mercredi , 26 septembre 2018
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Mercury Rev

The Essential Mercury Rev - Stillness breathes (1991-2006)

TBA


Une sélection Lords of Rock:

Une compilation de Mercury Rev sort enfin, permettant au public non-connaisseur de s’initier à une musique en état de grâce ou aux mélomanes de se replonger avec bonheur et émotion dans les arrangements somptueux d’un des groupes à la fois les plus classieux et les plus pompeux de sa génération.

Créé en 1989 à Buffalo (Texas) par Jonathan Donahue (guitariste et chanteur), David Baker (chanteur),  Sean Mackowiak alias “Grasshopper” (guitare et clarinette), David Fridman (basse), Suzanne Thorpe (flûte) et Jimy Chambers (batterie)… Mercury Rev ne compose au départ que pour accompagner les films expérimentaux que les musiciens réalisent avec leurs amis (Sergio Leone, John Barry, Burt Bacharach ou Lee Hazlewood sont d’ailleurs régulièrement convoqués dans leurs compositions) et force est de constater que, quoique totalement référentielle, la musique de Mercury Rev reste inclassable et, par là-même, immédiatement reconnaissable, comme le parfum volatil d’une femme autrefois aimée. 

Et s’il est beaucoup question de passé et d’amour chez Mercury Rev, la nostalgie prenante qui se dégage d’un “The Dark Is Rising” ou d’un “Goddess on a Highway”, servie par la voix de moineau blessé de Jonathan Donahue (qui fait parfois penser à Ric Ocasek de The Cars, un autre grand romantique, tiens…), est toujours contrebalancée par la profusion des instruments utilisés (cordes, cuivres, synthés) et la richesse, la touche profondément psydéchélique des arrangements, créant un lieu sonore improbable ou Mark Hollis et ses Talk Talk taperaient le boeuf avec les Pink Floyd, le Velvet Underground et même les Beatles!

Ecouter Mercury Rev, c’est être dans une jungle luxuriante, presque étouffante, où toutes sortes de fantômes apparaissent, y compris ceux de la folk la plus classique… Tous ces chocs musicaux, ces couches superposées forment un tout d’une complexité redoutable lorgnant parfois vers le pompiérisme le plus agaçant, mais où la grâce et l’élégance restent toutefois prédominantes (“Diamonds”, “Holes”). En effet, le groupe évite toujours le ridicule avec une classe et une décontraction qui forcent le respect.

Le 2ème CD (oui, car c’est un double album !), quand à lui, permet de mesurer l’étendue des influences du groupe : Serge Gainsbourg sur « Streets of Laredo », Lee HazlewoodI Only Have Eyes For You »), Bob DylanHe Was A Friend of Mine »), une reprise déchirante du « Philadelphia » de Neil Young, voire une version dub ahurissante – et chanté par une femme ! – du « It’s a Man’s Man’s World » de James Brown, yeee-hah ! Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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