samedi , 17 novembre 2018
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Avenged Sevenfold

Nightmare

Label: Roadrunner Records


METAL C’est souvent la
même rengaine : peut-on devenir un groupe grand-public sans renier les
fondements qui en ont fait le succès auprès des initiés ? Depuis quelques
années, Avenged Sevenfold tente le grand écart, pour le meilleur et pour le
pire. Exemple avec NIGHTMARE le dernier opus, fortement marqué par la mort
tragique du batteur.

Commençons par
le meilleur, parce qu’il y a du bon dans cet album. Le groupe ne joue d’abord
pas dans la facilité : comme souvent dans le métal, une chanson ne doit
pas durer moins de 5 minutes (exemple des 11 minutes de “Save me”) tout
en adoptant un ton épique avec une guitare-solo omniprésente, Avenged Sevenfold
n’étant pas un des nombreux rejetons d’Iron Maiden pour rien. Mais le groupe
est loin d’être une pâle copie de la bande de West Ham et l’on retrouve dans
NIGHTMARE les nombreux styles qui ont marqué son évolution : du trash,
comme sur “Danger live” ou “Natural Born Killer” ; du hardcore
dans le morceau “God Hates Us” ; mais aussi de nombreuses
balades avec “Buried Alive”, “So Far Away”, “Victim” (à la mémoire de leur pote décédé), “Tonight The World Dies” ou encore “Fiction” qui fait la part belle au
piano. A la manière de la plage éponyme de l’album et de “Welcome to the
Family”, les autres chansons sont un peu de tout ça avec des mélodies
très bien aiguisées. Bref, Avenged Sevenfold nous livre un produit varié,
agréable à écouter et finalement de très bonne qualité.

Devenir populaire c’est
aussi le risque d’être populiste

Mais le mieux
est parfois l’ennemi du bien et, si l’album est parfaitement bien produit, on à
l’impression d’entendre quelque chose de trop lisse, de justement trop bien
produit. Si la variété marque l’évolution du groupe, on en vient aussi à se
demander ce que le groupe nous propose de spécifique. Devenir populaire c’est
aussi le risque d’être populiste et de faire quelque chose trop consensuel.
On se dit que ce NIGHTMARE est plutôt fait pour la nuit des tout petits et
qu’il serait parfait pour le train fantôme des brandons, car on sent que le
groupe est peut-être en train de prendre un virage « émo » (les
insultes ont même été coupées, sacrilège !). Certes, on est loin d’une
« tokyo-hotelisation », mais le risque d’un nivellement par le bas
guète. Où est donc passé le métalcore teinté de punk mélodique (on pense à Bad
Religion ou à No Fun at All) qui caractérisait le son brut de SOUNDING THE
SEVENTH TRUMPET ?

Malgré tout, ce
constat reste encore qu’un avertissement et leurs concerts cet été dans les
festivals européens vaudront le déplacement, on a quand même toujours à faire à
du métal et même, sur l’ensemble de leur œuvre, à du très bon métal. L’une des
preuves est le respect dont bénéficie Advenged Sevenfold parmi leurs compères.
D’ailleurs, ce n’est pas pour rien si l’enregistrement à la batterie a été assuré
par Mike Portnoy des cultissimes Dream Theater. Et tout compte fait, on n’est
pas mieux que les autres et on se met rapidement à siffloter et à taper les
doigts sur la table en écoutant ce NIGHTMARE…


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