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Patti Smith

Banga

Label: Columbia / Sony Music

FOLK ROCK – Cela faisait un petit bout de temps, que nous n’avions pas eu un album de Patti Smith entre les mains. Après des compils et un album de reprises, voilà enfin du nouveau matos à décortiquer.

C’est toujours difficile d’évoquer Patti Smith sans parler de son glorieux passé, de sa vie, de son engagement et de sa personnalité authentique. Elle apparait fréquemment dans les reportages télévisés sur Arte retraçant l’histoire du punk, on la voit encore chanter au CBGB avec les Ramones, Blondie, Television, Richard Hell et toute la clique underground new-yorkaise de l’époque. C’est clair, elle fait partie intégrante de l’histoire du rock. Comme d’autres, elle a marqué une génération et c’est un symbole. Ses engagements (politiques, climatiques, humanitaires) la rendent parfois plus médiatique que sa musique, mais n’oublions pas que derrière cette grande dame engagée, la chanteuse, musicienne, poétesse est encore présente. Pour preuve, ce nouvelle album BANGA qui rend de nombreux hommages et qui dénonce une certaine forme de capitalisme.

L’album s’ouvre sur "Amerigo", très doux, très poétique, ce titre alterne entre chanté-parlé et chant plus puissant. Avec son interruption au milieu (Hey Wake Up !), on se croirait avec un titre des Doors. "April Fool" qui suit est à savourer tranquillement, mélodieux à souhait sur un rythme mid-tempo, on se laisse emporter dans les rêveries de la chanteuse. Plus grave, plus rock, "Fuji-San" est un morceau inspiré par la tragédie de Fukushima. Une fois de plus, le texte est splendide pour qui s’y attarde. "This is The Girl" est un hommage à Amy Winehouse. Et quel hommage mes amis… Un slow glamour qui balance et qu’Amy aurait chanté à merveille. « This is the blood that turned into wine, this is wine of the house it is said, this is the girl who yearned to be heard ». "Banga", la chanson, a un petit côté « quincaphonique psyché » qui encore une fois peut nous faire penser aux Doors dans la Célébration du Roi Lézard, mais qui dans cet album n’est pas forcément à sa place. On notera néanmoins la présence de Johnny Depp (après Marylin Manson, changement de style) comme guest sur ce morceau.

 

 

Un deuxième hommage à une femme décédée avec "Maria", un titre en hommage à l’actrice française Maria Schneider, qui disparu l’année dernière d’un cancer à 58 ans. "Mosaic" et "Seneca" sont aussi des bons passages de l’album, à ranger dans les titres doux et calmes, mais dégageant beaucoup d’émotions. "Constantine’s Dream" est à classer dans les inclassables… on va revenir aux Doors, mais c’est un peu "The End" (en moins culte, on est d’accord) avec un final pas possible et plus de 10 minutes qui montent en intensité. On pense qu’on en a pris assez dans la tronche, et c’est là que Patti nous sort une reprise de Neil Young, "After the Gold Rush", petit chef d’œuvre parmi d’autres qui en version piano lui va comme un gant.

BANGA, un album complet, qui comporte beaucoup de bonnes choses. Selon les goûts et les couleurs, certains titres seront dispensables, mais l’ensemble est bien formé, l’unité est bien présente. A voir au Pully For Noise le 25 août !


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