jeudi , 20 septembre 2018
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Fanfarlo

En interview

Interview réalisée dans le cadre du Montreux Jazz Festival


INTERVIEW Fanfarlo ou le groupe qui condense les influences de Beirut, Arcade Fire ou Belle and Sebastian. Même s’ils n’apprécient que moyennement cette catégorisation, les faits sont là : leur premier album Reservoir est un bouillon de tout cela. Mais réussi ! Rencontre…


Très acoustique

Le quintet londonien était présent au Montreux Jazz café le
samedi 3 juillet pour présenter cet opus au public suisse. Ainsi que de
nouveaux titres… Ces derniers tranchent d’ailleurs avec ce style
parfois impersonnel et, sûr, on se réjouit d’écouter ce nouvel album,
Cathy (violoniste et choriste du groupe) nous l’annonçant comme
imminent. Peu avant leur show case pour Couleur 3, une partie du groupe
répondait à nos questions avec une générosité et une simplicité
désarmante. Oui, Fanfarlo est un groupe à suivre de près. Cathy
(violon, chœurs, ….), Amos (batteur, chœurs) et Leon (trompette,
claviers, chœurs, …) ne nous contrediraient certainement pas.

Lords of rock : Tout d’abord, d’où vient votre nom, Fanfarlo? Il y a cette nouvelle de Baudelaire intitulée ainsi. Un rapport ?
Leon : Oui, ça vient de là. C’est une danseuse apparemment. Je ne l’ai pas encore lue à vrai dire.

Lords of rock : Ah vraiment ?
Cathy: Oui, c’était le choix de Simon (chanteur) lorsqu’il a créé le projet Fanfarlo. Juste lui et son ordinateur quelque part en Suède. Il a lu le livre et l’atmosphère française, romantique et 19ème siècle lui a plu. Ca collait bien à la musique selon lui.

Votre album s’appelle RESERVOIR. Quel genre de « réservoir »  est-ce? Comment le décrire pour les non-initiés ?
Amos : (rires). Ce n’est pas un réservoir spécifique. Il y a plusieurs thèmes dans cet album mais l’un d’eux notamment traite de « l’eau ». Par exemple le titre “Coasts”. Il parle d’une ville inondée dans le but de créer un réservoir. C’est le genre d’imagerie, de mythes avec lesquels a grandi Simon, dans son village natal suédois. Pour décrire la musique du groupe à des gens ne nous connaissant pas…Nous sommes cinq membres. Le groupe est né à Londres mais le projet lui-même en Suède, avec Simon. Nous jouons de plusieurs instruments : violon, trompette, clarinette…C’est très acoustique.

Votre musique est souvent comparée à celle de Beirut, Arcade Fire, Sigur Ròs, etc…Cela ne devient-il pas ennuyant de l’entendre sans cesse ? Ou trouvez-vous au contraire ces comparaisons appropriées ?
Leon : Oui, souvent cela m’ennuie. (Rires). Mais, ce sont des groupes que nous avons beaucoup écoutés et il y a pire comme comparaisons.
Cathy : Néanmoins, c’est tellement récurrent qu’aujourd’hui je n’écoute plus ces groupes. De peur surtout. (Rires).
Leon : Bien sûr, on entend ces influences dans « Reservoir ». Ces groupes étaient « présents » lors du processus de composition mais je pense que l’on s’est beaucoup éloigné de cela dernièrement.

Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment justement ? Les derniers coups de cœur ? Etes-vous plutôt dans la recherche de nouveaux artistes ou plus nostalgiques du passé ?
Amos : C’est un mélange, je dirais. On écoute de nouvelles choses. Leon, par exemple, a beaucoup aimé le nouveau « The National ». On les a d’ailleurs vus en live à Glastonbury cette année. Quant à moi, j’écoute pas mal de vieille pop musique. Il y a tellement à explorer de ce côté-là et je découvre encore beaucoup même si ce n’est pas nouveau.

Cathy : Il y a beaucoup de rééditions très intéressantes en ce moment. Dans la soul par exemple. C’est exceptionnel.

Vous avez des goûts très différents !
Leon : Oh oui, très variés !

Cathy : Et Simon et Justin te diraient des choses totalement différentes aussi. Simon écoute beaucoup de new wave des années 80. Quant à Justin…Je ne sais même pas ce qu’écoute Justin à vrai dire. (Rires)

Leon : Du black metal souvent !

Cathy : (Rires). Oui voilà. Mais en réalité nous n’écoutons pas beaucoup de musique à l’heure actuelle. On se concentre sur la nôtre. Ce n’est pas toujours prolifique d’écouter la musique des autres lorsqu’on compose nous-mêmes. Nous en sommes à ce stade. Quelques concerts, oui, mais nous écrivons et composons dès qu’on a du temps pour cela.

 

Un nouvel album

Composition donc…Le scoop c’est un nouvel album ?
En choeur : Oui, exactement !
Cathy : On va d’ailleurs jouer quelques nouveaux titres ce soir.

Vous avez eu beaucoup de difficultés à trouver un label. Vous avez d’ailleurs vendu votre album sur internet pour un dollar. Or, aujourd’hui vous en êtes à un stade où toutes les critiques sont de votre côté et il y a même un certain David Bowie qui se disait fan de votre musique. Vos sentiments ?
(Rires)
Amos : Et bien…David Bowie a dit qu’il était fan d’une chanson et c’était il y a quatre ans.

Mais enfin ce n’est pas rien !
En chœur : Oh, oui !
Cathy. C’était très flatteur ! Mais pour cette question de label, disons que nous avions surtout l’impression de pouvoir tout faire nous-mêmes. Nous avons eu contact avec des labels mais nous avions envie de gérer la chose tout seuls. Nous avons créé ce « magasin » online et nous envoyions les albums par la poste. Chaque membre en prenait dix, écrivait une petite note personnelle et allait au bureau de poste avec un sac à envoyer. Finalement, ce qui s’est passé, c’est que nous sommes arrivés à cours d’argent. (Rires).
Leon : (Rires). Et, bien sûr, cela n’aurait pas pu devenir aussi important qu’aujourd’hui si l’on avait continués à faire notre truc sans aucune aide. Il y avait beaucoup d’aspects pratiques là-dedans : préparer des courriers et coller des enveloppes sans cesse.
Cathy : (Rires) Mais c’était vraiment amusant !
Leon : Oui, oui, ça l’était. On s’est beaucoup impliqués et c’était bon pour nous à ce moment-là.
Cathy : Et cela a créé une situation où un label pouvait entrer en ligne de compte également.

Les membres du staff nous font de gros yeux, déjà, afin de nous signifier que le temps est déjà écoulé. Eh oui, Fanfarlo est déjà attendu ailleurs…On aurait aimé rester là à discuter de choses et d’autres, encore. Le showcase fut réussi et il semblerait que Fanfarlo en ait charmé d’autres. On les recroisera d’ailleurs plus tard dans la soirée. Après quelques Redbulls, ils semblent toujours en forme. Amos n’aura pas dormi pendant plus de 24 heures. Après le visionnage du concert de Midlake (les artistes sont des fans, eux aussi), ils montent sur scène et conquièrent la salle du Montreux Jazz Café avec des titres superbes comme “Ghosts”, “Luna” ou “I’m A Pilot”. Une rencontre mémorable en somme. Et pour tous ceux les ayant manqués cette fois, ils seront à nouveau en Suisse pour le Paléo.


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