Retour en force pour La Phaze, formé à la fin des années 90 à Angers, le groupe a très vite dynamité les codes avec son pungle, ce mélange explosif de punk, jungle et reggae qui a marqué toute une génération de squatteurs de fosses et de free parties. Après quelques silences et mutations, le groupe revient aujourd’hui avec une énergie renouvelée, un line-up élargi et une envie intacte de faire transpirer les salles, prouvant que le pungle n’a pas pris une ride — il a juste gagné en puissance Dès les premières minutes, impossible de rester immobile : les rythmiques hardcore attrapent le corps et l’entraînent droit dans le pogo, sans détour.
Le show s’ouvre sur « Devil Game ». Le public est déjà chaud grâce à la première partie, mais c’est véritablement sur ce morceau que la température grimpe d’un cran. Plus brut, plus punk, plus politique, le titre pose les bases : basses profondes, groove ancré au sol, avant le décollage. La montée se poursuit avec des classiques comme « Rud Boy » et « Miracle », jusqu’à l’apothéose sur l’incontournable « R.A.S », parfaite incarnation du pungle : tempo effréné, flow revendicatif et riffs de guitare sans concession. Dans la même veine, « Rush », qui a marqué le retour du groupe cette année, confirme que La Phaze n’a rien perdu de sa rage.
Quel pied, ce concert ! Le son est clair, les chants percutants, et le plaisir est total de voir Éric à la guitare, enchaîner les riffs, bondir d’un bout à l’autre de la petite scène du Ferrailleur, pourtant étroite. La salle nantaise, incontournable de la scène rock, profite d’ailleurs pleinement de sa nouvelle configuration : mezzanine, bar déplacé, circulation plus fluide, tout est réuni pour vivre le concert à fond, sans perdre une miette du spectacle.
Le final se fait sur « Assaut Final », une montée en puissance instrumentale où guitare, basse, batterie et claviers s’empilent jusqu’à exploser comme un feu d’artifice. Entre-temps, d’autres titres emblématiques comme « Nouveau Défi », « Sourire au teint de glace » ou « La Cause » défilent à toute vitesse. Ce sont des titres que j’ai tellement poncés et qui sont sublimés en live !
Mention spéciale à la direction artistique, ultra cohérente : vert fluo, lasers, jusque dans les détails (lacets, baguettes de batterie, cordes) tout participe à l’identité visuelle du groupe.
Une soirée intense, transpirante, et furieusement vivante. La Phaze est bel et bien de retour et ça fait un bien fou.
Première partie : Hipskor
Arrivée dans la salle, six mecs en rose fluo, chemises et shorts à motifs banane, visières translucides tout droit sorties des années 90. Le ton est donné. C’est brut, trash et joyeux à la fois. Les changements de rythme constants captent l’oreille, quelque part entre l’énergie fun d’Electric Callboy et la tension hardcore de Turnstile. Le titre « Master of Boom » sort clairement du lot, mixant tous ces univers avec une efficacité redoutable.
LORDS OF ROCK Le rock vu différemment !