lundi , 24 septembre 2018
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Dum Dum Girls

I Will Be


INDIE POP Girls power ! Et puis quoi
encore ? Ne peut-on pas s’adonner lassivement à l’écoute d’un album sans
que notre jugement ne soit inhibé par le fait qu’il s’agit là d’un groupe
exclusivement féminin ? Car on est bien à des années lumières de ce que le
rock bon marché peut lâcher à la vente en tant que groupes à jupette, et dont
la platitude musicale est aussi excessive que le fard à paupière. Et
d’ailleurs, le même procès peut être attenté à certains de ces messieurs de la
scène. Sus aux partisan(e)s de la traque des différences : seuls la voix
et les chœurs signalent le genre.

Quatre nanas aux commandes,
quatre nanas qui n’ont pas bronzé d’un poil sous le soleil de Californie :
mais la chaleur des origines de Dum Dum Girls se retrouvent dans cette pop
noisy très estivale, dans ce son sixties au teint hâlé. Faisant la nique aux “Dum Dum Boys” d’Iggy Pop, ce premier album mobilise une courte
sélection d’accords et un jeu de batterie passablement limité (dont le
caractère ultra-saccadé ne peut éviter l’évocation du rythme d’”Isabelle a les yeux bleus”, des
Inconnus… Merci la référence). Cependant, si cette simplicité nous sautait
également à la gorge lors de leur prestation au festival Kilbi, en mai dernier,
sur scène comme sur galette, la recette sans trop de marinade se montre
voluptueusement efficace. “It Only Takes One Night”, qui ouvre le florilège dans la chaîne
stéréo, joue finement sur le shoegazing à la cool, tandis que “Bhang Bhang, “I’m a Burnout”  qui suit droit derrière accélère l’excitation
et sublime cette voix simple qui a su dignement renoncer aux démonstrations
exubérantes. D’ailleurs, chaque instrument prend sa place discrètement pour un
tout somme toute enivrant. On se surprend à trouver dans cet opus au goût
ricain prononcé un titre en allemand : “Oh
Mein M”
, très chewing-gum mentholé mais toujours ancré dans une trame noisy,
souligne la possible harmonie entre la langue et le style. L’anglais n’a pas le
monopole du rock. Et voici que survient le refrain irrémédiablement entêtant de
“Jail La la”. Refrain…chaque partie du morceau peut en quelque sorte
revendiquer ce statut.

Merci la référence

Mais dès “Rest of our Lives”, les choses se gâtent quelque peu. Après ce petit
intermède ralentissant la cadence, l’album semble se répéter indéfiniment, à l’exception
du titre éponyme “I Will Be”, qui
redonne un petit soubresaut à cette suite au relief plus jurassien qu’alpin,
mais toujours avec cette indécrottable batterie saccadée – la lassitude n’est
pas loin. Même constat sur les planches du Bad Bonn : peu d’éclat, une
énergie au compte-goutte, un enchaînement régulier et sans surprise des titres.
Heureusement que la bande pouvait compter sur 4-5 morceaux très bien torchés et
bellegossitude décomplexée pour se donner de la contenance, cheveux au ventilo.
  Les dignes héritières des Shangri-Las ? On va dire
oui, faute de mieux. Et que vive le revival…


Un commentaire

  1. Re: I Will Be
    “au relief plus jurassien qu’alpin”: j’adore ! La musique moins. On reprend un mur de son style Raveonettes, on pioche dans le manque d’idées de groupes indés 90’s (Mais pourquoi diable n’ont-ils pas marchés ?? Il y a une niche, c’est notre chance !! – eh bien non les filles !) et le tour est joué. Ou pas.

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