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OM au RKC, double chronique


RKC, Vevey (CH), samedi 21 novembre 2015

REVIEW - Le concert de OM a suscité les passions chez Lords, vu que deux chroniqueurs s'y sont rendus. On s'attendait à un article et voici qu'on en a deux. Pour le coup, on vous balance cette double chronique qui aurait plutôt tendance à se compléter plus qu'à se répéter.

REVIEW – Le concert d’Om au Rocking Chair à Vevey a été une expérience intense et mystique. Le trio nord-américain y a joué un rock puissant et hypnotique, teinté de touches orientalisantes, dans une salle remplie par un public dévoué. Leur mélange de doom, metal et stoner privilège les ambiances écrasantes avec la force tenace nécessaire pour faire face aux ténèbres.

Le concert d’OM au RKC à Vevey a été plus un rituel en transe et une expérience spirituelle qu’un simple spectacle de rock. Leurs morceaux prennent leur temps à s’installer et ils évoluent en boucles qui se transforment d’un coup en spirales. Dans ces mouvements circulaires, la répétition des éléments provoque des états seconds et hypnotiques. Le public, qui remplit la salle, est complétement captivé.
Les tempos mystérieux du groupe le rapprochent parfois plus à des conceptions de la musique électronique, comme la dub ou les expériences hallucinées et sombres de The Third Eye Foundation, et contemporaine (le jeu sur certaines dissonances dans la voix et les claviers). Robert Lowe, le chanteur noir, est possédé par la transe. Il se déchaine sur son tambourin, dont il casse la peau à force de le taper contre sa main comme un aliéné. Sa voix est hantée : il s’exécute à des notes aigües qui percent l’espace avec ses tonalités orientales, entre Byzance et le Tibet.  
Le Moyen Orient est présent partout (même dans la pochette d’un de leurs disques avec une icône orthodoxe) : dans les mélodies, dans les rythmes et dans le chant. On pourrait penser à Godspeed You ! Black Emperor  en plus cadré, voire encore à Earth et Neurosis, tout en gardant les distances et les particularités. La surprise est que dans toute la lourdeur pachydermique d’Om, nous y retrouvons la force du groove à la basse et à la batterie.
Om est né autour d’une section rythmique, par ailleurs. Ceux qui l’ont fondé sont le bassiste et le batteur du groupe de stoner américain Sleep, avant d’inclure un troisième membre, le chanteur en transe qui joue également de la guitare avec une myriade de pédales d’effets, plus des claviers et des percussions. Le jeu de batterie, quant à lui, est impressionnant. 

La musique d’OM ce soir-là au RKC est une hypnose profonde et mystique : les morceaux sont longs, issus surtout du dernier album en date du groupe, ADVAITIC SONGS (2012). Le nom du trio se réfère d’ailleurs à un concept issu de l’Inde, qui est celui de chercher la vibration naturelle de l’univers. On ressent dans leurs chansons une force puissante : celle qui permet de faire face aux ténèbres.
Cette énergie opère comme une résistance face à la douleur, au doute et l’aliénation. Cette vibration originale serait-elle donc inébranlable ? Il s’agit là, dans tous les cas, d’un des concerts les plus prenants de la saison.

 

REVIEW – En ce 21 novembre 2015, les fans de rock avaient rendez-vous au Rocking Chair (RKC) à Vevey avec OM. En effet, c’était l’unique date suisse pour le groupe californien de drone-stoner. L’ensemble Nuryana a ouvert la soirée avec des chansons trouvant leur inspiration dans les musiques traditionnelles du nord de l’Inde et de l’Afghanistan.

Le Nuryana Ensemble est un quartet suisse d’origine genevoise pratiquant des instruments comme le sitar, ke santour, le rubab, l’esraj et le tabla. C’est devant une salle à moitié pleine qu’ils ont interprêté des râga indiens laissant une grande part à l’improvisation où les instruments dialoguent. Pendant près de 45 minutes le public a écouté religieusement le groupe acoustique, comme plongé dans un état méditatif. Un moment intime qu’ont partagé le groupe et le public de ce soir.

Après s’être bien nettoyé les chakras, il est temps d'accueillir OM. Bien que n’ayant rien sorti de neuf depuis 2012 lorsqu’Advaitc Songs a été publié, le groupe sait toujours rassembler les foules : c’est devant une salle comble que le groupe monte sur scène. D’un duo, le groupe est passé pour les besoin de la scène à un trio : du coeur de base (basse-batterie) à un membre additionnel ajoutant des parties au clavier, à la voix et parfois à la guitare. Difficile de faire une setliste complète du groupe car ils sont dans la réinterprétation des leurs titres. Il semble y avoir eu “Gethsemane”, “Cremation Ghat” ou encore “Meditation is the Practice of Death” et probablement “Sinai” où les titres sont allongés par les improvisations des membres du groupe et les ajouts vocaux du nouveau membre. Si la musique du groupe est considérée comme du doom-stoner, il y a une TRES grande part laisée à l’expérimentation et leur musique s’impregne beaucoup des musiques d’origine indiennes : d’ailleurs, on retrouve dans quelques titres certains “gimmicks” empruntés au jeu au sitar. A cela s’ajoutent des mélodies moyen orientales.

Les themes emprunt de spirituelatié appellent à la transcendance rappelant ainsi un peu le mouvement psychélique et les paroles sont de véritables oeuvres littéraires. Comme on s’y attendait, le son est puissant et le public en transe. Ce fut un moment sans s’ennuyer et l’impression d’ensemble a été très bonne : le public est parti comblé. Pour la petite histoire, la première fois que j’ai entendu le groupe je n’ai pas aimé et c’est quelques années plus tard qu’en ré-écoutant le groupe j’ai totalement croché, et je ne suis pas le seul dans ce cas.

Petite note en apparté, cela était la deuxième fois que je me rendais dans cette salle et il faut reconnaître que le son et l’acoustique y sont vraiment excellents !

 


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