vendredi , 21 septembre 2018
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Count Gabba

Country Noir

Label: Goldon Records / Irascible


FOLK DARK Mais qui se cache derrière cet étrange pseudonyme? Un Suisse? Il mélange folk et country en moins lisse? Et que vaut son album COUNTRY NOIR? Réponses à toutes ces questions existentielles

COUNTRY NOIR le deuxième album de
Count Gabba annonce sans attendre la couleur de la musique qu’on peut espérer
entendre. Ce sera du folk-dark, de la country-sombre ou de la musique
américaine avec la conscience en plus. Le suisse qui s’est par autrefois
produit dans divers groupe de Métal et Punk Rock, à pris pour sa carrière en
solo un style complètement différent bien que de plus en plus dans l’air du
temps. C’est vrai que ces deux dernières années le public s’ouvre plus
facilement sur un style de musique qui y a encore dix ans était considéré comme
ringard et conservateur. « Walk The Line », Moriarty, ainsi que des
gens comme Hank William III ou même le succès de certains groupes suisses
signés sous le label Voodoo Rythmn Record (de notre ami Beat-Man) comme Mama
Rosin ou Zeno Tornado and The Boney Google Brothers y sont pour
quelque-chose. Heureusement pour Count Gabba certains côtés plus
« pop » de sa musique font de lui un « outsider ».

Un album à conseiller aux gens
sensés

L’album commence sur un ravageur “Stay
With Me” ayant un son et une rythmique proche de Tom Waits, la chanson
est l’archétype même du son country-noir. Une chanson très cinématographique
que l’on verrait parfaitement dans un western barré que pourrait nous concocter
un Rodriguez ou un Tarantino. On continue avec un titre de country bien plus
« classique ». Ceux qui aiment seront ravis d’entendre de la
lap-steel, un peu de banjo, ceux qui n’aiment pas passeront surement leur
tour. On préfère toutefois quand Count Gabba fait des chansons sans imiter ses
confrères « ricains ». Le son brut de l’album est agréable et rappelle
que la musique (surtout celle acoustique) sonne parfaitement même quand elle ne
sonne pas lisse comme les productions que nous avons l’habitude d’entendre à la
radio actuellement. L’album sonne comme un bon petit plat préparé à la maison
entre amis.

“I Might Not Come Back Home” offre
un aspect plus pop au dark-folk distillé par Gabba. Une chanson agréable qui
se finit trop rapidement. “Wounded Hound” et sa lourde contrebasse
imbibée, emmène le plus sobre des cowboys dans une transe alcoolique. Les
paroles rappelant celles des Deads Kennedys « I’m far too drunk to
fuck » confirme. L’album sonne encore mieux après quelques verres de Jack
Daniels et des santiags aux pieds. “Semi-Detached Heart” s’enfonce
plus profondément, cette fois du côté de la folk, la mélodie de guitare
acoustique n’est pas sans rappeler les essais folk réussis des australiens de
Midnight Oil  comme leur chanson “One Too Many Times”. Les influences de Count Gabba sont donc
variées, mais le suisse amène une fraicheur agréable à ce style de musique
parfois un peu vieillot. “Hot To Handle” est plus fétard rappelant
que la country est un style métissé parfois teinté de musique traditionnel
irlandaise. Le violon présent depuis la première chanson est cette fois bien
plus audible. De la musique de pub qui donne envie de boire des bières en
tentant de s’accrocher à un buffle mécanique comme en Amérique. Le mustang de
la pochette est là pour rappeler que Count Gabba est parfois insaisissable.
Poussièreux, “Your Best Friend Katie” est une suite logique à un
album cohérent.

Count Gabba sait prendre l’auditeur
sur son tracteur pour un petit voyage fort agréable dans un pays métissé

La chanson rythmée “Lets! Make
Romance!” est plus punk avec un refrain entrainant et efficace, vraiment
efficace. Une des meilleure de l’album. Le comte est definitivement marqué par
son passé de punk rocker. Plus groovy “Shame On You” est un duo
avec Rita Peter, un changement agréable, la voix de Rita est d’ailleurs
magnifique. Un super complément à Gabba qui s’accorde parfaitement avec elle,
pour ma part j’aurais tendance à qualifier cette chanson comme étant le single
parfait de COUNTRY NOIR. “Fall In You” est moins
percutante, elle s’oublie vite. Le flow très « Dylanien » de “The Ballad Of Cleopatra” est bienvenu, bien que déjà entendu des millions
de fois. La fin de l’album est moins percutante et frappe beaucoup moins fort
que des chansons comme “Stay With Me” ou “Shame On
You”.

 Au final Count Gabba offre quelques chansons en
trop, mais ce n’est pas grave, il a tant offert jusque là. En songwriter très
américain et pourtant bien de chez nous, Count Gabba sait prendre l’auditeur
sur son tracteur pour un petit voyage fort agréable dans un pays métissé où les
origines et les influences s’entremèlent sans gène. Un petit album à faire
partager à tout ceux qui se sentent dans la mauvaise époque lorsqu’ils
entendent les tubes actuels, autrement dit, un album à conseiller aux gens
sensés.


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