mercredi , 19 septembre 2018
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Jet

Shine On

Atlantic - Warner


Groupe australien fondé par les frères Nic et Chris Cester, Jet a déjà sorti un excellent disque en 2003 (Get Born). C’est dire si on attendait le groupe au détour pour le suivant. Mission accomplie avec leur nouvel opus: Shine On déménage et émeut tour à tour, selon que les influences du boogie à la AC/DC ou que la délicatesse des compositions d’un Paul Mc Cartney se fassent entendre (« Jet » est d’ailleurs le titre d’une chanson de Mc Cartney, comme pour mieux marquer la filiation, tiens…). Il y a donc deux disques dans Shine On : celui de boogie et de glam-rock, et celui qui rend hommage aux Beatles et à la pop!

L’intro est soufflée comme une invitation au voyage «psychonautique» – le disque démarre calmement avec "L’Esprit d’Escalier", expression qui, selon le Robert des Expressions, signifie le fait de ne pas pouvoir répliquer sur le moment, de réagir après coup. Retard qui est bien vite rattrapé par le très rock et énergique "Holiday”.
L’incroyable “Put your Money where your Mouth is” ouvre ensuite vraiment le bal: la voix feulante et atrocement sexy de Nic Cester y invoque le fantôme de Bon Scott, chanteur inoubliable et regretté d’AC/DC dans les années septante. Jet n’est pas un groupe australien pour rien!
Bring it on back”, morceau beatle-esque au possible, crée comme une rupture dans le développement de la musique de la formation… cette dichotomie habite d’ailleurs tout le disque. Ensuite, on redémarre avec le puissant “That’s All Lies”, déballage électrique entre surf-rock et les Rolling Stones période “Jumpin’Jack Flash” – voire le garage-rock si on s’attache à la batterie littéralement troglodyte.
Nouvelle rupture avec un chef-d’oeuvre: “King’s Horses” est habité par la présence lancinante de Mc Cartney et du Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles. Dans cet exercice délicat, Jet s’en sort haut la main, la nostalgie détachée du morceau faisant monter les larmes aux yeux tant l’esprit des Fab Four est présent… impression confirmée par la chanson “Shine On” aux choeurs pinkfloydiens par excellence.
Sur “Come On Come On” c’est l’influence de la britpop à la Oasis qui semble évidente, avec des guitares qui dérivent parfois vers un son proche du sitar de George Harrison!
Retour au rock seventies avec “Stand Up”, baigné par les influences d’AC/DC et du “Black Betty” de Ram Jam, pour un décrassage complet des oreilles. “Rip It Up” continue l’opération insouciante de nettoyage avec des riffs qui semblent droit sortis de chez les Kinks, Whoooh!
Skin and Bones” renoue quand à elle, avec une certaine élégance. La précision de la composition rappelle les meilleurs moments du glam-rock.
Suivent deux ballades un peu moins inspirées, puis la chanson de clôture de “All You Have To Do”, qui reprend le thême principal de l’intro.
Pour conclure, sachez que de cet assemblage apparement disparate de styles et d’influences dégage un grand sentiment d’harmonie. Le niveau exceptionnel de la production et du mixage justifie les grands écarts musicaux tentés par Jet, qui nous offre un récit d’aventures que l’on aimerait tous vivre.

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