vendredi , 21 septembre 2018
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Chapelier Fou

Interview exclusive

Interview réalisée dans le cadre du Paléo Festival, Nyon (CH)


INTERVIEW Chapelier
Fou a sorti un premier album remarqué début mars. Sa musique, particulière, a
su attirer l’attention d’un public grandissant. Le concert à Paléo le prouvait
à merveille. Après un set plus que réussi sous la tente du Détour, le nouveau
prodige classico-électronique, de son vrai nom Louis Warynski, s’entretenait
avec Lords of Rock.

Lords of
Rock : Qui es-tu ?

Louis
Warynski : Qui suis-je ? Je m’appelle Louis et je fais de la musique
sous le nom de Chapelier Fou. J’ai 26 ans. Je suis Français, de Metz.
Violoniste de formation et prof de formation musicale. J’ai commencé moi-même
comme musicien amateur depuis quelque temps et ça commence à marcher de plus en
plus. La musique a un peu remplacé l’enseignement pour moi.

Lords of
Rock : D’autres projets avant Chapelier Fou ?

Louis
Warynski : Oui, j’ai eu des groupes. Pas connus mais des groupes quand
même (rires).

Lords of
Rock : Ca t’a fait sûrement drôle de t’être retrouvé seul sur scène…

Louis
Warynski : Oui, oui ! Complètement. C’est très spécial.

Lords of
Rock : Comment décrirais-tu un show de Chapelier Fou pour ceux n’ayant pas
eu la chance d’être là ce soir ?

Louis
Warynski : En gros, c’est un mec essayant de faire un maximum de choses
tout seul. Faire une performance la plus vivante possible, en mélangeant
électronique et instruments. J’ai une approche très « live » de tout
ce que je fais. Concrètement, je séquence toutes la partie électronique à la
main et j’essaye d’avoir un minimum de choses préenregistrées. Aucune ligne temporelle
prédéfinie et des boucles avec un violon, une guitare et un clavier.

Lords of
Rock : Ton univers semble énigmatique : le nom de Chapelier Fou, ton
album 613…

Louis
Warynski : Je fais une musique instrumentale. J’aime bien suggérer et me
limiter à ne donner que des pistes. J’aime les titres énigmatiques, les
morceaux déstructurés. Faire appel à l’imaginaire de l’auditeur, proposer
quelque chose à facettes multiples. Que tu puisses l’écouter chez toi ou pas,
fort ou pas fort, en concert ou non. J’essaie de mettre beaucoup dans mes
morceaux, ainsi on peut se concentrer sur divers aspects. Il y a des choses
évidentes : des mélodies assez faciles. Mais aussi des arrangements
fouillés, des sons cachés, des trucs un peu étranges. On peut entendre un côté
très expérimental dans ma musique.

Lords of
Rock : Le « hors piste musical dans un pays balisé comme la
France » (citation des Inrocks), c’est pas trop dur ?

 Louis
Warynski : (Rires) Oui, bon, on ne choisit pas ce qu’on fait. C’est sûr
que ma musique ne ressemble pas à grand-chose. Pour moi, un musicien doit
proposer quelque chose de nouveau. C’est pas forcément mauvais non plus quand
ça rentre complètement dans des cases mais moi ça ne m’intéresse pas. Ca
n’empêche pas que j’aime beaucoup écouter des trucs hyper caractérisés. Ca
vient peut-être de mon vécu de prof ou de musicien classique, d’être passionné
par les compositeurs contemporains. L’expérimentation m’intéresse, la
recherche !

Lords of
Rock : En écoutant ton album, on pense souvent à une BO. Il suggère
énormément d’images. Toi-même, tu avais un univers ou des images en tête en
particulier lors de la composition ?

Louis
Warynski : Moi, non ! Il y a des gens « visuels », moi je
n’arrive pas à imaginer des images. En tous les cas, je n’avais rien de spécial
en tête ou alors juste une idée, une impression. Je préfère laisser le champ
libre.

Lords of Rock : Tu aurais rejoint The Third Eye
Foundation avec Yann Thiersen et Matt Eliott. Quel est ce projet ?

Louis Warynski : Yann Thiersen n’est finalement pas
venu. Il a eu quelques soucis. « The Third Eye Foundation » est un
groupe phare des années 90, en trip-hop, drum’n’bass ! C’est le premier
projet de Matt Eliott en fait. Il l’a commencé alors qu’il était encore à Bristol.
Pour moi c’est une référence dans la musique électronique très sombre, pleine
de samples de voix d’opéra. Il a une sensibilité proche de la mienne. J’en suis
très fan. Je l’ai rencontré comme « Matt Eliott », il fait de la
musique complètement différente aujourd’hui. Malgré tout, il va sortir un
nouvel album de Third Eye Foundation. On a fait un peu de musique ensemble, il
chante sur mon disque et on a été en tournée pour ce projet justement afin de
présenter le nouvel album. J’étais très flatté qu’il me le propose !

Lords of Rock : Comment s’est passée cette rencontre
justement ? Tu nous dis être fan…

Louis Warynski : J’ai signé chez « Ici
d’ailleurs » et en feuilletant le « catalogue », j’ai flashé sur
Matt Eliott. Je ne savais pas qu’il était à la base de Third Eye Foundation. Je
l’ai rencontré au sein du label et plus tard je me suis rendu compte qui il
était. J’étais tout fou mais en même temps je l’avais connu avant de le savoir.
Et puis il m’a proposé de jouer avec lui…On se connaissait mais on avait jamais
joué ensemble. C’était une espèce de coup de poker ! On s’est retrouvé en
Espagne avec trois jours de répète et quatre jours de concerts. Incroyable. Il
y avait quatre ordinateurs. Je faisais du bouzouki, du violon et des claviers.
Matt était à la guitare, au chant et à l’ordinateur. Et deux amis à lui, Chris
Adams et Chris Cole, respectivement Manyfingers et Good. Ils faisaient du
violoncelle, des claviers, de la basse. Complètement fou vraiment !
Quarante-cinq minutes non stop de drum’n’bass très noize…

Lords of Rock : C’est intéressant cette contradiction
chez toi : écouter autant de la drum que de la musique classique, par
exemple.

Louis Warynski : Oui ! C’est peut-être pourquoi je
fais la musique que je fais. J’écoute un milliard de trucs différents : de
l’électro très dure et très expérimentale, beaucoup de rock psyché, fan de
Sonic Youth,… Ouvert mais très difficile en fait dans mes goûts. Disons que je
n’ai pas un genre. J’écoute aussi bien du rap que Claude Debussy. Il y a de la
qualité partout. Je ne place pas la musique classique au dessus des autres.
C’est autre chose…


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