vendredi , 20 septembre 2019
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J. Tillman

Vacilando Territory Blues


Qui est J. Tillman ? Ceux qui auront eu la bonne idée d’assister à un concert de Fleet Foxes en 2008 auront la réponse : leur batteur. Facile, ce dernier y effectuait les premières parties du groupe de Seatte, histoire sans doute de voyager plus léger. Cela dit, J. Tillman ne bénéficie pas de la grâcieuse gentillesse des siens, ce VACILANDO TERRITORY BLUES (paru chez Bella Union) n’est pas son coup d’essai. Depuis 2005, ce folkeux a maintenu un rythme de 2 albums par année, parmi ceux-ci on notera I WILL RETURN ainsi que MINOR WORKS. Forcément moins sous les feux des projecteurs que les fabuleux Fleet Foxes, J. Tillman parvient toutefois à exister avec des compositions qui, si elles n’atteignent jamais le niveau de ces derniers, restent très pertinentes.

Aux avant postes, “Barter Blues “, sa mandoline, sa guitare slide, ses arrangements. Tout respire ces grands espaces qui font tant fantasmer. Chuchotant parfois, J. Tillman présente avec maturité un timbre rappelant un Nick Drake ou un Neil Young. Sur “New Imperial Grand Blues“, l’Américain frappe juste et redonne du ryhtme à ce VACILANDO TERRITORY BLUES. En effet, et c’est son principal défaut, ce treize titres gravite à une hauteur constante, sans véritable sursaut, le Chevy pick-up sur la 5ème, avant de se garer à l’ombre d’une station service.

Il faut patienter avant de sentir ce LP démarrer. Ce n’est pas “No Occasion “ qui provoquera une émeute, ni même “Vessels“.  “James Blues“ suit les traces du regretté Elliott Smith, parfait petit morceau bricolé sans doute dans la salle de bain, un piano de bon goût, une batterie réduite à sa juste mesure. « Because the universe makes much more sense without a purpose, poor, poor James « . “Firstborn“ convainc lui aussi largement. “Steel On Steel “ rappelle lui ses compatriotes de Band Of Horses dans un folk pop assez convenu, mais qui risque bien de percer sur la FM. 

En 50 minutes, J. Tillman ne nous fera pas oublier ses acolytes Fleet Foxes, pour la comparaison. Trop seul peut-être pour enrichir ces compositions, cet Américain de 28 ans livre un ouvrage certes trop monotone,  qui pourrait lasser sans faire montre de ses qualités vocales largement au-dessus de la moyenne. Peu de batteurs peuvent s’orgueillir d’un tel talent, guitare à la main, face au vide sidéral des plaines arrides. A conseiller pour les fans de folk solitaire, avec toutefois un excellent matériel sonore pour ne pas perdre en qualité ce son dépouillé. Après celle d’Eddie Vedder, voici avec VACILANDO TERRITORY BLUES l’autre bande son d’Into The Wild.


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