vendredi , 21 septembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » Naïve

Naïve

Illuminatis

Label: Autoproduction

METAL-TRIP-HOP - Comment vous dire ce que j’ai ressenti en écoutant Naive ? Lorsque j’ai découvert Incubus, j’avais 14 ans et je fumais et dépensait mon argent de poche dans des cassettes d’Iron Maiden. Cela ne m’a jamais quitté et depuis, j’ai à cœur de retrouver les mêmes sensations lorsque je réalise une chronique.

Naive trio toulousains nous offre un son épais et ajusté au sein d’une musique qui mélange metal, trip-hop voire wave. Le disque, loin d’être poussif entraine l’auditeur dans un univers onirique à l’image de sa pochette. On peut avoir l’impression de retrouver les sonorités de l’excellent PHYSICIST de Devin Townsend d’ailleurs l’univers du seul premier titre est énorme : neuf minute dans nos esgourdes où légèreté de l’atmo et lourdeur du metal se tutoient pour terminer sur des bruitages évoquant le superbe DELIRIUM CORDIA du non moins fameux Mike Patton.

Les cassures rythmiques sont maitrisées à la perfection, les grattes sont précises et l’alliance voix et basse louvoient avec une forme de crust-sludge rentre dedans sans pour autant annuler la légèreté ambiante. D’ailleurs "Belly" en est l’illustration. Maitrise et efficacité technique sont les maitres mots. On a du mal à croire qu’un tel raffut est le produit du trio. Quelle niaque !

Chaque titre possède son identité, rien ne se répète. "Lunas Militis" reste néanmoins la pièce de choix de cet album avec samples ramassés, piano, voix susurrée, le tout distillé dans une ambiance parfois proche de Muse et Korn. Pourtant, il serait hâtif de conclure quoique ce soit à l’écoute de ce morceau tant ce titre de presque treize minutes est complexe. Ce titre vous surprendra ! J’ai lu quelque part "rock progressif" à propos du disque. Mouais, pas convaincu. Naive à mon avis, propose un disque plus proche du syncrétisme rock que du prog’metal.

Terminons par "Illuminatis" l’un des titres les plus violent du disque. Malgré un son égrainé le titre est technique. Les grattes et la basse suivent une batterie réglée comme le coucou Suisse de ma grand-mère pour laisser la place, quelques instants plus tard, à une voix à la Steve Hogarth période MARBLES. Soudain, alors qu’on a le sentiment d’y comprendre quelque chose, le groupe nous entraine dans les dédales du core tout en s’autorisant à laisser trainer des notes de clavier comme pour mieux semer le doute. L’ambiance schizophrénique doublée d’une grande maitrise rythmique, font de ce disque une pépite.

Chez Lords Of Rock, nous n’avons pas coutume de mettre une note, pourtant j’aurais aisément mis un 9/10. Bravo les artistes.


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page