Montez les potards à onze et envoyez la sauce : le synthé part avec une pléthore d'effets incroyables, tord les sons. Curiosité? Les basses entrent en scène. Vous vous surprenez à secouer la tête, votre coeur bat fort (…)

Fiji

Montez les potards à onze et envoyez la sauce : le synthé part avec une pléthore d’effets incroyables, tord les sons. Curiosité? Les basses entrent en scène. Vous vous surprenez à secouer la tête, votre coeur bat fort. Et c’est la baffe "Sur le bout de ma langue / C’est très charmant / J’entre / Appelle-moi baby"! Les paroles de "Ulla" valent tous les Gainsbourg les plus salaces réunis, mais avec cette classe, cette grace et cet érotisme que seule une femme de culture italienne – of course – peut transmettre. Et ces paroles glissent sur de la disco puissante, râpeuse, dansante, évidente. Goldfrapp n’est pas loin (derrière). Ca n’est que le début.

Simon et Menk Schüttel, ainsi que Simone De-Lorenzi ont grandi avec les eighties, mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont sauté sur l’opportunité de cette mode bo-bo et nous balancent du kitchissime à outrance. Non, ils ont filtré, trié, adapté et ne nous livrent que le meilleur de ce qui peut se faire aujourd’hui dans le genre. Et Simone chante en français, contrairement au premier album qui était en anglais de A à Z. Elle chante avec cet accent italien délicieux, parfois quelques fautes de français par-ci par-là auxquelles il ne faut surtout pas toucher, au risque d’enlever un tout petit peu de charme à l’ensemble.

Après un "Le Loup" simplement énorme, speedé, festif et intelligent musicalement et textuellement, le moment fort suivant est "Mesdames Messieurs". S’il peut sembler simplement rigolo à la première écoute, il faut savoir qu’en concert la basse de Menk vous scotchera au mur. Ce morceau est généralement joué en introduction en soirée et raconte l’univers du jeu, du casino : "Mesdames, Messieurs / Faites vos jeux / Les jeux sont faits rien ne va plus / La partie commence". Y a-t-il une personne dans la salle à qui cela ne parle pas ?

"Donne-moi ça", son côté Blondie et ses textes hilarants (possessivité, caprices et gourmandise : des attitudes très glamour s’il en est, pour autant que la femme qui se cache derrière sache jouer avec ces joujoux-là…) annoncent, à la plage 8, ce qui est assurément l’un des trois piliers de cet album (avec "Ulla" et "Le Loup") : "Tu es où?". Tout y est : une intro douce, l’entrée d’une mélodie très eighties, un couplet intriguant (mais pas trop long), le refrain qu’on sent arriver, monter comme une éjaculation et l’orgasme absolu : "Dis-moi qu’est-ce que j’en fais de moi / Dis-moi qu’est-ce que j’en fais de mes rêves / T’as la réponse, dis-moi, tu dois l’avoir!" Fantastique. Puissant. Mélodique. Finale en boucle, avec un ajout de percussions qui arrachent tout sur leur passage et arrêt en dérapage contrôlé. Comme un feu d’artifices, on admire le moment le plus beau, l’apogée, mais on reste encore longtemps bouche bée à rêver, en regardant le feu se consumer gentiment… ce sentiment de rêverie, c’est "Pardonne-moi". "Reste là-bas" annonce qu’on s’est bien marrés et le remix de "Le Loup" tout à la fin rallume la mèche.

Pourquoi Fiji ? Mais simplement parce que c’est paradisiaque !

À ne manquer sous aucun prétexte le mercredi 25 avril prochain à 21:30 à la Cave du Bleu Lézard, Lausanne.

www.fijitv.net

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