes de piano qui apportent du drame à l’ensemble lumineux qui s’achève au son des violons et de la guitare électrique majestueuse. Le tout  est poignant mais aussi léger et volatil.

La suite de l’album se construit quant à elle sur la base de ces ingrédients mais chaque fois de manière très innovante évitant – pour le meilleur – la répétition. « Dusk » qui s’ouvre sur un arpège de guitare sèche se fait ainsi plus sombre et nous raconte une blessure. « The Lost Song (Part 3) et « Ariel » quant à eux nous plongent dans une douce mélancolie au son d’une voix féminine envoutante et des pleurs d’un piano délicat. Titre suivant au nom du groupe, « Anathema » nous fait ressentir alors avec toute l’aura de la force tranquille les battements d’un cœur qui souffre.

On pourrait croire à cet instant que la ballade s’achève. Cependant Anathema surprend encore. Fort de son expérience électronique, le combo se fait religieux et délirant au son d’un orgue quasi mystique et de sons électros extrêmement raffinés pour enfin revenir à la lumière. Une renaissance s’opère alors qui conclut l’album. Gageons dès lors que DISTANT SATELLITES, poème romantique en soi mâtiné des lumières de l’Arctique et du Cosmos, saura vous séduire par sa délicatesse et son esthétique subtile. Encore une fois, le combo nous délivre une œuvre maîtresse forte en émotion qui plaira tant aux néophytes en quête de sensations fortes qu’aux amoureux de Friedrich ou de Turner.


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