Rusconi

Les premiers accords du disque, un bel accord sur une guitare folk ne laisse en rien présager ce qui va suivre. La première note du chant, légèrement dissonante se résout correctement (règles d’harmonies classiques !). On commence par « Finally », une introduction à ce voyage dans le passé de nos trois musiciens, ce « regard sur leur enfance ».

A vrai dire, dès le second titre, l’album montre progressivement son visage nettement plus curieux, entre rock progressif, jazz, musique expérimentale, noïse et j’en passe. A la fois acoustique et électronique, à la fois composée et improvisée, à la fois encrée dans une sonorité d’une période tout en mélangeant les genres, l’album prend toutes les facettes de nos enfances entre rires naïfs et moments plus compliqués ou plus difficiles.

Contrairement à beaucoup de disques, le trio ne craint pas la dissonance, cette note bizarre qui sonne faux à priori mais qui, comme une couleur un peu curieuse dans un décor, ne fait finalement pas « tache » mais personnalisation, appropriation de la musique. Dans le monde du jazz, ceci n’est pas exceptionnel, mais même dans l’univers pop indépendant, il y a des codes qui sont habituellement respectés. Les enfreindre est une preuve d’audace et de maîtrise quand c’est réussi (ou d’expérience malheureuse quand le public fuit !). C’est donc une heureuse expérience d’écouter et d’apprécier ces solos peu conventionnels dans l’univers pop et rock.

Je finirai juste en précisant que cet album ne peut pas être écouté passivement et mérite une attention particulière. Comme tout disque progressif, l’écouter « en arrière plan » ne permettra pas de pénétrer dans cet univers parfois un peu dérangeant, mais terriblement musical dans ses dissonances. Pour moi un coup de maître de musiciens qui ont, tout simplement, tout compris à la musique !

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