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Chelsea Wolfe à l’Amalgame


L'Amalgame Club, Yverdon-les-Bains (CH), mardi 17 novembre 2015

REVIEW - En ce mardi du milieu d’un mois de novembre très doux, Chelsea Wolfe a posé ses valises dans notre cité thermale. Yverdon est une étape dans la tournée automnale de la jeune californienne et nul doute que cette salle relativement sombre saura être l’écrin qu’il faut à sa musique. Pour une fois beaucoup de monde a fait le trajet pour venir écouter le chant torturé de cette grande angoissée.

La soirée commence par A Dead Forest Index, jeune duo néo-zélandais qui propose une folk sombre et mélancolique. Ils mélangent le beau et le bizarre en une folk organique. C’est sans concession entre le chant hanté et la voix androgyne du chanteur. Au niveau de la section rythmique, le jeu se fait subtil en mélangeant l’accentuation ou le contretemps pour souligner la dramaturgie du chant. Ce mélange évoque un peu le Velvet ou encore HSRTA. Ils clôturent leur tour de chant par un morceau, une fois encore très mélancolique, non plus à la guitare mais avec un instrument entre l’accordéon et le piano à vent. Ce groupe jouant à fond la carte de l’émotionnel sans concession a été une bonne surprise et totalement dans l’esprit de cette soirée.

Il est passé 22 heures de quelques minutes lorsque Chelsea Wolfe monte sur scène. Contrairement au concert vu à Fri-son il y a 2 ans lorsqu’elle a ouvert pour Russian Circles, elle n’est pas drapée dans des toiles ni en retrait mais bel et bien en avant dans un ensemble noir serré : celle qui avait peur d’affronter son public s’est-elle enfin libérée de sa timidité ? Le set commence par ‘’Carrion Flowers’’ qui ouvre aussi son dernier album The Abyss. Tout de suite ce qui frappe c’est le jeu durci de la jeune femme : l’ambiance est moins subtile, plus métal. On avait déjà remarqué ce trait lors de son concert précédent. S’en suivent ses derniers titres avec notamment ‘’Dragged Out’’, ‘’We Hit a Wall’’, ‘’Maw’’ ou encore ‘’After The Fall’’ qui a marqué l’audience. Les titres de Pain is Beauty se font discrets et seuls les plus bruts sont là, à l’image de ‘’Kings’’.

On sent la californienne à l’aise sur scène au point de jouer avec le public en s’approchant de lui. Ou alors cela est peut-être dû à l’ambiance de la salle ? Il faut savoir que cette scène est dépourvue de lumière en façade – pour le plus grand désarroi des photographes – et donc les premiers rangs du public sont dans la pénombre et visibles. Après une heure les artistes sortent pour revenir pour le rappel qui commence sur ‘’Color of Blood’’. Un magnifique concert pour certains, un concert trop métal pour d’autres mais tous sont unanimes quant à la qualité du chant de la chanteuse. Mais ce constat reste à l’image de la chanteuse incarnant à la fois une certaine idée de l’obscurité et de la lumière parfaitement représenté dans le ‘’Pale on Pale’’ qui clôt la soirée.


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