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Merzhin

Nomades

Verycords / Warner

ROCK CELTIQUE - Même si les racines du groupe sont sur les rivages de la mer d’Iroise, Merzhin, n’est pas né de la dernière pluie. Sa double décennie d’existence lui procure une sagesse d’esprit et un recul hors du commun. Se replonger dans les 6 albums studio de la discographie de Merzhin, c’est à la fois revivre une incroyable aventure humaine de 20 années de joie, de doutes et de folie, mais c’est aussi, et surtout, assister à une impressionnante mue artistique.

Quand on évoque Merzhin à un(e) trentenaire cela fait remonter plein de souvenirs, de ceux où on danse une bière à la main sur les rythmes ska des “Nains de Jardin” et “Maximum”. Avec l’âge, Merzhin prend de la hauteur et, tel un sage philosophe, répand ses idées à grands coup de riffs effrénés.

Un album qui commence en douceur pour passer rapidement en puissance rock. “Standing Rock”, comme pour affirmer que Merzhin est un groupe rock, exit le côté breton ? La participation de Kemar, chanteur de No One is Innocent, groupe de punk bien connu de la scène française, sur “Nomades” et une guitare puissante sur “Buk” peuvent répondre en partie à cette question. Même si ce dernier titre laisse entendre une belle bombarde et la douceur du saxophone à la fin. Pas de paroles sur “Imala”, “Icapa” et “Imram” mais de belles mélodies au doux son d’un bagad, voyage en terre bretonne garanti. En résumé, les instruments traditionnels retrouvent une place fondamentale dans les compositions, et pour autant, jamais les guitares n’auront été aussi furieuses.

Merzhin mûrit et perd petit à petit son insouciance des premiers albums pour s’ouvrir aux problématiques du monde et NOMADES, le 7ème album du groupe continue dans la lignée de BABEL sur ce sujet. Le groupe laisse éclater sa colère concernant la soumission et l’affaiblissement des peuples sur “Standing Rock” et “nomades” ou son amertume face à une société qui fuit ses responsabilités écologiques dans “Sans Nous” et qui a élevé l’argent en entité divine grâce à “substance”. “Le grand commandement, au moins pendant 5 ans, le précieux il est à moi”, dans “On marchera”, Merzhin critique le système en place, et particulièrement la façon dont la majorité politique actuelle a réussi à prendre le pouvoir. Enfin, le groupe met en lumière la pression que la société inflige sur le quotidien et les dérives auxquelles il mène à travers “Encore raté” et “Buk”.

Un belle réussite pour cet album qui revient aux sources bretonnes tout en traçant son chemin rock. Des paroles qui percutent en pointant du doigt les clivages et dérapages de la société. Un album qui me fait sentir plus humaine que jamais !

Tracklisting
1 Standing Rock 5:44
2 Nomades Featuring – Kemar* 4:04
3 Buk 4:33
4 Substance 3:47
5 Sans Nous 3:52
6 Imala 3:21
7 Le Joueur Et L’affranchi 3:27
8 On Marchera 3:26
9 Icapa 1:20
10 L’attrape Rêves 4:19
11 Encore Raté 2:58
12 Imram 1:15
13 Driverman 5:57


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