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No Sinner

Interview + concert

Bus Palladium, Paris (FR), vendredi 30 mai 2014

Première date parisienne (et française) pour le groupe canadien après un premier album. Découverte totale, mais découverte inoubliable pour notre rédactrice passionnée par le pays de la feuille d'érable !

Quelques heures avant leur date parisienne, les garçons (et la fille !) de No Sinner nous ont donc accordés quelques minutes dans les entrailles du mythique Bus Palladium…

Lords Of Rock : Si No Sinner était une personne, à quoi ressemblerait-elle ?

Colleen : Ce serait une personne folle, malsaine… Surement un scientifique fou, ou un mendiant !

Ian : Un barman, plutôt la cinquantaine…

Colleen : Oui ! Qui connaît la vie, et qui a bien vécu !

Pourquoi avoir choisi de reprendre « Work Song » de Nina Simone ?

Colleen : Je suis une grande fan de Nina Simone ! En plus, tout le monde peut s’identifier aux paroles : le travail ne termine jamais, et il y a toujours une pierre à briser. Là où Nina Simone s’imposait par le Jazz, on a voulu transformer un vieux morceau en un rock engagé.

Et pour No Sinner, quelle est la pierre à briser, le travail de longue haleine ?

Colleen : La pierre peut prendre plusieurs formes ! Mais disons qu’à part l’heure que nous passons sur scène, le reste du temps est assez difficile : toujours enchaîner les entrevues, la route, les heures de préparation, tout cela loin de chez nous et ceux qui nous manquent, dont mon copain ! On commence à avoir le mal du pays. Ce qui est perturbant en tournée, c’est que tu ne contrôles presque rien. Tu subis un peu. Tout le monde nous dit qu’on vit notre rêve… C’est une oxymore. Un rêve cesse d’être un rêve le jour où il se transforme en réalité. Par contre j’ai plus appris et grandi durant les 3 ans de No Sinner que durant les 23 années précédentes !

Le deuxième album est en route ?

Colleen : Oui certains sont déjà écrits et on les joue parfois durant notre tournée. Tu apprends vraiment à connaître un morceau quand tu le joues sur scène. C’est une sorte de « Road Test » qu’on doit passer.

Sur le premier album (Boo Hoo Hoo), les morceaux sont de vraies histoires ?

Colleen : Sur notre premier album certains titres ont été enregistrés seulement en Novembre passé, mais la plupart datent de 2012 ! Beaucoup de choses ont le temps d’arriver. Par exemple « Devil On My Back » raconte l’histoire malsaine d’une femme qui traite plutôt mal son copain à cause de ce démon toujours présent dans un coin de son esprit. Quand j’ai écrit le morceau, je n’avais pas de copain, ca restait du domaine de la fiction. Aujourd’hui j’ai un copain, et le morceau a pris une toute autre tournure à mes yeux. C’est comme lorsque tu écoutes par exemple « Angel From Montgomery » de John Prine. Oui le morceau est beau, mais il devient réel quand tu visites la ville. Il prend alors toute son intensité !

Eric : La vérité prend plusieurs formes. On doit parfois mentir, mais on met toujours un peu de vérité dans chaque mensonge. Les histoires sont des mensonges construits.

Colleen : Certains morceaux sont écrits en fiction et deviennent réels, parfois c’est l’inverse.

 

Quelques minutes avant le concert, je croise enfin le nouveau bassiste Brandon, parti en vadrouille pendant l’interview: «  Je connais l’ancien bassiste, c’est lui qui m’a présenté le groupe. Je me reconnais dans sa musique et je prends vraiment plaisir à jouer ce qui lui a composé pendant cette tournée! Mais j’ai moi aussi le mal du pays, la route commence à être longue. De toute façon, une fois que je serai rentré, c’est la route qui nous manquera. Cela n’a pas de fin… »

C’est parti pour une petite heure de concert.

Colleen et Eric sont les seuls pour démarrer avec « That’d be the day ». Santiag pour l’une et pantalon pattes d’eph pour l’autre, No Sinner traverse le temps. C’est un beau duo qui habite la salle, et le regret d’un amour déchu dans la voix de Colleen se fait sentir. Mais c’est rapidement une ambiance sauvage qui prend place sur scène avec « Devil On My Back ». Durant l’interview, je n’ai pas osé compter le nombre de fois où le mot « folie » a été prononcé. A ce moment, je comprends. Entre séduction et Rock’n’Roll, No Sinner est le démon (et Colleen la sirène) qui nous attire dans une folie insolente. Les émotions envahissent l’air du Bus Palladium, cette folie est contagieuse ! Une reprise sensuelle de « Ride On » D’ACDC, un solo un peu psyché, un rock endiablé digne des 70’s… Le groupe dévoile des ressources interminables, et tout le public termine debout amassé devant la scène. Le concert se termine avec « Mandy-Lynn », et No Sinner doit déjà quitter la scène.

Dernière confidence avant de partir, le guitariste avoue qu’il lui a fallu quelques morceaux avant de rentrer vraiment dedans : « Mais une fois que c’est parti, à ce moment là, je comprends que ma vie est belle… »

No Sinner est définitivement ma meilleure découverte de ce début 2014 ! 

 


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