mercredi , 19 septembre 2018
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Saez

Miami

Label: Cinq 7 - Wagram / Disques Office

ROCK FRANÇAIS – D’abord annoncé fin 2012, le nouvel album MIAMI de Damien Saez est finalement arrivé dans les bacs ce printemps. On retrouve un Damien Saez très rock après son triple album sorti l’année dernière.

On ne va pas revenir sur la désormais longue et belle discographie de Saez, les aficionados de Lords of Rock (et de Saez) la connaissent bien. On peut néanmoins faire des parallèles entre certains disques. Ce qu’on veut dire par là, c’est que MIAMI se rapproche à quelque part de J’ACCUSE. L’un comme l’autre, ils suivent un triple album assez sombre et cassent cette noirceur avec le retour des guitares et du rock vindicatif. L’un comme l’autre dénonce passablement notre société de consommation, ce qui est, comme vous le savez, la marque de fabrique de l’artiste. Et enfin, au niveau visuel, la pochette a ce côté provocateur qu’on aime tant. Néanmoins MIAMI n’est en aucun cas une quelconque redite de ce qui a été fait. Saez arrive toujours à nous surprendre, nous toucher, nous bousculer et trouver ce petit truc qui nous rend « addict » à chaque nouvelle sortie.

L’entrée en matière "Pour y Voir" , un titre à ne pas faire écouter aux femmes enceintes. Un angle d’attaque sur le monde en refusant d’y ajouter une nouvelle vie. Le titre est magnifique, c’est assez cru et ça calme tout le monde. "Les Infidèles" n’est pas beaucoup plus gai « moi je suis pour les putes et pour les infidèles bien plus que pour les prêtres bien plus que pour les nonnes ». "Rochechouart" en mode électro-rock est très entrainant, le refrain « il est cinq heures les éboueurs vident les cœurs des villes en pleurs » est parfaitement trouvé. On arrive à la quatrième plage avec le titre éponyme de l’album, petit chef d’œuvre soit dit en passant. Drogues, excès, paillettes et sexe, un cocktail dansant que nous propose Saez et son verbe affûté. Le sujet « dope » est assez présent sur ce disque, tous le titres suivant  y font clairement référence et/ou allusion (Le Roi, Des Drogues, Cadillac Noire, Rottweiler, Que sont-elles devenues). La deuxième partie du disque est un peu moins facile d’accès, certains titres sont peut-être dispensables, mais dans l’ensemble MIAMI est un très bon disque. On n’en attendait pas moins de l’auteur.

Les guitares électriques sont de retour, mais l’album reste très sombre. C’est sûr que Saez n’allait pas chanter une chanson sur les fleurs du printemps. C’est plus les fleurs du mal, le spleen Baudelerien et l’opium du peuple que nous déclame l’artiste. Mais finalement on est exactement ce que critique Saez, on est « accro » à quelqu’un que l’on ne connaît pas si bien (ou pas du tout) et on se raccroche à son image. Triste société.


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