jeudi , 20 septembre 2018
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Expatriate

En interview!

PIAS - Musikvertrieb


De passage promo à Lausanne, le groupe australien d’Expatriate nous a livré leurs premières impressions sur leur nouvelle vie… en Europe. C’est que depuis quelques temps, ils vivent dans la belle ville de Berlin… Boris Berger les a rencontré.

 


 

Après avoir écrit une chronique plus qu’élogieuse sur le premier EP
paru en Europe (HOME), nous avons reçu l’album à paraître sous peu, IN
THE MIDST OF THIS. Descendu en flammes par nos confrères de Daily Rock,
qui généralement préfèrent des musiques plus straight to the point
(rock couillu, indie…), nous avons décidé de contrebalancer cette
opinion et nous pencher sur la question avec deux membres d’un groupe
qui avait été nominé par Rolling Stone comme « l’un des plus importants
nouveaux groupes de 2007 ».

 

Lords of Rock : Avoir été des expatriés vous-même a eu une influence sur votre musique. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ben King : Mmmh… Commençons par le début si tu veux bien : pour ma part j’ai grandi en Indonésie et suis revenue ensuite en Australie, puis suis à nouveau parti pour l’Indonésie etc. C’est génial de vivre ça, de voir le monde, mais tu t’attaches à une région puis tu dois repartir, et ainsi de suite encore et encore. Tu ne sais pas vraiment à quel endroit tu appartiens. Je crois que c’est ce sentiment qui a donné le résultat qu’est notre musique aujourd’hui.

Damian Press : Sincèrement je ne pense pas que le fait d’être passé ici ou là influence directement ton art. C’est ton monde intérieur qui est influencé, les sensations, la manière dont tu abordes les choses. Le fait d’être exposé au monde t’ouvre les yeux. On n’avait jamais été en Allemagne avant (le groupe vit ensemble dans un loft à Berlin – NdlA). Mais ce n’est pas directement ce pays qui nous a influencé pour l’écriture de cet album, c’est plutôt toute l’ambiance qui s’en dégage : les clubs, la scène en général… car comme il faisait très froid lorsqu’on est arrivés, on a passé la quasi-totalité du temps à l’intérieur.

 

Vous êtes passés par l’Europe, l’Indonésie, l’Australie, mais au final votre musique sonne assez américaine…

DP : Peut-être que ce qu’on entend est un producteur américain. John Goodmanson, qui a produit IN THE MIDST OF THIS, est basé à Seattle, et c’est là que nous avons enregistré l’album.

BK : Je ne pense pas que l’on puisse dire que notre musique sonne américaine. John a une production avec de grosses guitares, une batterie puissante etc. et c’est précisément la raison pour laquelle on voulait bosser avec lui. Il était capable de rendre ce que notre groupe donnait en live.
Justement, on ressent intensément ce mur de son lorsqu’on écoute des titres comme “Gotta Get Home”…

BK : Oui, c’était l’idée de départ. John a beaucoup contribué à ça, il disait toujours « Encore une guitare ! encore une guitare ! Et à gauche, et à droite j’en veux encore une ! »

 

 

« Encore une guitare ! encore une guitare ! Et à gauche, et à droite j’en veux encore une ! »


 

Comment a réagi John Goodmanson à votre invitation à produire l’album (John Goodmanson a produit des artistes très divers, de Wu-Tang Clan à Death Cab For Cutie, en passant par Hanson (oui…) et Sepultura (oui !) – NdlA) ?

BK : On a envoyé nos demos à travers le monde et John est revenu très excité. C’était la première fois qu’on bossait avec quelqu’un qu’on n’avait jamais vu. S’enfiler dans une chambre noire pour l’enregistrement avec un mec qu’on ne connaît que depuis 2 mois… c’est bizarre. Mais bref, on était sur la même longueur d’ondes par rapport à comment mener l’album et où.
Mais votre style est très différent de ce qu’il a fait par le passé… ça devait être un challenge pour lui !

BK : Oui ! Il a fait beaucoup d’indie et d’autres trucs très différents, mais il avait vraiment envie de bosser sur ce projet avec nous.

 

 

 

 

Est-ce que le résultat, ce IN THE MIDST OF THIS, est quelque chose à quoi vous vous attendiez ou est-ce plutôt une bonne surprise ?

BK : Dans mon esprit ça n’est jamais parfait. On peut toujours jeter, recommencer, reconstruire et c’est ça qui rend la chose intéressante. A un moment donné il faut savoir dire stop.

DP : …et apprécier ce que tu as fait pour ce que c’est !

BK : Exactement ! Et c’est le bon moment pour continuer tes expérimentations sur le prochain album ! Car tous les groupes sans exception sont fiers de l’album qu’ils ont sorti mais se demandent tous ce qu’il y aura après.

DP : On essaie tous de développer quelque chose fort de l’expérience du dernier album en date.
Comment est-ce que “Crazy” s’est imposé comme single ?

DP : Parce que c’est un putain de hit ! (rires)

BK : Probablement que ça va au cœur de l’album. Les textes sont émotifs, parlent de pourquoi ça foire dans une relation etc. Nous aimons tous jouer ce titre, il est assez direct. Pourtant au début il ne nous plaisait pas autant, c’est John (Goodmanson – NdlA) qui lui a donné forme actuelle, très différente de l’ancienne version. “Aviation At Night” et “Heart Attack” figurent sur l’EP Home, mais pas sur l’album. Pourtant ce sont de très bons titres. Comment s’est opéré le choix des morceaux ?
DP : Ce sont deux titres qu’on adore jouer live. Ils sont plus anciens que les autres, et pour des raisons purement soniques, ils ne pouvaient pas figurer sur l’album.


Jonathan Zawada (l’artiste qui se cache derrière l’artwork du EP et de l’album – NdlA) a fait un excellent travail : sur la pochette le drapeau suggère des collines de soies et lorsqu’on l’ouvre, on aperçoit des collines menaçantes, noires, rocailleuses… Est-ce là la transposition de votre musique en image ?

DP : Tout d’abord merci d’y avoir prêté attention ! C’est un travail très simple mais très profond en même temps.

BK : Je crois en effet que cela reflète notre musique. Le drapeau, le ciel : tout ça est atmosphérique. Mais c’est toujours dur de visualiser ta musique, de trouver une image qui corresponde à ce que tu fais. On a dû discuter longtemps pour arriver à quelque chose qui nous parle à tous et qui reflète notre travail.

 

 

« La suite ? Rester à Berlin ! »

 

 

La pochette de l’album me rappelle PINKK FLAG de Wire…

DP & BK : (rires) ooooh shiiiiit…

 


Il semblerait que ce sujet ait déjà été discuté !

BK : Euh oui… Je suis un fan de Wire mais sincèrement on n’a pas fait gaffe… Quelqu’un nous l’a fait remarquer une fois l’album pressé et les pochettes imprimées ! Et « ooooh shiiiiit » est exactement ce que nous avons dit ! Mais voilà, notre drapeau à nous a un visage. Tu l’as vu ?

 

J’ai bien vu quelque chose mais n’ai pas pu l’identifier.

DP : Regarde de plus près.


Vous vivez maintenant à Berlin : quelle est la suite ?

DP : La suite ? Rester à Berlin ! C’est vraiment bien ! On adore ! C’est centré, tu sautes dans l’avion et tu es rapidement à Amsterdam ou autre. Les voyages ne sont pas chers par rapport à ceux dont nous avons l’habitude. C’est cool pour nous car on se fait notre place en Europe et… du fric ! (rires)

BK : On aime vraiment l’Europe. Nous nous attendions à être beaucoup plus stressés par ce qui nous arrive, mais il se trouve qu’on est relax.
DP : Ce qui est étonnant d’ailleurs, car le fait que ce soit plus grand que chez nous implique que nous devrions ressentir plus de pression. Mais c’est très excitant. L’Europe est la place de jeux des artistes, il y a tellement d’endroits où aller.

BK : Et on s’occupe vachement bien de nous !



LIRE EGALEMENT:

Expatriate

HOME (EP),  sorti en 2009

Chronique (Boris Berger):

https://www.lordsofrock.net/Expatriate-Home-Album

 


EXPATRIATE 'CRAZY' from EXPATRIATEBAND on Vimeo.

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