lundi , 24 septembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Interviews » Gaspard Royant

Gaspard Royant

En Interview

INTERVIEW - Alors qu'il y a quelques semaines vous lisiez le résumé de notre périple au Printemps de Bourges, il est maintenant temps de revenir sur une des belles rencontres de cette semaine de festival...

C'est dans l'espace presse/interviews que Gaspard Royant, tout de blanc vêtu, nous attend. Le crooner semble détendu quelques heures seulement avant de monter sur la scène du Palais d'Auron…

Lords of Rock : Quel changement de look comparé aux premières années de Gaspard Royant ! Tu passes d’un rebelle aux cheveux longs et désordonnés à un dandy fringant…

Gaspard Royant : N’as tu jamais changé de look dans ta vie ? C’était une envie que j’ai toujours eu sans forcément trop l’assumer mais avec la musique que je fais, je me suis dit qu’il fallait y aller à fond.

On doit souvent faire le parallèle avec Nick Waterhouse du coup ?

Honnêtement pas tant que ça. Ca permet surtout aux journalistes de faire des papiers sur le retour des fifties.

D’ailleurs ça donne quoi à ce niveau là ? Vous percez pas mal médiatiquement non ?

Jusqu’à présent oui. On a des super articles, l’album est sorti mi-janvier… je n’espérais pas tant. Le disque est sorti en indé, c’est moi qui l’ai produit et il bénéficie malgré tout d’une couverture médiatique que peu de labels arrivent à avoir. C’est hallucinant. On a rien fait de spécial mais les gens ont apprécié et défendu ce qu’on fait, les festivals nous demandent, tout s’enchaîne.

Tu arrives à en vivre raisonnablement ?

Oui et non. Pas encore parce que ce genre de chose c’est d’une année sur l’autre. Je commencerai à récolter l’année prochaine le fruit de mon travail de cette année.

Là ça risque de bien se passer vu toutes les dates qui s’ajoutent à ton calendrier.

Oui on commence à mettre en place pas mal de chose, on va en Allemagne faire les premières parties de Panic At The Disco! à Berlin et Düsseldorf, ensuite on continue à Strasbourg et Paris.

Ca va peut être te permettre de gagner en popularité en France ces deux dernières dates, le seul hic c’est que les français en général ne sont pas réceptifs à un français qui chante en anglais.

On n’a pas eu ce problème en fait. Dès la sortie de l’album on a eu un tourneur, et en fin de compte il s’est rendu compte que beaucoup de gens s’intéressaient. Donc dès qu’il proposait notre venue, les gens étaient tout de suite partants. Le fait de chanter en anglais nous a tout de suite fait réfléchir. On a tout de suite pensé à sortir le disque à l’étranger ; en Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suisse et Italie, ensuite on va aller tourner dans ces pays. On a pas cette barrière de la langue.

D’ailleurs c’est toi qui écris les textes ?

Je fais tout ! Textes et musique.

Le premier extrait était “Marty McFly”, titre très énergique, et finalement je me suis rendu compte…

Que c’était de la merde ?

Ah non, du tout, au contraire, mais je m’attendais à beaucoup plus de morceaux énergiques.

Ca n’a pas l’air de choquer grand monde. Il y a d’autres titres qui envoient bien mais d’une autre manière. Ce que j’aime dans cet album c’est qu’il y a une unité, et en même temps plein de choses différentes, des ballades, des morceaux plus énergiques. Il y en a pour tous les goûts.

De quoi tu t’inspires pour écrire tes chansons ?

De plein de choses. Des choses que j’écoutais quand j’étais plus jeune, je suis un grand fan de Roy Orbison par exemple, je considère que c’est le plus grand chanteur de tous les temps et quelqu’un qui a fait des chansons magnifiques. J’ai aussi beaucoup pensé aux disques de Phil Spector, il a produit non seulement des tubes, mais également des trucs très aventureux en terme de sons. Après il y a tout ce qui est un peu be-bop et soul que j’affectionne tout particulièrement.

Ce sont sans doute tes voyages aux États-Unis qui ont amené quelques influences aussi ?

Là-bas ça a toujours été ma culture. J’y ai beaucoup voyagé, et à chaque fois je me sentais à la maison. Ce n’est pas que je voudrais y vivre, c’est juste que j’ai tellement baigné dans la culture américaine que ce soit au cinéma ou en musique, que quand tu arrives là-bas, tu connais tout. Tu as tes repères, tu te sens chez toi.

Ce qui ne doit pas t’aider à trouver ta place dans le paysage musical français…

Si si, il ne faut pas croire. Les choses sont en train de changer. Ca s’ouvre de plus en plus. Il y a dix ans quand tu chantais en anglais on te disait directement d’aller pointer à l’ANPE. Aujourd’hui tu peux construire des trucs en anglais, il y a même des trucs qui marchent plutôt bien. Après c’est sûr, tu ne seras jamais Michel Sardou, mais il y a la place.

Ton équipe est fraîchement formée il me semble ?

Alors il y a Pierre et Julien de Marshmallow, c’est la fine équipe, ils sont très bons. Le guitariste c’est Laurent Blot, qui a un projet solo qui s’appelle Franz Is Dead, c’est pour moi le meilleur guitariste que tu peux trouver en France aujourd’hui. Le pianiste c’est Léo Cotten, un petit génie.

Comment tu les as rencontrés ?

J’ai rencontré Pierre et Julien un peu comme ça au moment où je cherchais des musiciens. Laurent c’est quelqu’un que je suivais depuis longtemps, que j’ai attendu parce que j’avais envie de lui proposer quelque chose. Pour Léo ça s’est fait par relations.

Donc c’est une formation éphémère ? Tu risques de changer ton entourage à la prochaine tournée ?

Oui et non. On est dans une économie assez serrée, il faut de la foi dans le projet pour le faire et ces mecs là sont hyper impliqués, on est presque en mission avec ces trois là comme apôtres tu vois. Ils m’accompagnent avec une certaine foi, ils sont prêts à faire beaucoup de choses sans toujours être payés. Ils y vont à fond et pour ça je leur doit beaucoup.

Là vous allez faire votre première grande salle, le Palais d’Auron, vous appréhendez ?

Pas vraiment, on a fait une soirée de présentation du Printemps de Bourges dans la même salle en février donc ça nous a permis de prendre nos marques et d’évacuer le stress. On passe à 20h et l’attente va être longue.

Après tout ça et cette tournée qui s’étale jusqu’en juillet, vous avez déjà des choses en vue ?

On joue dans des festivals jusqu’en juillet, après ça va reprendre en septembre en Allemagne, et à l’automne on va commencer une tournée des petites salles en France.

Et après tout ça tu as peut être en tête un deuxième album ?

Oui j’ai d’ailleurs commencé l’écriture. Je ne veux pas perdre de temps, ça me fait chier d’attendre cinq ans pour sortir un autre album. C’est d’ailleurs la même logique pour laquelle je sors des 45 tours. J’ai envie de sortir de nouvelles choses souvent.

C’est une très bonne chose de revenir aux 45 tours.

Il y en a d’ailleurs un qui va sortir en septembre, avec un nouveau morceau et un de l’album.

Tu as produit “10 HITS WONDER”, le fait qu’il marche va peut être te permettre d’être aidé par de plus grosses structures ?

On verra. Et franchement je ne sais pas si j’ai envie de confier le prochain à quelqu’un. On verra ce qui se présente, mais s’il faut repartir pour le produire ça me va. Je ne sais pas si quelqu’un accepterait de se plier à toutes mes volontés. C’est bien quand tu ne sais pas où tu vas, mais moi je sais précisément où je veux aller.

La musique que tu fais ne tend pas à rester dans des petites salles, dans des comités restreints ?

Pas du tout, si je peux faire un jour des stades, ça sera super. Je veux faire danser les gens donc plus il y a de monde, mieux c’est.

Ce soir tu penses réussir à faire danser les gens qui sont venus pour Julien Doré ou Émilie Simon ?

Ce soir c’est sûr qu’ils viendront pour eux, je serai la bonne surprise. Ils pensent finir tranquillement leur apéro devant moi, mais ils n’ont pas compris ce qui les attend.

Dans dix ans tu te vois où ?

Je ne sais pas, je ne sais même pas si je ferai encore de la musique. Je ne sais pas vraiment combien d’albums j’ai dans les poches. Je vais déjà essayer d'en faire des bons. J’ai commencé en solo il y a six ans, j’ai été très lent à lâcher mon premier album donc on verra où ça m’emmène. Il y a beaucoup de choses que j’ai envie de faire, mais je ne sais pas si ça se fera en deux ans ou en vingt.

Pas de collaboration en vue ?

J’aime bien être en solo. Dans les groupes tu en as toujours un qui bosse plus que les autres. Là au moins je fais tout et personne m’emmerde.

Merci beaucoup, bon concert à toi et tes musiciens.


2 commentaires

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page