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The Delilahs

Quand la douceur griffe...


…C’est alors qu’un jeune quarantenaire nous accueille tout sourire, nous fait entrer et s’éclipse aussitôt. Nous voilà face à six magnifiques yeux (plus tout le reste…) qui nous regardent d’un air positivement étonnés et manifestement plutôt amusés qu’on s’intéresse à leurs propriétaires. Celles-ci, sex-appeal manifeste et sourires jusque derrière les oreilles, nous mettent tout de suite à l’aise, proposant à boire ou encore s’intéressant à nous comme un petit chaton découvrant un nouveau compagnon de jeux.

Ni une, ni deux, elles ramassent pédales d’effets, sacs et autres jacks traînant sur le sofa pour que nous puissions poser nos petits culs de journaleux et commencer à les divertir par cette après-midi fribourgeoise pourtant ensoleillée.

Vous semblez avoir plus de succès à l’étranger qu’en Suisse, comment cela se fait-il ?

The Delilahs : Honnêtement, les gens ne nous connaissent pas vraiment… pas encore ! Si tu penses à tous les messages qui sont écrits sur http://www.myspace.com, il y a en réalité beaucoup de Suisses qui écrivent en anglais. Alors nos lieux de prédilection, pour l’instant, sont encore situés en Suisse !

Muriel, dans la biographie du groupe, il est écrit que tu as un Bachelor d’Artrock… qu’est-ce que c’est ? (il semble qu’Isabella et Sonja ne savaient pas qu’il y avait une biographie à disposition, nous la leur montrons, elles tombent des nues – NdlR)

Muriel (basse, chant) : En fait, ce que le mec qui a écrit ça a voulu dire, c’est qu’en ayant passé 19 ans avec mes parents à écouter un énorme répertoire discographique, j’ai eu une éducation musicale relativement poussée. Mon enfance a baigné dans la culture rock – dans la musique y relative tout du moins.

Comment vous êtes-vous débrouillées pour faire les premières parties de Black Rebel Motorcycle Club et Stereophonics ? (les trois filles ont l’air amusées par une question posée probablement maintes fois, mais nous répondront avec une innocence déconcertante – NdlR)

Sonja : Il faut revenir un an avant les événements. Nous répétions dans notre local et n’avions aucun contact. Puis on s’en est fait un à Zoug, d’où nous venons. C’est cette personne qui nous a dit que les Stereophonics avaient besoin d’un groupe d’ouverture. Alors on s’est débrouillées pour envoyer notre démo au management… et ces gens-là nous ont pris. Cela s’est passé deux jours seulement avant le concert, donc on n’a même pas eu le temps d’être nerveuses ou quoi que ce soit, ça s’est passé tellement vite ! Quant à BRMC, c’est un peu le même topo… on avait envoyé nos démos partout pour se faire connaître et de fil en aiguille on a réussi à se faire prendre pour l’ouverture de leur concert. Maintenant c’est différent, on a un agent pour cela.

Dans la bio, de nouveau, il est écrit que vous êtes toutes trois folles de football, folles de rock’n’roll, folles des garçons, mais aussi folles des filles et… de vomissements. Alors ? Lesbiennes et scatos ou quoi ?

Muriel : Mmmh… non, nous ne sommes pas lesbiennes ! On a juste toujours voulu avoir un girl band, être entre filles. Il faut prendre ça comme une sorte de complicité. Et pour les vomissements… c’est une sorte de philosophie. Tout ce qui est source de stress attaque l’estomac et la digestion. Donc les vomissements sont une manière d’évacuer tout ça, mais dans ce mot, il faut aussi inclure par exemple l’écriture ou le sport, car ils sont un moyen de vomir son stress.

Est-ce que c’est important pour vous de ne pas avoir d’influences mainstream ?

Muriel : Non. De toute manière, qu’est-ce que le mainstream ? Je veux dire j’aime vraiment The Cure, et c’est du mainstream aujourd’hui. Tout l’est du moment que tu ne prends pas un groupe du fin fond de la campagne ou que sais-je. Alors pour prendre un exemple, Nirvana est un gros morceau de ce que j’écoute, j’aime bien ce qu’ils ont fait, mais je ne pense pas qu’ils m’ont influencée au point que je puisse dire "Grâce à eux j’écris de la musique aujourd’hui !"

Que pensez-vous de vos acolytes jouant du rock en Suisse ?

Sonja : Durant les deux derniers mois on a découvert que la Suisse regorgeait de groupes excellents. Et tout ça ne fait que grandir. Il y a plein de grands groupes ici, mais peu ont du succès à l’étranger. On a par exemple découvert The Shell dernièrement, qu’on a aimé. On aime bien Patent Ochsner aussi, mais qui les écoute à part les germanophones ? Quasiment tous sont mal distribués, c’est clair. Et tous ces gens qui travaillent dans le music business, ont-ils vraiment conscience de ce qu’ils font ? Est-ce que c’est un gagne-pain ou le font-ils par passion ?

Muriel : Nous avons vraiment une chance incroyable d’avoir un management comme celui-que nous avons, car il fait son boulot vraiment très bien à ce niveau-là. Parfois il faut savoir se donner à 200 % dans ce que tu fais, et après, ça a vraiment des chances de payer.

Quelle est la question que personne ne vous a encore posée et que vous aimeriez que l’on vous pose ?

The Delilahs : (silence pesant – NdlR) Euh… ça va prendre quelques minutes… T’en connais une, de question, toi ?

J’en connais plein, car c’est moi qui les pose ! Passons à la suivante et revenons ensuite à celle-ci si vous le voulez bien… Sex, Drugs & Rock’n’roll, vous en pensez quoi ?

The Delilahs : (rires) Les drogues n’entrent pas vraiment en question ici…

Muriel : Lorsque les gens disent ça ils pensent plutôt à la manière de vivre, et nous ne pouvons pas nous permettre ça, car nous travaillons dur pour atteindre nos objectifs. Pas question d’arriver saoules sur scène. Et après les concerts on rentre en règle très générale à la maison, on vide le bus et on va au lit.

Sonja : Et avec un train de vie Sex, Drugs & Rock’n’roll, ça ne dure jamais longtemps. Il faut vraiment voir ce qu’on fait comme un métier je crois.

Isabella : Oui, enfin, en quelque sorte !

Oui, car après un concert… ?

The Delilahs : Rien de bien méchant. Rien du genre une ligne dans un coin, en tout cas. La semaine prochaine on a trois concerts, il faut qu’on économise notre énergie !

Je reviens à l’attaque avec l’avant-dernière question…

Sonja : Quelles sont les notes que tu avais en français à l’école? Qu’as-tu comme animal à la maison? (rires) Non, je plaisante. Ecoute, on est très satisfaites avec ces questions jusque-là. Ne pense pas qu’il y a un blanc ou quelque chose comme ça.

Photos ©Michel Gilgen

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