Tuesday , 22 September 2026

Sleep Token – Even in Arcadia

Inclassable.
Après avoir écouté ce disque pendant plusieurs mois — six, pour être précis — le temps est venu pour moi d’en livrer une chronique digne de ce nom. À mi-chemin entre un Devin Townsend période Terria / Physicist qui aurait copulé plus ou moins brutalement avec l’intégralité d’une discothèque londonienne. Navré pour l’image peu ragoûtante, mais c’est exactement ce qui m’est venu à l’esprit à l’écoute de ce cinquième album des Anglais de Sleep Token.

J’en ai entendu des choses à propos de cet album, puis est venu le temps de la réflexion. Dans un premier temps, je n’ai pas voulu me lancer dans sa chronique, car je n’ai pas du tout accroché. Et pour cause : le groupe multiplie et conjugue tellement d’influences — de la rêverie hypnotique du Canadien fou susmentionné, en passant par une forme de trip-hop vaporeux, tantôt du côté d’un London Grammar sous acides, tantôt de celui d’un Blur sous THC. Tout un programme.

Et la musique dans tout ça ?
Désenchantée, servie par une voix monotone et triste. Sombre, parfois inquiétante. J’adore.

Évidemment, tout le monde ne sera pas ravi. Et pour cause : les genres se mélangent, se percutent, s’imbriquent. L’ensemble, même s’il contient des pépites lumineuses marquées au fer rouge du metal — Dangerous et Infinite Bath en tête de liste — peut parfois s’enliser dans des circonvolutions à la fois complexes et labyrinthiques. Une œuvre qui demande de la patience, et sans doute une certaine disponibilité émotionnelle.

Bien sûr, si vous aimez les guitares qui rampent, les mélodies vaporeuses et que vous êtes adepte de tout ce qui commence par « post- » quelque chose, ce disque pourrait ne pas vous laisser indifférent. Toutefois, si vous cherchez une ligne claire et un cap parfaitement défini, je ne vous dirai pas de passer votre chemin, mais plutôt d’insister un peu.

Car la charge émotionnelle de Sleep Token est bien réelle. Il faudra toutefois s’accrocher : ce disque, s’il est trop pop pour certains, n’en demeure pas moins exigeant et parfois difficile d’accès. Une œuvre qui se mérite, qui s’apprivoise lentement, mais qui finit par s’imposer.
Une fois que vous tomberez dedans, vous adorerez.

Au travail.

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