Steve Vai – Inviolate

J’ai toujours été à la fois fasciné et agacé par Vai. D’un côté, très bon showman avec cette dimension totalement déjantée et novatrice comme à l’époque du G3 (grande messe composée de guitaristes de grande renommée, concept mis en place en 1996 par Joe Satriani) mais, d’un autre, très imbus de sa personne, limite hautain et 100 % frimeur. 

Mais depuis quelques années le grand brun – devenu gris, petite barbe blanche et désormais cheveux courts – se fait plus discret et ce disque confirme un changement de cap.

Je vous le dis d’emblée, si vous avez aimé le Crystal Planet (1998) de Satriani alors ce disque va vous emballer en 2 secondes. 

Curieusement après des années à branler le manche, Vai semble prendre la même direction que Satch et vise désormais l’efficacité : le son cristallin, le groove (quelle basse!) et bien sur une batterie millimétrée. 

Six ans après « Modern Primitive » Vai revient dans le game avec Inviolate.

Si ça démarre en douceur l’efficacité du jeu se ressent immédiatement à l’écoute de « Teeth of the Hydra » et on ne décèle pas de solo à l’horizon dans ces 5 minutes 13 mais plutôt des notes comme de la pluie cristalline tombée d’un ciel très apaisé. 

La suite est tout aussi agréable. Il existe désormais une similitude sonore évidente entre Vai et le créateur du G3.

Le groove n’est pas en reste. Jugez-plutôt : d’ « Apollo in Color » à « Avalancha » on passe d’un funk rock très entraînant slapé à un heavy speed coloré avec des accords aigus plaqués pour faire remuer la tignasse. La férocité rythmique rend l’ensemble mémorisable et authentique. Vai retarde donc les pendules d’une bonne vingtaine d’année et se met à l’heure de Johnson et Satriani. Du reste, les guitares évoluent également, tant d’un point de vue esthétique que technique.

Bien sur à ceux qui ne jurent que par Fire garden (1996) et Sex and Religion (1993) vous risquez d’être déçu. Ici, pas de danse de Saint-Guy autour d’une guitare torturée de sons bizarroïdes. 

On pourrait parfois penser que ca n’est pas la guitare qui est en avant. La aussi les niveaux du mix savent faire la part belle à la guitare quand cela est nécessaire « Greenish Blues » nous emmène quand même dans son univers guitaristique très technique. Tout y passe : sweep tapping, arpeggio, ghosts notes, pour délivrer un produit de très bonne qualité de très haut niveau.

Bizarrement ce disque fait émerger quelques curiosité et notamment le côté prog de Steve Vai qu’on avait pas entendu depuis bien longtemps avec « Little Pretty » et un côté très déstructuré « Knappsack ». Mais rien n’est gratuit. On tient là un très bon album!

En conclusion, changement de cap miraculeux pour Vai qui, jusqu’ici, n’avait montré que l’étendue de sa grande technique guitaristique. Il ne s’acharne plus, sans jugeotte, sur le sentier facile de l’avalanche de notes et la démonstration. On respire enfin. Vai se place maintenant à mi-chemin d’une prog cristalline à la Liquid Tension et d’un rock funk bien inspiré.

Le disque sortira le 28 janvier 2022.

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